Vie pratique - Vacances et Nature
CIRCUIT de 9 JOURS TAMIL NADU Inde du Sud



JOUR 1, 2  & 3 Puttaparthi – Chennai

MAMALLAPURAM (Mahabalipuram)


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« Mamallapuram » est aujourd’hui un petit village. Mais il tient une place importante dans l’histoire de l’art indien. En effet, c’est à la dynastie des Pallavas, qui régna sur cette région du VIe au IXe siècles, que l’Inde doit l’apparition des temples monolithiques et des premiers temples maçonnés en pierre. Les Pallavas y posèrent les bases de l’architecture dravidienne.
L’évolution de l’architecture de pierre issue des temples-cavernes puis des temples monolithiques pour enfin voir l’apparition des premiers temples maçonnés en pierre est visible sur ce site d’où son grand intérêt archéologique.

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Il y a très longtemps, avant même que la dynastie des Pallavas ne domine la région, un obscur village de pêcheurs s’étendait le long de la côte rocheuse ou se tient désormais Mamallapuram. Vint alors les jours de gloire des Pallavas et le roi Mahamalla ouvrit une nouvelle ère à l’architecture pallavienne qui se différencia des précédentes générations pallaviennes.
Durant son règne, Mahamalla construisit le site côtier de Mamallapuram. Le village de pécheurs disparut pour laisser place à la grandeur et à l’innovation artistique de ces temples de pierre dont la renommée fut énorme.

L’ancien nom donné à ce lieu fut Mahamallapuram qui dévia en Mamallapuram puis en Mahabalipuram. Le nom correct est Mamallapuram qui signifie « ville de Mamalla ». Mamalla était le surnom d’un des plus grands souverains de la dynastie des Pallavas, Narasimha Varman Pallava Ier (630-668) qui fut aussi l’un des plus importants bâtisseurs et fondateur du site. Mahabalipuram signifiait « les sept pagodes », nom donné par les marins.

Les Pallavas qui régnaient sur cette région avaient leur capitale à Kanchipuram. Ils furent constamment en conflit avec les Chalukyas et les Pandyas jusqu’à ce que les Cholas leur prennent le pouvoir.
Comme les Pallavas entretenaient des relations commerciales avec de nombreux pays et avaient même envahis le Sri Lanka, le port de Mamallapuram devint une place très importante dans leur royaume. Les commerçants Pallavas voyageaient jusqu’en l’Asie du Sud-Est. Ils rapportèrent certaines influences architecturales notamment des stupas bouddhiques antérieures de plusieurs siècles et propagèrent la culture indienne.

Le plus ancien récit concernant ces temples fut fait par le voyageur vénitien Niccalao Manucci. Par la suite, Robert Southey décrivit avec détails ces pagodes et ces grottes côtières.

Mamallapuram possède une place unique dans le développement de l’art indien. C’est ici que nous bénéficions du plus bel échantillonnage des débuts de l’architecture des temples du Sud de l’Inde.


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Visite des temples de la colline
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Il existe une dizaine de petits temples autour d’une colline de granit à 400 m de la côte. Ces Constructions ont été édifiées au VIIe siècle.
Une des caractéristique de l’architecture des Pallavas sont les sculptures de lion à la base des piliers. Il est à noté que les piliers les plus anciens possèdent quatre côtés.


1.L’ascèse d’Arjuna 

« L’ascèse d’Arjuna illustre un épisode de la Mahabharata. Ayant perdu leur royaume, les 5 frères Pandavas erraient dans la forêt jusqu’à ce que le plus valeureux d’entre eux, Arjuna décida de faire une pénitence afin que Shiva lui accorde le mantra qui rend invincible. Il partit donc dans les Himalaya pour pratiquer l’ascèse et prouver sa dévotion au dieu. Il se tint sur une jambe, les bras levés vers le ciel, au beau milieu d’une clairière. Le 1er mois, il ne prit de la nourriture que tous les 4 jours puis le 2eme, une fois par semaine, le 3eme une fois toutes les 2 semaines et le 4eme jeûna complètement. Shiva touché par tant de piété décida d’éprouver le courage d’Arjuna. Pour cela, il prit la forme d’un chasseur et poussa un sanglier à charger Arjuna. Celui-ci s’apprêta à se défendre et banda son arc d’une flèche. C’est alors que le chasseur-Shiva lui demanda de ne pas tirer mais Arjuna n’écouta pas et décocha sur l’animal toutes ses flèches sans qu’aucune ne puise l’atteindre. Il lui lança alors des pierres mais aucune n’atteint son but. Shiva, voyant la bravoure et la détermination d’Arjuna, accepta alors de lui accorder le mantra d’invincibilité. »


Cette composition sculptée de 27 m x 9 m à même le roc illustre cette histoire et se divise en deux parties distinctes.

Arjuna, le héros mythique de la Mahabharata, est présenté en tant qu’ascète méditant dans la partie gauche. On le reconnaîtra sous la forme d’un ascète se tenant sur une jambe les deux bras en l’air (attitude yogique) et fixant le ciel, dans la partie gauche du panneau. Shiva, à sa droite tend l’une de ses 4 mains en signe de don. Il accorde à Arjuna le mantra d’invincibilité.
Une autre interprétation est qu’il accorde une arme céleste, « Pashupatha » selon la demande d’Arjuna.
Sur la partie droite du panneau, une scène magistrale nous montre les dieux et entités célestes ainsi que de nombreux animaux, témoins de ce don entre Shiva et Arjuna. Ce panneau sculpté dépeint des scènes dans une forêt idéalisée pour le suivi d’une pénitence. Le défilé d’éléphant symbolise le monde souterrain. Devant l’éléphant de tête, l’on peut voir un chat dans une position yogique (caricature ou inspiration ?), entouré de souris et de rats gambadant autour de lui. Un peu plus loin, des singes sont sculptés, occupés à s’épouiller, témoigne du goût prononcé des indiens de cette époque à observer et à reproduire la nature.

Cette composition est également appelée « La descente du Gange » ou L’ascèce de Bhagiratha » dont on croit qu’il est à l’origine de la descente du Gange sur Terre. Il faut savoir que sur la colline qui surplombe la composition, étaient aménagés des bassins dont les eaux, les jours de fête, s’écoulaient dans la faille rocheuse qui sépare verticalement en deux la composition. Les pèlerins y voyaient le fleuve qui descendu de l’Himalaya, traverse les trois mondes céleste, terrestre et souterrain.

1.Pancha Pandava Mandapa
Immédiatement à gauche de la paroi sculptée.

C’est la plus grande des grottes du site.
Sanctuaire consacré aux 5 frères Pandavas. Le portique repose sur des piliers dont les bases sont en forme de lion, typique de l’architecture Pallavas. Les chapiteaux sont illustrés par des lions et des griffons montés par des cavaliers. Les sculptures de ce type furent amplement utilisées dans les temples de l’Inde du Sud.

2.Krishna Mandapa 
A gauche de l’ascèse d’Arjuna.

Le Krishna Mandapa présente l’art Vaishnava.
La paroi sculptée montre Krishna soulevant la montagne Govardhanagiri, pour abriter des bergers de la colère d’Indra, dieu de la pluie, dans un cadre bucolique.
A la gauche de la composition, on trouve Balarama, le frère de Krishna, Dieu protecteur des bergers, qui s’appuie sur l’épaule d’un paysan.
Puis vient une scène de traite, une gopi avec ses pots au lait superposés, un couple de danseurs…

Revenir sur ses pas, dépasser l’ascèse d’Arjuna et suivre le sentier qui conduit vers les différents temples de la colline. Ne pas se préoccuper pour l’instant du Ratha de Ganesha et prendre le sentier qui conduit à l’extrémité Nord du Site.



3.La boule de beurre de Krishna

Sur une éminence, sur la gauche, un gigantesque bloc de granit est appelé « la boule de beurre de Krishna » en référence à sa gourmandise légendaire.

Le chemin s’engage dans un passage étroit entre d’énormes blocs rocheux.

4.La grotte de Trimurti

Ce triple sanctuaire est consacré, de gauche à droite, à la grande triade hindoue (Trimurti) : Brahma (exceptionnellement représenté avec un seul visage), Shiva et Vishnou. Les statues divines sont exposées dans des niches encadrées de dvarapalas.
Ce temple est une caverne taillée à même la roche et ornées de personnages à visages multiple. Ils marquent les premiers pas de l’art plastique des Pallavas.
A l’extrémité droite, apparaît Durga Mahishasuramardini, dressée sur la tête du démon buffle qu’elle vient de terrasser.
Sur la façade, une ornementation avec Mahista Mardini debout dont on dit qu’elle était une des première idoles des déesses du Sud de l’Inde.
Noter le style de l’architecture dravidienne dans les parties supérieure de la façade.

 Le Kotikal Mandapa : Accès par un chemin face au sanctuaire.
Sanctuaire consacré à la déesse Durga considéré comme l’un des plus ancien du site archéologique (début du VIIéme ). Il est dépourvu de toute décoration, à l’exception des deux dvarapalas représentés exceptionnellement sous une forme féminine (mais dans un temple dédicacée à une déesse !).

Depuis le sanctuaire de Trimurti, suivre le petit chemin en contrebas qui part à gauche de la façade.

5.le groupe des éléphants

Groupe d’éléphants sculpté accompagnés d’un singe et d’un paon. On remarquera le naturalisme et le goût de l’anecdote des artistes du site avec le petit éléphant qui s’est planté une défense dans la terre en jouant.

Revenir sur la Ratha de Ganesha.

6.le ratha de Ganesha
VIIème siécle.

Ce sanctuaire était primitivement dédicacé à Shiva jusqu’à ce que l’on y ajoute son fils, le Dieu Ganesha. Il possède une structure monolithitique sous la forme d’une petit gopuram dont le plan est le même que le ratha de Bhima.
Architecture dravidienne.

7.la grotte de Varaha 

La caverne présente une attractive façade. La grotte de Varaha est l’un des plus important monument de la période de Mamalla et marque une autre étape d’évolution de l’art Pallava.
Ce sanctuaire est consacré à Varaha, la troisième incarnation de Vishnou qui sous la forme d’un sanglier plongea au fond de l’océan pour rapporter accrochée à l’une de ses défenses, la déesse Terre engloutie lors du déluge. Cette légende est présentée sur la gauche de la paroi.
Sur la droite de la paroi est présenté la victoire de Vamana, la cinquième incarnation de Vishnou, contre le démon Bali. Par sa piété, le roi Bali, étendit son empire sur les trois mondes. Les Dieux ne pouvant le vaincre demandèrent de l’aide à Vishnou qui prit la forme d’un nain nommé Vamana. Il se présenta sous la forme d’un mendiant devant le roi Bali et l’implora de lui accorder un lopin de terre correspondant à trois de ses enjambées. Le roi accéda à sa demande. Vamana grandit alors et devint gigantesque. En trois pas (trivikrama), il recouvrit les trois mondes et au dernier posa son pied sur la tête du roi Bali ; l’enfonçant ainsi au plus profond de la terre ou il règne depuis sur les mondes inférieurs.
Sur la paroi du fond, à gauche, est représentée la déesse Lakshmi, sous la forme de Gajalakshmi, douchée de lait par deux éléphants dans un jardin. A droite, apparaît Durga avec deux fidèles à ses pieds s’apprêtant à se couper la tête pour lui en faire l’offrande : scène fréquemment représentée dans l’art Pallava au point d’en être devenu emblématique.
On trouvera ici des piliers reposant sur des lions sculptés.

Un sentier, à droite permet d’accéder à un plateau.
C’était probablement l’emplacement du palais royal comme le laisse supposer les traces de maçonnerie sur le lieu. Unique vestige : un très beau lion en ronde-bosse, face à une estrade qui supportait peut-être le trône royal.

Revenir sur ses pas.

8.Rayala Gopuram

Cette vaste construction resta inachevée par les souverains de Vijayanagar (Hampi). On reconnaît néanmoins la base d’un gopuram monumental avec des ornements caractéristiques de cette époque.

Prendre le sentier qui est relativement dans l’axe du temple et sinue jusqu’à une fourche. Prendre alors sur le sentier de gauche et monter.
On atteint l’ancien phare d’où l’on a une jolie vue sur le site.
Le sentier de droite mène à un sanctuaire inachevé.
Redescendre à la fourche pour continuer la visite.

9.la grotte de Ramajuna

Ce sanctuaire possède trois salles dédiées à Shiva. De la décoration, seuls subsistent les piliers reposant sur des lions, caractéristiques de l’époque de Narisimha Varnam.

Descendre le prit raidillon face au temple jusqu’au chemin visible en contrebas. Prendre à droite puis à gauche à la fourche. Le chemin s’engage entre deux parois rocheuses puis passe au pied du phare moderne.

10.La grotte de Mahishasuramardini 

Ce sanctuaire a la particularité de posséder un portique carré, ménagé à l’intérieur du mandapa, an avant de la salle centrale. Les parois latérales du Mandapa conservent deux des plus beaux reliefs du site. Ce temple caverne appartient à la période Mamalla tardive.
A droite, la déesse Durga Mahishasuramardini livrant bataille à un démon à la tête de buffle, Mahisha. Elle a huit bras et porte des armes. Elle lui décoche une flèche à la tête tout en chevauchant son véhicule : un lion. Elle est accompagnée de guerriers femelles et de huit nains.
A gauche, Vishnou endormi, dans la pose de Seshashayi, repose sur le serpent Ananta. Un tel portrait de Vishnou est plutôt rare. Les démons Madhu et Kaitabha ; debout aux pieds de Vishnou dans une attitude agressive et les personnages féminins agenouillées devant Vishnou sont tous simplement merveilleux pour la qualité de leur expressions faciales. au delà de ce Vishnou endormi, vole les Gana Devathas.

Monter pour atteindre le sommet de la colline. Beau point de vue.

11.le temple d’olakkanatha

Ce petit sanctuaire est dédié à Shiva. Il est de la même période que le temple du rivage. Les parties supérieures originelles ont disparues. La base des murs évoque les mythes liés à Shiva. Au Nord, Représentation du démon Ravana ébranlant le Mont Kailash au sommet duquel on aperçoit Shiva méditant.

Au pied du temple, un escalier descend vers une route qui contourne la colline.
En continuant tout droit, on atteint les Rathas du Sud, à 200m environ.
En partant sur la droite, on revient à l’ascèse d’Arjuna en 10 minutes de marche. En chemin ; l’on peut voir une paroi sculptée d’une seconde version inachevée de l’ascèse d’Arjuna.

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Visite des Rathas du Sud
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Ouverture du site de 6h30 à 17h30.
Entrée payante mais le billet est valable le même jour pour la visite du temple du rivage. ???

Les « Rathas de Mamallapuram » furent conçus à la fin du règne du grand roi Mahendra Varma, qui mérita son surnom de « Vichitrachittan (un homme au merveilleux esprit) mais ils furent construits sous le règne de son fils, le roi Narasimha Varman 1er. (630-668). Malheureusement, ces temples restèrent inachevés par manque d’artistes talentueux durant la dernière période.

Ils sont appelés « Rathas » ce qui signifie « Chariot ». Ces temples sont conçus dans la forme de chariots processionnels supportant des sanctuaires qui reprennent les formes architecturales existantes avant la période pallavienne.

La croyance populaire veut que ces cinq petits sanctuaires furent crées en l’honneur des cinq frères Pandavas et de leur reine et femme Draupadi, héros du Mahabharata, et de ce fait portent leur nom respectif. En fait, ils n’ont aucune relation réelle avec les héros mythiques mais cela témoigne de la grande popularité de cette épopée dans cette région même dans des temps éloignés.
Ces temples apportent un impressionnant témoignage du génie des sculpteurs et des tailleurs de pierre de l’époque qui travaillèrent in situ pour créer des temples monolithiques, une architecture taillée à même la roche et totalement dégagée de celle-ci. Ils reproduisirent les formes architecturales antérieures des temples de l’Inde du Sud, aujourd’hui disparues, et devint ainsi un témoignage de leur art. Mais en reproduisant en pierre le style et les techniques utilisés dans l’architecture en bois, ils innovèrent aussi une variété de formes qui influença en retour l’architecture des temples de l’Inde du Sud en devenant les bases de l’architecture dravidienne.

Chacun de ces temples a un type de toiture différent. L’architecture de ces sanctuaires monolithiques est basé sur un concept différent de l’époque et fortement influencée par les vieux monastères « Viharas » bouddhistes. La seule exception est le ratha de Draupadi qui est le plus simple et le plus petit et désigne plus une réplique artistique d’une cellule d’ermite. Leur plan sont tous oblongue ou carré et d’élévation pyramidale. Tous les cinq varient en taille et en détails mineurs.

Ces petits temples furent enfouis sous le sable jusqu’à leur découverte par les anglais, il y a 200 ans. L’on peut voir des photos des travaux archéologiques d’excavation au petit musée.

Techniquement, quatre des temples furent excavés dans un éperon rocheux orienté Sud-Nord qui détermina leur volume. Ainsi le ratha de Draupadi est le moins élevé. Le cinquième fut dégagé d’un bloc isolé. La construction de ces temples s’achevait toujours par la mise en place de décoration sommitale, acte solennel qui s’accompagnait de rituels (consécration de l’édifice).
Les rathas du Sud
Mamallapuram
1.Le Ratha de Draupadi 

C’est le premier temple, sur la gauche après l’entrée, et le plus petit du groupe, caractéristique avec son toit pyramidal.

Il est dédicacé à la déesse Durga dont on retrouve son effigie dans un des bas reliefs, à l’intérieur de la salle qui s’ouvre à l’Ouest. La déesse accompagnée de fidèles dont l’un s’apprête à se trancher la tête avec son sabre pour lui en faire l’offrande. C’est une scène répandue dans l’art des Pallavas. Les trois autres murs de la salle intérieure sont dotés de niches mettant également en scène la terrible déesse.
Parce qu’il est le seul temple a posséder une divinité féminine, il a été assigné à Draupadi, la femme des frères Pandavas.

Devant le temple se tient un lion de pierre, véhicule de la déesse. Le bloc de pierre dont il est issu aurait masqué la vue sur l’entrée du temple s’il n’avait pas été sculpté.

2.Le Ratha d’Arjuna

Ce ratha est dédié au dieu Shiva dont la monture, le taureau Nandi est sculpté dans un bloc de pierre face au temple.
Ce sanctuaire est plus complexe que le précédent et présente une élévation pyramidale de deux étages superposés ornés chacun, comme c’est l’usage dans l’architecture dravidienne, d’une rangée de kudus surmontés de pavillons miniatures.

L’entrée à l’Ouest est surmontée d’une frise de nains saisis dans des postures très expressives. Les trois autres façades du temple présentent cinq niches abritant des sculpture de grande finesse qui méritent attention.
La façade Est, présente le dieu Shiva appuyé sur son véhicule Nandi.
La façade Sud, montre le dieu de la pluie, Indra, monté sur son éléphant Qiravata.
La façade Nord est très érodée.
La salle intérieure accueillait un lingam aujourd’hui déplacé. Seule la cavité reste encore visible.

3.Le Ratha de Bhima

Ce sanctuaire est dédié au dieu Vishnou. A l’intérieur des murs repose une statue de cette divinité. Il est nommé d’après le frère Pandavas, Bhima, célèbre pour sa force légendaire.

Ce temple est de plan rectangulaire avec un toit qui le fait ressembler à une chaumière. Ses façades Nord et Sud sont ornés de piliers reposant sur des lions, typique de l’architecture des Pallavas.

4.Le Ratha de Dharmaraja

Le quatrième sanctuaire est similaire au ratha d’Arjuna c'est-à-dire de base carrée surmontée d’une toiture étagée (3 niveaux), couronné par un dôme octogonal et dessinant une forme pyramidale. C’est l’édifice le plus important du groupe et peut-être le premier a avoir été taillé dans la roche au vu de ces piliers massifs, relativement plus archaïques dans leur style que les autres monuments de la même période en ce lieu. Il associe les caractéristiques architecturales des temples pallaviens telles le portique et son rempart de lions, sa toiture pyramidale et étagée.
C’est le temple le plus haut mais il est inachevé et n’a pas même de sanctuaire. Sur ses façades sont représentés de nombreuses déités comme Indra ; le dieu de la pluie ou Surya, le dieu soleil. Shiva est plusieurs fois présent. On le trouve notamment associé au dieu Vishnou sous la forme d’Harihara, dans une niche du niveau bas. Le côté droit de la statue possède les tresses emmêlées de Shiva et le côté gauche la couronne cylindrique de Vishnou. On le retrouve (face Nord- Est) également sous la forme d’Hardhanarishvara (moitié homme/Shiva – moitié femme/Parvati) symbolisant l’union des aspects féminins et masculins. Il est dit que la symétrie parfaite de cette sculpture est symbolique de la véritable égalité entre hommes et femmes.

Un panneau sur la face Sud (angle Sud-Ouest) présente le roi Narasimha portant une couronne et des ornements. Une inscription donne le nom du roi.

5.Le Ratha de Nakula-Sahadeva

Le plan de ce dernier temple repose sur une demie forme elliptique. Il est unique pour sa façade arrière circulaire, connue en terme architectural indien sous le nom de « Gajaprishthakara » ce qui signifie « Dos d’éléphant ». L’architecture de ce sanctuaire est basée sur celle des halls Chaitya tout comme le ratha de Bhima. Leurs toitures similaires en possèdent le galbe caractéristique. C’est dans ces structures de toitures étagées que nous pouvons apercevoir les premiers prémisses des grands « gopurams » dravidien qui se développèrent six siècles plus tard.
Ce sanctuaire est dépourvu de toute représentation sculptée sur ses façades.
Il est dédicacé au dieu Indra ou selon d’autres sources Subrahmanya. Son nom porte ceux des deux jumeaux Pandavas.

Parallèlement au temple se tient un éléphant sculpté de taille réelle. Il est considéré comme l’une des plus parfaite sculpture d’éléphant en Inde. Il donne un repère visuel au cinq rathas.

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Visite du temple du rivage
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Ouverture de 9 h à 17 h. ou de 6 h 30 à 19 h ??? Tous les jours.
Entrée pour les étrangers de 10 USD.

Accès : depuis le Krishna Mandapa, 400 m de marche en suivant la route qui part en face du sanctuaire, jusqu’à la mer.

Le temple du rivage est le premier exemple de construction indienne maçonnée. Il a été le précurseur du temple de Kailasanatha*** à Kanchipuram. Cette architecture innovatrice est l’œuvre de règne de Narasimha Varman II, dit Rajasimha (695-722 ???), dernier des grands Pallavas. En fait, un premier sanctuaire (VIIe) dédié à Vishnou avait été bâti sur le rivage par Narasimha Varman 1er et son successeur a édifié les deux sanctuaires (VIIIe) consacrés à Shiva par la suite.
Deux ensembles massifs de granit s’élevant respectivement à 35 et 20m fournirent le site et les matériaux pour que le célèbre complexe monumental pallavien fut élaboré.

Le temple, face à la mer, a survécu miraculeusement bien que passablement érodé par le vent et le sable. Beaucoup de sculptures sont réduites à l’état d’ébauches. Cependant l’aide de l’Unesco sur ce site a permis des mesures préventives contre les dégâts salins. Les vagues de la mer n’atteignent plus le temple. Elles sont aujourd’hui contenues par de gigantesques murs de pierres sombres. La légende veut que plusieurs édifices du même genre auraient été engloutis par les eaux en ce lieu. Il est vrai que les temples encore debout s’élevaient assurément au centre d’un vaste ensemble. Les vestiges montrent que la disposition des édifices est similaire à celle que l’on retrouve dans les constructions ultérieures de Kanchipuram. Mamallapuram fut négligé et complètement recouvert par le sable après le déclin de l’empire Vijayanagar. Beaucoup de théories ont été émises sur les causes originaires de cet abandon du site.
Le premier visiteur anglais dans cette région fut Sir William Chambers en 1788. Beaucoup plus tard, le colonel Mackenzie excava l’entière zone et remis ces monuments à la lumière du jour.

Le site se compose d’un vaste périmètre sacré, délimité par un haut mur surmonté de taureaux Nandis dont un grand nombre furent conservés. L’entrée est à l’Ouest. On reconnaît les jambages de la porte. Des sculptures ornaient le mur. Certainement des représentations divines ainsi que des rois Pallavas. Dans l’espace aujourd’hui libre s’élevaient mandapas et pavillons dont on devine encore les soubassements.

Des deux temples de Shiva l’un s’ouvre à l’Est, au soleil levant, et l’autre à l’Ouest, au soleil couchant. Ils sont séparés par un sanctuaire consacré à Vishnou. Protégé par un auvent à toit plat, se trouve un relief taillé dans la roche, représentant en effet Vishnou allongé sur son serpent Talashayana Perumal, méditant la prochaine création. Cette sculpture est antérieure aux sanctuaires shivaïtes qui auraient ainsi été construit autour d’elle.

Le temple principal de Shiva est doté d’une enceinte propre qui détermine un passage étroit à la manière d’un déambulatoire. Il était précédé, comme dans tous les temples de l’Inde du Sud, d’un mât honorifique (« dhvajastambha ») dont on peut encore voir la base. Un petit gopuram marquait l’entrée du complexe du côté du rivage. Une volée de marche donne accès à la salle qui abrite un lingam de basalte tandis que, sur le mur du fond apparaît très érodé, le motif du Somaskanda. Cette composition qui réunissait Shiva, Parvati (Uma) et leur fils Skanda se retrouve fréquemment dans les temples Pallavas.

Le temple secondaire ouvre à l’Ouest, par une porte flanquée de dvarapalas et surmontée d’une statue de Nandi. La salle vide conserve sur le mur un Soma Skanda mieux conservé que le précèdent.
Prés de l’entrée du temple secondaire, un bloc sculpté d’un lion portant sur une patte la déesse Durga.

Le temple du rivage servait également de phare pour les hommes en mer. Le pilier supportait une lampe dans la cour dont la lumière pouvait être vu par les marins.

Le temple du rivage est sur la liste World et Cultural Heritage, protégée par l’UNESCO car sa valeur culturelle et artistique est unique au monde. L’ensemble des monuments de Mamallapuram est un bel exemple de ce que pouvait être les premiers temples de l’Inde du Sud dont ils ne reste plus guère de trace. Les légendes de Shiva et de Vishnou ont fournies les innombrables sources d’inspiration aux artisans. Dans tous les monuments pallaviens, il y a une sorte d’intimité entre l’architecture et la sculpture. Le génie des Pallavas réside en leur sens de l’architecture. Mais la sculpture y est toujours subordonnée de telle sorte qu’elle en devient dépendante, si intégrée qu’il est difficile de connaître la frontière entre ces deux disciplines.


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Mamallapuram
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Mamallapuram continu à perpétuer l’activité artisanale des sculpteurs de pierre. La réputation de ses artisans est reconnue dans l’Inde entière et le Sri Lanka d’où un commerce florissant. La plupart des boutiques offrent la possibilité d’envoyer par le monde les pièces intransportables dans une valise.
Mamallapuram est aussi une ville réputée pour sa fabrication de hamacs.

Musée de la sculpture

Au Sud de la station de bus, sur la East Raja street, ce musée contient plus de 3000 sculptures provenant d’artistes locaux travaillant aussi bien sur bois, pierre, métal ou ciment. Quelques peintures sont également présentées.
Ouverture de 9 h à 18 h. Entrée payante.

Quartier des sculpteurs

Une promenade dans les rues de Mamallapuram au son du martèlement des ciseaux sur les pierres reste pittoresque. De nombreuses petites boutiques proposent des objets de qualités variées. Le marchandage y est de mise. Pour des prix fixes, choisir plutôt le Handicraft emporium.

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Les environs de Mamallapuram
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La grotte du tigre (tiger cave)

5 km au Nord, sur la route de Chennai. Accès libre.

Entre la route et le bord de mer, se trouve un sanctuaire dédié à Durga construit probablement sous le règne de Narasimha Varman II, dit Rajasimha. Se servant de la forme du rocher, les sculpteurs ont conçu un arc monumental au dessus de l’entrée, ornée d’énormes têtes de tigres rugissants. L’entrée est flanquée de deux lions dressés. A gauche, deux sanctuaires secondaires ouvrent au-dessus de belles têtes d’éléphants.

Lieu ombragé et tranquille qui reçoit chaque année du 25 décembre au 31 janvier, un festival de danse, le centre du sanctuaire faisant office de scène.

A quelques mètres en quittant la grotte, en faisant face à la mer, se trouve un roc de 10m de haut utilisé autrefois en observatoire et en phare.
Derrière le rocher, un peu plus loin, il y a des petits temples dédicacés à Shiva Ganesha et Durga.


Kanchipuram est l'une des sept villes saintes de l'Inde qui sont Bénarès (Varanasi), Hardwar, Ujjain, Mathura, Ayodhya, Dwarka. C’est la seule dans le Sud de L’Inde.
Elle fut la capitale des grands royaumes dravidiens (Pallava, Chola...). Surnommée la ville aux 1000 temples, elle n'en compte tout de même pas moins de 125 aujourd’hui. Elle attire de nombreux pèlerins et touristes. Les deux grands courants de l'hindouisme, le shivaïsme et le vishnouisme, y sont représentés à parts égales.
La ville compte aujourd'hui 200 000 habitants. Son économie repose essentiellement sur le tourisme et sur les tisserands de soie qui ont fait la réputation de la ville en la matière.
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Dans le Sud de l’Inde on vénère cinq lingams liés au cinq éléments :
La terre à Kanchipuram,
Le feu à Tiruvanamalai,
L’eau à Tiruvanaikka (au Nord de Tiruchirappaly),
L’air à Kalahasti,
Et l’éther à Chidambaram.

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Le temple Kailasanatha 
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Ouverture : 8h à 18h mais le sanctuaire est fermé de 12h à 16h.

Ce temple est toujours en activité et en cours de restauration.
Il se situe à la périphérie de la ville et son ambiance calme contraste fortement avec l'agitation de la foule du centre-ville.. Il fut l’un des premier temple monumental de pierre dédié à Shiva dans l’Inde du Sud et est réputé pour être le plus beau temple de Kanchipuram.
Le temple de Kailasanatha a été construit au VIIè siècle à l'initiative du roi Pallava Rajasimha (vers 690-715) puis terminé sous le règne de son fils Mahendra Varma.

L’accès au temple présente plusieurs singularités dont :
En avant du porche, existe une série de huit chapelles commémoratives (dont 6 accolées) ou des inscriptions rapellent que deux d’entre elles furent construites par des reines.
L’entrée est unique car l’accès intérieur s’effectue en contournant un sanctuaire secondaire abritant un lingam.

Vu de loin, le vimana du temple (tour sanctuaire de type pyramidal) rappelle la silhouette du Gopuram qui manque en cet endroit.

Le mur d’enceinte est sans doute le plus beau de toute l’Inde du Sud par ces ornemants sculptés et peints. En effet, les murs sont recouverts de sculptures et certains fragments des fresques qui ornaient les niches sont encore visibles témoignant de la splendeur passée.

Il est par ailleurs le seul temple de la ville a avoir été épargné par les ajouts architecturaux récents.


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Temple de Vaikuntha Perumal
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Aussi appelé temple de Varadaraja Perumal, il est dédié à Vishnu. Son mandapam aux mille colonnes n'en compte que 96, recouvertes de sculptures représentant les avatars de Vishnu. C'est dans ce hall qu'on peut admirer une immense chaîne taillée dans un seul bloc de rocher.

Le sanctuaire de la divinité du temple (Atthigiri Varadar) se trouve dans le bassin. La statue qui se trouve à l'intérieur est cachée de la vue du public. Elle n'est montrée que tous les 40 ans et pendant 48 jours. La prochaine exposition aura lieu en 2019.

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Le temple d’Ekambareshwara
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C'est le plus saint des temples de Kanchipuram et aussi le plus vaste (9 hectares). Il se repère de loin grâce à son gigantesque gopuram haut de 58.5 mètres soit 11 étages.
Le temple possède un mandapam aux 1000 colonnes (en réalité 540) aux motifs tous différents. À l'intérieur du temple 1008 ligams de Shiva décorent les murs.

Le « manguier de Parvati » qui porte quatre branches, soit autant de véda, qui se trouve à l'intérieur et qui est, paraît-il, vieux de 3500 ans. C’est sous cet arbre que dit-on Shiva apparut à Parvati. Cette légende explique le nom donné à Shiva « Ekambaranath », le Seigneur du Manguier. Si vous faites le tour du manguier, il faut le faire dans le sens des aiguilles d’une montre car l’inverse est considéré comme néfaste.


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Le Museum Arts Folks
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JOUR  4 PONDICHERY


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Histoire de Pondichéry
Pondichéry (déformation du mot Puduchéry : nouveau village) a entretenu des relations commerciales avec la Grèce Antique et l'Empire Romain. Cependant l'époque moderne de Pondichéry est intimement liée à la présence française.
1601 Création par Henri IV de La Compagnie des Indes, réorganisée par Richelieu en 1642 et développée par Colbert.
- 1667 fondation du premier comptoir français à Surate par Caron
- François Martin, directeur général de La Compagnie en 1672 fonde le comptoir de Pondichéry devenant le centre administratif du commerce français en Inde.
- La ville de L'Orient est fondée en 1699 pour permettre le commerce avec l'Inde.
- Dumas qui gouverne Pondichéry de 1720 à 1740 développe la Compagnie et le commerce devient florissant.
- Dupleix, nommé Gouverneur de la Compagnie en 1742 après avoir dirigé le comptoir de Chandernagor, rêve d'un empire indien français et se rend maître avec l'aide de Bussy d'un tiers de l'Inde. Lâché par la Compagnie préoccupée uniquement par des profits à court terme, Louis XV qui ne voit pas l'intérêt d'un tel empire le rappelle en France.
- Le 26 septembre 1754, Godeheu, qui succède à Duplex, signe à Madras un traité malheureux pour la France, qui interdit à la Compagnie toute activité politique et rend à l'Angleterre tous les territoires conquit par Duplex.
- Lally Tollendal, nouveau gouverneur, veut rendre sa place à la France. A la suite d'une sérieuse défaite, la Compagnie est dissoute et Lally Tollendal condamné à mort. Dés lors, la France doit se contenter des cinq comptoirs qu'elle possédait au début : Pondichéry, Chandernagor, Karikal, Mahé et Yanaon.
- A la suite de l'indépendance de l'Inde en1947, Chandernagor est rendu en 1949 à l'issue d'un référendum auprès de la population locale. Les autres comptoirs ne seront cédés qu'en 1954 et un traité fut signé en 1962.
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JOUR  6 AUROVILLE 

JOUR   6 GINGEE 


JOUR 7  TIRUVANAMALAI

Dans le Sud de l’Inde on vénère cinq lingams liés au cinq éléments :
La terre à Kanchipuram,
Le feu à Tiruvanamalai,
L’eau à Tiruvanaikka (au Nord de Tiruchirappaly),
L’air à Kalahasti,
Et l’éther à Chidambaram.

Titruvanamalai attire chaque année des millions de personnes lors de la nuit pleine de Karttikai Deepam (en octobre-novembre) au sommet de la colline qui domine la ville, à environ 2 km au Nord du temple. A cette occasion un immense brassier est allumé, fait de bois et de ghee. Il brûlera toute la nuit et se verra des kilomètres à la ronde.


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Le temple Arunachaleshwara 
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Ouverture de 6h à 13h et de 17h30 à 22h.

Chaque soir, une procession des idoles juchées sur des palanquins, a lieu dans un cortège bruyant et coloré.

Il abrite un des lingams des 5 éléments, celui du feu, dernière incandescence de la colonne brûlante qui apparut en ce lieu à Parvati, alors qu’elle implorait Shiva Ardhanarishwara de lui révéler son côté gauche, celui de son principe masculin.

« Shiva, maître des ascètes, ne vivait que d’aumônes. Or il advint q’indisposé par des herbes toxiques, il ne put aller mendier sa pitance. Parvati et ses deux fils Ganesha et Karttikeya mangèrent la moitié des maigres provisions, tandis que le reste fit le bonheur du rat et du paon, véhicule des deux enfants. Shiva reprit son bol de mendiant tandis que Parvati trouvait refuge chez son père avec leur deux fils. Narada, messager des dieux lui apparut alors pour annoncer qu’aucune porte ne s’ouvrirait devant le divin mendiant. Il lui enjoignit de prendre la forme de la belle Annapurna, dispensatrice de nourriture. La rencontrant ainsi métamorphosée sur son chemin, Shiva la trouva si belle et la serra si fort contre sa poitrine que leurs deux corps se fondirent ensemble. Ainsi naquit la forme hermaphrodite de Shiva Ardhanarishwara. Pour les exégètes hindous, cette rencontre signifie l’union de la substance et de l’energie de l’existence et de la conscience, prélude à toute création. »

Ce temple est l’un des plus grand du pays, il recouvre une surface de 10 ha.

Il aura fallut 10 siècles d’embellissements successifs pour achever cet ensemble architectural dédié à Shiva. La décoration du grand gopuram oriental a été complétée récemment.

Autour du temple cola du XIe s. qui en constitue le cœur ont été élevées successivement trois enceintes, toujours plus monumentales. Le lieu que les textes anciens mentionnent dès le VIIe est l’un des temples shivaïtes les plus sacrés du Sud de l’Inde.

La première enceinte :

Le mandapa aux mille colonnes :

La deuxième enceinte :

Le sanctuaire :


Pèlerinage autour d’Arunachala : le parikrama du temple

Les pèlerins visitent le temple, mais ne repartent pas avant d’en avoir fait le tour de la montagne, pieds nus, comme se fait tout pèlerinage hindou.
Selon le jour où on l’accomplit, les bienfaits sont différents : obtenir des descendants pour des couples stériles ou obtenir la libération si on le fait un dimanche, atteindre l’état de Shiva si c’est un lundi, être libre de la pauvreté un mardi, exceller dans l’étude des védas un mercredi, atteindre l’état des Devas un jeudi, obtenir la grâce de Vishnu un vendredi, la grâce des neufs planètes si c’est un samedi. La foi avec laquelle les pèlerins accréditent ces affirmations est impressionnante.

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JOUR 8  VELLORE


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Historique de la ville
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Vellore et sa région environnante possède des traces historiques depuis les temps préhistoriques. Vellore faisait partie de Perumbanabadi, le pays des Banas. La ville fut appelée « Paramesvaramangalam » durant la période Pallava. La région fut sous la tutelle des Cholas à partir du IXe siècle. Les Rashtrakutas en devinrent les maîtres au milieu du Xe siècle. La cité s’appelait alors « Velurpati ».
Les Sambuvaraiyars de Padavedu devinrent les Seigneurs de la région au XIII et XIVe siècles. Mais la cité commenca a devenir important sous le règne de l’empire des Vijayanagars dès le XVIe siècle.
Le fort et le temple furent édifiés au temps des Sambuvaraiyars et les Nayaks (les souverains vijayanagars. Chinnabommu Nayak était le chef de Vellore sous le règne des Nayaks de Gingee durant le régime Vijayanager (1526-1604).
Sous Venkata XI (1606-1646) la permission fut accordée aux jésuites de construire une église à l’intérieur du fort.
En 1646, le fort fut prit par Mirjumala et en 1677, Sivaji le reprit. Il resta aux mains des Marattas jusqu’à ce qu’il fut prit par Daudhan en 1708. En 1724, Sadat-Ullah khan captura le fort de Vellore. Ce fut sous Murdaza Ali, un parent du Nayak d’arcot , au début du XVIIIe siècle, que le fort tomba aux mains des britanniques et devint la base militaire de Lord Cornwallis durant sa campagne contre le sultan Tipu. Ce fut là, que la famille de Tipu fut emprisonnée .
En 1806, les sepoys de Vellore se révoltèrent héroïquement contre les officiers de l’armée anglaise mais furent rapidement soumis. Le Maharaja de Kandi (Ceylan), VikramaRaja Singha fut également emprisonné dans le fort de 1824 à 1832.

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La visite du fort
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Ouverture de 7h à 19h.
L’on peut visiter les différents monuments à l’intérieur du fort et faire une promenade sur les remparts depuis l’entrée principale.

Les constructions principales datent du XVIe siècle. Le fort, le temple Sri Jalakanteswara et la mosquée s’inscrivent dans la meme zone. Les douves sont protégées en tant que Monuments National d’importance par le bureau Archeological Survey de l’Inde sous la tutelle des Monuments anciens archéologiques depuis 1904.

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Les forts en Inde ont joués un rôle vital. La littérature épique et les puranas apportent le témoignage de l’existence de nombreux forts sur le continent indien depuis les anciens temps. Aujourd’hui, il en reste environ 2500 en Inde et rien que dans le district de Vellore seul, l’on en compte 20. C’est pour cela que l’on peut le nommer « le district des forts ».

Le fort de Vellore, encerclant le célèbre temple Sri Jalakanteswara, est l’un des mieux conservé dans le Tamil Nadu aujourd’hui. Il possède deux fortifications faits de blocs cyclopéens de granit et entouré de douves. Le lieu d’où fut extrait ces pierres est très proche des fortification extérieures et fut plus tard convertit en douves.
Le fort et ses douves couvrent une zone de 135 acres sur un plan quasiment rectangulaire. Les remparts et les douves courent sur 3 km de long.

Les douves constituées le premier système de défense du fort et étaient remplies d’eau et de crocodiles. Il y avait à l’origine un pont-levis prés de la porte d’entrée. Il est remarquable que le fort ne possède qu’une entrée principale à l’Est et une petite au Sud.

Après la disparition des rois et les guerres fréquentes entre eux, les constructions à l’intérieur du fort ont complètement changées et le fort est devenu un monument historique pour les générations à venir. Les constructions intérieures ont été édifiées pour l’hébergement des officiers du gouvernement et les parties Nord et Sud des douves ont été réaménagées respectivement en une zone de pêche et en pré. Elles sont désormais utilisées à des fins économiques pour les humains ou le bétail.

Les douves ont une largeur de 67m et une profondeur qui varie entre 3 et 6m (le niveau actuel). Le mur de fortification extérieur a une hauteur d’environ 9 et des tours d’observation le ponctuent à intervalles réguliers. Le second mur mesure à peu prés 6.30m et 2.80 d’épaisseur.

Le système original de drainage de l’eau des douves commence au cœur de la ville de Vellore et est encore visible aujourd’hui. Il est encore utilisé mais le développement de la cité perturba le système d’origine créant des arrivées d’eau usées dans les douves et causant ainsi une pollution dans les eaux stagnantes. Aujourd’hui, ce drame a été stoppé.
Originairement l’excès des eaux du lac Ottery au Sud de la cité se déversaient dans un réservoir artificiel appelé »Suryakulam » qui se situait qu Sud du fort. Il n’en reste aujourd’hui que des débris. L’eau depuis ce réservoir entrait dans les douves par un canal souterrain contrôlé par une porte de fer encore existante aujourd’hui. L’excès d’eau du temple et de la zone interne du fort était déporté dans les douves qui possédaient un drain d’évacuation du trop plein de ses eaux au Nord (sous la route menant à Bangalore).


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Le temple de Jalakanteshwara
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Visite possible de 6 h à 12 h et de 16 h à 20 h 30.

Le temple fut édifié dans le style Vijayanagar et celui de la dernière période de la dynastie des Chola. Il comprend un sanctuaire principal et un passage déambulatoire périphérique. Le temple possède deux cours. Une est le prakara intérieur et l’autre le prakara extérieur. Les structures de la cour du prakara extérieur inclut le gopuram étagé de 7 niveaux sur le côté Sud qui sert d’entrée au temple.
A l’angle Sud-Ouest de la cour extérieur est le Kalyana mantapa lequel est considéré comme un joyau de l’architecture tardive de Viyajanagar dans ces ornements et l’art de ces motifs sculptés sur ces piliers, ces plafonds et ces plinthes.Il apporte un témoignage du travail artisanal architectural de cette période.

Des inscriptions trouvées dans un village proche, indiquent qu’il y avait sept villages dépendant du temple de Vellore et qu’à l’origine le nom du dieu était « Jvarareswara » qui s’est transformé avec le temps en « Jalakanteswara ».


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L’église St John
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Dans le fort de Vellore. 1846.

L’église St John fut conçu et construit par le major C.G Ottley, l’adjudant du fort de Vellore. Lorsqu’il fut achevé, le gouvernement de Madras lui accorda une rémunération de 500rs en considération du travail fourni. Le coût de la construction selon les registres coûta 5559rs. La différence entre la prime offerte par la compagnie de l’Inde de l’Est et le prix coûtant de l’église est présume*é provenir des contributions des officiers civils et militaires.
Elle fut construite pour 280 personnes assises. EN 1847, le besoin d’un clocher apparut et le chapelain suggéra de la disposer sur les rempart afin d’être entendu par tous les résidents du cantonnement. Mais l’archevêque objecta que se serait trop loin de l’église et il proposa de faire suspendre la cloche à l’entrée / Mais le poids et les vibrations pouvait mettre en danger les structures de l’église aussi finalement il fut d’accord de construire un clocher séparé.

Durant la présence du Révérend J.B Trend (1874-1879), le sanctuaire fut réarrangé aux frais de la congrégation. Quelques ornements, bois sculpté et un coûteux harmonium furent apportés en donation. Le font baptismal et les vitraux au dessus de l’autel sont les contributions du lieutenant colonel William Sim Mcleod, superintendant de la prison du fort et qui mourut le 7 mars 1888.


La Mosquée du fort
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La Mosquée fut construit qu XVIIe siècle par les gouverneurs musulmans. Les murs extérieurs sont en pleine pierre. Des arches et des dessins décoratifs ornent les murs intérieurs qui méritent d’être vu.

Plan du fort de Vellore


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Autres curiosités à Vellore…
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 Le cimetière de l’église centrale
Opposé au fort de Vellore. Tombes des soldats tués durant la révolte de 1806.

 La tour de l’horloge
Dans le long Bazaar. 1920.


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Dans les environs de Vellore…
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Le palais Abdullapram
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En 1676, sous le commandement de Thukhajirao, les Marathas assiègérent le fort de Vellore. Après une résistance prolongée, Abdullakhan, le dernier des sultans de Bijapur accepta la défaite et se rendit. Il lui fut permis d’établir un village portant le nom d’Abdullapuram à 5 km à l’Ouest de Vellore, dans lequel il construisit un palais et y séjourna jusqu’à sa mort.
Les ruines de ce palais peuvent encore être vu sur le côté gauche de Vellore sur la route de Bangalore. Cette construction a été bâtie en briques et mortier. Sur le côté opposé, se trouve la tombe d’abdullakhan.
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Les tombes de la famille du sultan Tipu
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La famille du sultan Tippu, emprisonné dans le fort de Vellore pétitionna la compagnie britannique de l’Est de l’Inde de les doter d’une parcelle de terrain pour enterrer leur mort. Le gouvernement britannique leu donna 15 acres de terre à Aruganthampoondi. Il y a environ 400 petites tombes et de gros monuments sur cette terre. Aujourd’hui, l’endroit a été réduit à 4 acres.
Les grands monuments de ce cimetière ont été édifiés en briques et mortier dans le style architectural de Bijapur. Les femmes de Tippu, ses fils, ses gendres et ses ministres sont enterrés en ce lieu. Les monuments possèdent des ornementations filigranées à la fois à l’extérieur et à l’intérieur et sont tous surmontés d’un dôme. Lorsque les femmes de Tippu Bakshi Begum et Begum moururent en 1808, un magnifique mausolée fut bâti sur leur tombes en 1830. La fille de Tippu, Fathima Begum, y fut enterrée aux côtés de sa mère. Tous les descendants de Tippu sont enterrés dans ce cimetière.

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La tombe du roi de Kandi (Ceylan) ou « Pearl Mantapa ». 1832.
A l’ouest du vieux pont Palar à Aruganthapoondi.

Les collines fortifiées.
Il existe 3 petits forts à l’Est de Vellore, sur la route entre Kagithapattarai et Sathuvachari.
Le fort de Sajjaro + Le fort de Gajaro + le fort de Murdish

 Le temple Sri Somanatha Eswara et le temple Cholesvara (Xe siecle)
Dans le village de Melpadi à 30 km de Vellore sur les bords de la rivière Niva aussi appelée Ponnai.

 Le temple Sri Subramaniaswamy et les sculptures et inscriptions Jaïnistes
Dans le village de Vallimalai, à 30 km de Vellore.

 Le temple Ranganatha (Seshsayi) (Xe siecle.)
A Erukkampattu, à 35 km de Vellore sur les rives du lac du village Errukam Pattur.

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JOUR 9 ARCOT

Sur la route de retour vers Puttaparthi, un arrêt est possible pour jeter un rapide coup d’œil sur la porte de Delhi et le fort d’Arcot. Il se situe à 1 km de la cité actuelle.

Il y avait un fort solide à Arcot, la capitale des nawabs du Karnataka. On dit que ce fort fut originairement construit par Thimmi Reddy et plus tard rénové par le nawar du Karnataka, Dowood-Khan, un vassal de l’empereur Mohul.

L’on pense que le fort avait un périmètre de 8 km et il possédait 5 portes au XVIIIe siècle. La porte de Delhi sur les rives du Palar était l’entrée la plus importante.

Chanda Sahib, qui était ambitieux, devint le nawab d’Arcot (1746-1749) grâce à une alliance avec les français défaits mais fut tué durant la bataille d’Ambur.
Mohammed Ali, le fils d’Anwar Udeen se réfugia dans le fort de Trichy. Chanda Sahib assiègea alors le fort de Trichy. Mais Mohammed Ali voyant la situation, obtint la protection de la compagnie de l’Inde de l’Est. Elle envoya des forces armées sous le commandement de Robert Clive qui prit Arcot.
Apprenant cela, Chanda Sahib envoya ses troupes pour reprendre la capitale. Le siège d’Arcot en 1751 dura deux mois. Les forces de Robert Clive se constituaient de 200 soldats européens et de 300 troupes indiennes et étaient inférieures en nombre aux forces de Chanda Sahib qui possédait sous ses ordres de 7000 fantassins, 300 cavaliers et 120 soldats français. Mais le génie militaire et ses stratégies menèrent les anglais à la victoire. Il s’en suivit que les britanniques reprirent également le fort de Trichy et réinstallèrent Mahammed Ali en tant que nawab d’Arcot.
La victoire de Clive en 1751 se trouve inscrite sur le mur de la porte de Delhi. Il y est dit que Robert Clive demeurait dans une chambre au dessus de la porte de Delhi.

Après le siège d’Arcot, le fort subit des attaques souvent. Le commandant français Lawly prit le fort mais les anglais le reprirent en 1760 sous le commandement de Sir Ayer Coot.
Hyder Ali prit Arcot en 1780 durant la bataille de Mysore et y resta jusqu’en 1782.

Depuis la porte de Delhi est devenu un vestige historique pour la cité d’Arcot. On peut encore apercevoir quelques ruines des Nawabs d’Arcot à quelques distances de la porte de Delhi. La grande inondation du Palar en 1881, endommagea le fort et les palais des Nawabs. La tombe de Sadat-Ullah Khan se trouve dans le périmètre des palais des Nawabs. Cette tombe d’une beauté architecturale est construit en pierres vertes.

Il y a la mosquée Masjid, située à 1 km de la porte de Delhi, qui fut construit par Zulfi Khan, le commandant d’Aurangazeb.
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L'Inde, le Tamil Nadu,

1. L'INDE

1.1. CONTEXTE GEOGRAPHIQUE
L'Inde est souvent considérée comme un continent ou un sous-continent. Ce pays de plus de trois millions de kilomètres carrés, est entouré du Pakistan à l'ouest, au nord de l'Afghanistan (avec cinquante kilomètres de frontières communes), de la Chine, du Népal, du Bhoutan ainsi que du Bangladesh et du Myanmar (Birmanie) à l'est. L'Inde se divise en vingt-cinq états. Au Nord, les régions himalayennes sont d'une rare beauté puis, s'étend la plaine du Gange avec la capitale, Delhi, et d'importants sites touristiques comme Bénarès ou Agra (Taj Mahal). Cette plaine atteint l'océan indien à la pointe septentrional du golfe du Bengale où se dresse Calcutta, ville dans laquelle les extrêmes se côtoient. Au sud de cette plaine, s'élève le plateau du Déccan dont les villes reflètent l'ascension et le déclin des royaumes hindous et musulmans. La ville de Bombay à l'ouest, fut construite par leurs successeurs britanniques. Tout au long de son histoire, l'Inde fut le théâtre de rivalités entre divers royaumes comme en témoignent les principales villes de l'Inde centrale. C'est dans le sud où l'influence musulmane ne fut que passagère, que l'hindouisme s'exprime avec une exubérance démultipliée.

1.2. CONTEXTE SOCIO-ECONOMIQUE
L'Inde a atteint à l'an deux mille, un milliard d'habitants. Malgré les différentes campagnes de contrôles de naissance ("one family, one child "), la croissance démographique reste trop rapide (environ 2% par an) pour permettre une réelle amélioration du niveau de vie. Même dans les villages, la surpopulation est omniprésente et c'est évidemment une des sources principales des problèmes économiques. Le contexte socio-économique de l'Inde est étroitement lié au système des castes. Il est bon de rappeler que ce système hiérarchique est un des éléments qui fit la grandeur de l'Inde antique. La caste est avant tout une communauté professionnelle, un peu comme le compagnonnage, et elle a crée une hérédité des connaissances tout en assurant une protection des individus de façon bien plus efficace qu'avec notre rudimentaire système féodal. Aujourd'hui les castes constituent toujours la base traditionnelle de l'organisation sociale, même si le système, interdit depuis l'indépendance de 1947, perd de plus en plus de sa vigueur. L'exemple le plus flagrant de ce déclin est l'élection d 'un dalit ("intouchable") au poste de président du pays. Mais dans les mentalités indiennes, les plus flagrantes injustices sont toujours considérées comme naturelles. Dans les campagnes, les dalits sont isolés dans des " ghettos " et soumis aux plus basses besognes, pour des salaires de misère. Presque toujours sans terres, leur assention sociale est rarissime. Les partenaires des Amis de Sofi appartiennent à une famille issue d'un mariage inter-caste, chose " révolutionnaire ". Ainsi, ils sont dalit comme leur grand-mère, mais ont l'éducation et l'engagement de leur grand-père. Pourtant, s'il existe un domaine où le système des castes n'est pas près de céder du terrain, c'est bien celui du mariage. Le mariage d'amour est l'exception bien utile aux scénarios des films hindis. Mais dans l'immense majorité des cas, il s'agit d'un contrat social arrangé entre deux familles. Les époux ne se connaissent pas et ne pourront pratiquement pas divorcer, le rejet et l'exclusion des divorcés étant de règle, même si là aussi les mœurs évoluent quelque peu. Le paiement d'une dote, interdite par la loi, est presque toujours exigé. Elle varie selon la position sociale du mari et constitue une charge très lourde pour la famille de la mariée. La conséquence directe et dramatique de la dote est l'infanticide des petites filles. L'Inde est le seul pays au monde – avec la Chine - à avoir plus d'hommes que de femmes. Au Penjab, état indien où la pratique de l'infanticide est particulièrement répandue, la proportion est de 85 femmes pour 100 hommes (à titre d'exemples, en Afrique subsaharienne, 102 femmes pour 100 hommes, dans les pays industrialisés, 106 femmes pour 100 hommes). Une fois mariée, souvent très jeune (entre dix et quatorze ans, 10% ; entre quinze et dix neuf ans, 50%), la jeune femme doit partir dans le village de son mari élever les enfants, tenir la maison, parcourir chaque jour plusieurs kilomètres à pied pour aller puiser de l'eau, ramasser du bois, s'occuper des animaux etc. Si son mari est propriétaire, elle n'a aucun droit sur les successions. Enfin, la violence conjugale est souvent considérée comme un droit par le mari. Pire encore la pratique rare mais toujours en vigueur, du " bride burning " (assassinat par le feu de la femme par ses parents souhaitant voir leur fils trouver meilleur parti) achève ce tableau des plus noirs. Le sort de la femme indienne n'est cependant pas désespéré. Les organisations politiques féminines s'organisent. Dans le Kérala, état du sud où le taux d'alphabétisation de la femme est le plus fort de l'Inde (86% contre 34% au Penjab), la condition féminine est nettement meilleure. Puisse cet exemple donner de l'espoir et du courage aux femmes indiennes.

L'éducation en Inde
L'université de Nâlamba, fondée au Vème siècle, université bouddhiste, est un bon exemple de l'enseignement supérieur de l'Inde classique. Situé dans un sanctuaire bouddhiste, l'étudiant vêtu de la robe jaune des moines, était attaché à son maître, son gourou, qu'il choisissait et auquel il devait obéissance scrupuleuse. On lui enseignait la compréhension des textes sacrés mais aussi la philosophie, la logique, la grammaire et parfois la médecine. Pendant des siècles, l'éducation fut ainsi étroitement liée aux communautés religieuses. De nombreuses écoles hindoues (Pathsalas) furent créées dans les villages. Une douzaine d'enfants étaient rassemblés dans un temple puis, pris en charge par un maître. C'est en 1835 que les Anglais sous l'influence de Macaulay, prirent la décision de développer avec des collèges et des universités, un système d'éducation destiné à une élite urbaine. L'éducation populaire de masse resta très négligée. Ainsi en 1947, à l'indépendance de l'Inde, le taux d'alphabétisation était de 5,8%. Aujourd'hui, ce taux est de 54%. Il varie considérablement selon les états (Bihar, 38% ; Kerala, 91%) et les castes et le sexe (hommes "intouchables " 28% et femmes"intouchables " 9%). Malgré un budget trop faible (6% des dépenses publiques), l'éducation a su progresser rapidement avec maintenant huit cent vingt mille écoles dont cinq cent soixante-treize mille écoles primaires dont la plupart manquent toutefois d'équipement de base. 90% du budget de l'éducation est réservé aux villes… Les missionnaires chrétiens ont également, joué un rôle non négligeable. Les établissements privés, fondés parfois depuis plus de cent ans, sont présents dans les villes et surtout dans les campagnes et jouissent généralement d'une très bonne réputation. C'est par le biais de l'éducation que ces missionnaires chrétiens ont su s'intégrer, se faire respecter et créer une communauté toujours assez vivante (vingt-deux millions de chrétiens en Inde), notamment dans le Sud du pays (25% de chrétiens au Kerala, 33% à Goa, plus de 50% au Mizoram et au Nagaland).


2 .LE TAMIL NADU

2.1. UNE HISTOIRE A PART
Au sud de l'Inde, l'état méridional du Tamil Nadu ou Pays Tamoul est réputé comme étant le plus indien de tous car il n'a jamais subi l'influence aryenne du nord. En effet, arrivant d'Asie centrale entre 2500 et 200 avant Jésus-Christ, les aryens, un peuple de guerriers nomades, repoussèrent les populations dravidiennes d'origine, vers le sud. C'est donc, au Tamil Nadu, qu'a pu se développer la civilisation dravidienne. Sa prospérité reposait sur ses relations commerciales avec d'autres civilisations notamment égyptiennes et plus tard, romaines. Ensuite, les premiers musulmans, puis, les moghols n'y ont fait que de brèves excursions. De même, si Madras (aujourd'hui Chennai) a été le premier bastion de la colonisation britannique, celle-ci n'a guère laissé de traces.

2.2. UNE LANGUE DIFFERENTE
Aujourd'hui, les Tamouls ont conservé leur langue, une des plus anciennes du globe, ainsi la richesse culturelle du Tamil Nadu s'exprime à travers une littérature abondante et une danse très populaire le Bharata Natyam. Cette spécificité, les Tamouls en sont fiers. Peut-être même un peu trop, car le Tamil Nadu est le seul état du pays où la population parle exclusivement sa langue d'origine, le tamoul. Seuls les plus lettrés et les urbains connaissent l'anglais. L'hindi, la langue nationale indienne est totalement absente, même dans l'administration et à fortiori dans la rue. Il existe en Inde dix-huit langues et mille six cents dialectes, mais partout ou presque, l'hindi - et souvent l'anglais - est parlé et écrit. Mais dans l'état du Tamil Nadu, où l'anglais est rare surtout dans les campagnes et l'hindi inexistant. C'est évidemment un facteur d'exclusion, notamment pour ceux qui souhaitent accéder à des postes commerciaux, administratifs ou de service.

2.3. UN GOUVERNEMENT PAS COMME LES AUTRES
Le gouvernement de l'état tamoul élu démocratiquement, est traditionnellement populaire. Deux premiers ministres successifs étaient d'ailleurs des stars de cinéma… Depuis des années, le gouvernement propose une série de lois à caractère social : 1978, retraite : paiement d'une retraite pour tout travailleur (minimum quinze ans de salaire) ; 1986, orphelinat d'état : pour éviter les nombreux infanticides chez les plus pauvres, des orphelinats anonymes et gratuits sont installés dans tout l'état  (berceaux à disposition où les femmes viennent déposer leur enfant) ; 1991, arrivée d'une femme au pouvoir, Jayalalitha Jayaram ; 1995, attribution d'une allocation aux mères ayant des filles : Dès la première fille et pour chacune, la mère recevra cinq cents roupies censées compenser l'effet de la dote. Mesure courageuse et intelligente, elle ne peut avoir un véritable effet car le montant de l'allocation est trop faible. 1996, élection de Monsieur Karunanidi, un homme de basse caste : c'est lui qui mettra en place les villages égalitaires ou "equality village". Ces quelques mesures ne seraient cacher les aspects négatifs de ces gouvernements successifs, notamment les scandales liés à la corruption.




CIRCUIT de 9 JOURS TAMIL NADU Inde du Sud (Vie pratique - Vacances et Nature)    -    Auteur : marie - France


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dernière mise à jour : 2009-08-30

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Zen-Blogs >> Vie pratique >> Blog #857