Spiritualité, Nouvel-Age - Editions, Livres
LIVRE EN VERSION COMPLETE "LE PROBLEME DE L'ETRE ET DE LA DESTINEE" de LEON DENIS ( SUITE )

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A toutes les interrogations de l'homme, à ses hésitations, à ses craintes, à ses blasphèmes, une grande voix, puissante et mystérieuse, répond : «Apprends à aimer !» L'amour est le sommet de tout, le but de tout, la fin de tout. De ce sommet se déploie et s'étend sans cesse, sur l'univers, l'immense réseau d'amour, tissé d'or et de lumière. Aimer est le secret du bonheur. D'un seul mot, l'amour résout tous les problèmes, dissipe toutes les obscurités. L'amour sauvera le monde ; sa chaleur fera fondre les glaces du doute, de l'égoïsme, de la haine ; il attendrira les coeurs les plus durs, les plus réfractaires.
Même en ses dérivés magnifiques, l'amour est toujours un effort vers la beauté. Il n'est pas jusqu'à l'amour sexuel, celui de l'homme et de la femme qui, tout matériel qu'il paraisse, ne puisse s'auréoler d'idéal et de poésie, perdre tout caractère vulgaire, s'il s'y mêle un sentiment d'esthétique et une pensée supérieure. Et ceci dépend surtout de la femme. Celle qui aime sent et voit des choses que l'homme ne peut connaître. Elle possède en son coeur d'inépuisables réserves d'amour, une sorte d'intuition qui peut donner une idée de l'amour éternel.
La femme est toujours par quelque côté soeur du mystère, et la partie de son être qui touche à l'infini semble avoir plus d'étendue que chez nous. Quand l'homme répond comme elle aux appels de l'invisible, quand leur amour est exempt de tout désir brutal, s'ils ne font plus qu'un par l'esprit comme par le corps, alors, dans l'étreinte de ces deux êtres, se pénétrant, se complétant pour transmettre la vie, passera comme un éclair, comme une flamme, le reflet de plus hautes félicités entrevues. Pourtant les joies de l'amour terrestre sont fugitives et mêlées d'amertumes. Elles ne vont pas sans déceptions, sans reculs et sans chutes. Dieu seul est l'amour dans sa plénitude. Il est le brasier ardent et, en même temps, l'abîme de pensée et de lumière, d'où émanent et vers qui remontent, éternellement, les chauds effluves de tous les astres, les tendresses passionnées de tous les coeurs de femmes, de mères, d'épouses, les affections viriles de tous les coeurs d'hommes. Dieu génère et appelle l'amour, car il est la Beauté infinie, parfaite, et le propre de la beauté est de provoquer l'amour.
Qui donc, en un jour d'été, quand le soleil rayonne, alors que l'immense coupole azurée se déroule sur nos têtes et que, des prairies et des bois, des monts et de la mer, monte l'adoration, la prière muette des êtres et des choses, qui donc n'a ressenti ces radiations d'amour emplissant l'infini ?
Il faut n'avoir jamais ouvert son âme à ces subtiles influences pour les ignorer ou les nier. Trop d'âmes terrestres, il est vrai, restent hermétiquement fermées aux choses divines. Ou bien, si elles en ressentent les harmonies et les beautés, elles en cachent soigneusement le secret en elles-mêmes. Elles semblent avoir honte d'avouer ce qu'elles connaissent ou éprouvent de plus grand et de meilleur.
Mais tentez l'expérience ! ouvrez votre être intérieur, ouvrez les fenêtres de la prison de l'âme aux effluves de la vie universelle et, soudain, cette prison s'emplira de clartés, de mélodies ; tout un monde de lumière pénétrera en vous. Votre âme ravie connaîtra des extases, des félicités qui ne peuvent se décrire ; elle comprendra qu'il y a autour d'elle un océan d'amour, de force et de vie divine, dans lequel elle est plongée et qu'il lui suffit de le vouloir pour être baignée par ses ondes régénératrices. Elle sentira dans l'univers une Puissance souveraine et merveilleuse qui nous aime, nous enveloppe, nous soutient, qui veille sur nous comme un avare sur un joyau précieux, et qu'en l'invoquant, en lui adressant un ardent appel, elle sera pénétrée aussitôt de sa présence et de son amour. Ces choses se sentent, mais s'expriment difficilement ; seuls peuvent les comprendre ceux qui les ont goûtées. Cependant tous peuvent arriver à les connaître, à les posséder, en éveillant le divin en eux ; il n'est pas d'homme si ténébreux, si méchant qui, dans une heure d'abandon et de souffrance, ne voie s'ouvrir l'issue par où un peu de la clarté des choses supérieures, un peu d'amour ne filtre jusqu'à lui.
Il suffit d'avoir éprouvé une seule fois ces impressions pour ne plus les oublier. Et quand le soir de la vie est venu, avec ses désenchantements, quand les ombres crépusculaires s'appesantissent sur nous, alors ces sensations puissantes se réveillent avec la mémoire de toutes les joies ressenties. Et ce souvenir des heures où nous avons vraiment aimé, comme une rosée délicieuse, descend sur nos âmes desséchées par l'âpre vent des épreuves et de la douleur.
XXVI. - LA DOULEUR
Tout ce qui vit souffre ici-bas : la nature, l'animal et l'homme. Et cependant l'amour est la loi de l'univers, et c'est par amour que Dieu a formé les êtres. Contradiction formidable, en apparence, problème angoissant, qui a troublé tant de penseurs et les a portés au doute et au pessimisme !
L'animal est assujetti à la lutte ardente pour la vie. Parmi les herbes de la prairie, sous le feuillage et la ramure des bois, dans les airs, au sein des eaux, partout, se déroulent des drames ignorés. Dans nos cités, se poursuit sans cesse l'hécatombe de pauvres bêtes inoffensives, sacrifiées à nos besoins, ou livrées dans les laboratoires, au supplice de la vivisection.
Quant à l'humanité, son histoire n'est qu'un long martyrologe. A travers les temps, au-dessus des siècles, roule la triste mélopée des souffrances humaines ; la plainte des malheureux monte avec une intensité déchirante qui a la régularité d'une vague.
La douleur suit chacun de nos pas ; elle nous guette à tous les détours du chemin. Et devant ce sphinx qui le fixe de son regard étrange, l'homme se pose l'éternelle question : Pourquoi la douleur ?
Est-elle, en ce qui le concerne, une punition, une expiation, comme le disent quelques-uns ? Est-elle la réparation du passé, le rachat des fautes commises ?
Au fond, la douleur n'est qu'une loi d'équilibre et d'éducation. Sans doute, les fautes du passé retombent sur nous de tout leur poids et déterminent les conditions de notre destinée. La souffrance n'est souvent que le contre-coup des violations commises envers l'ordre éternel ; mais, étant le partage de tous, elle doit être considérée comme une nécessité d'ordre général, comme un agent de développement, une condition du progrès. Tous les êtres doivent la subir à leur tour. Son action est bienfaisante pour qui sait la comprendre. Mais seuls peuvent la comprendre ceux qui ont ressenti ses effets puissants. C'est à eux surtout que j'adresse ces pages, à tous ceux qui souffrent, ont souffert ou sont dignes de souffrir !
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La douleur et le plaisir sont les deux formes extrêmes de la sensation. Pour supprimer l'une ou l'autre, il faudrait supprimer la sensibilité. Elles sont donc inséparables, en principe, et toutes deux nécessaires à l'éducation de l'être qui, dans son évolution, doit épuiser toutes les formes illimitées du plaisir comme de la douleur.
La douleur physique produit des sensations ; la souffrance morale, des sentiments. Mais, ainsi que nous l'avons vu plus haut, dans le sensorium intime, sensation et sentiment se confondent et ne font qu'un.
Le plaisir et la douleur résident donc bien moins dans les choses extérieures qu'en nous-mêmes. Et c'est pourquoi il appartient à chacun de nous, en réglant ses sensations, en disciplinant ses sentiments, de commander aux unes et aux autres et d'en limiter les effets. Epictète disait : «Les choses ne sont que ce que nous nous figurons qu'elles sont.» Ainsi, par la volonté, nous pouvons dompter, vaincre la douleur, ou tout au moins la retourner à notre profit, en faire un instrument d'élévation.
L'idée que nous nous faisons du bonheur et du malheur, de la joie et de la peine, varie à l'infini, suivant l'évolution individuelle. L'âme pure, bonne, sage, ne peut être heureuse de la même manière que l'âme vulgaire. Ce qui charme l'une laisse l'autre indifférente. A mesure que l'on monte, l'aspect des choses change. Comme l'enfant, en grandissant, dédaigne les jeux qui le captivaient autrefois, l'âme qui s'élève recherche des satisfactions de plus en plus nobles, graves et profondes. L'esprit qui juge de haut et considère le but grandiose de la vie trouvera plus de félicité, de paix sereine dans une belle pensée, une bonne oeuvre, un acte de vertu et même dans le malheur qui purifie que dans tous les biens matériels et dans l'éclat des gloires terrestres, car ceux-ci nous troublent, nous corrompent, nous grisent d'une ivresse menteuse.
Il est assez difficile de faire entendre aux hommes que la souffrance est bonne. Chacun voudrait refaire et embellir la vie à son gré, la parer de tous les agréments, sans songer qu'il n'y a pas de bien sans peine, pas d'ascension sans efforts.
La tendance générale consiste à s'enfermer dans le cercle étroit de l'individualisme, du chacun pour soi ; par là l'homme se rapetisse ; il réduit à d'étroites limites tout ce qui en lui est grand, destiné à s'étendre, à se dilater, à prendre l'essor : la pensée, la conscience, toute son âme en un mot. Or, les jouissances, les plaisirs, l'oisiveté stérile, ne font que resserrer encore ces limites, rendre plus étroits notre vie et notre coeur. Pour briser ce cercle, pour que toutes les vertus cachées s'épanchent au-dehors, il faut la douleur. Le malheur, les épreuves font jaillir en nous les sources d'une vie inconnue et plus belle. La tristesse, la souffrance nous font voir, entendre, sentir mille choses, délicates ou puissantes, que l'homme heureux ou l'homme vulgaire ne peuvent percevoir. Le monde matériel s'obscurcit ; un autre se dessine, vaguement d'abord, mais qui deviendra de plus en plus distinct, à mesure que notre regard se détache des choses inférieures et plonge dans l'illimité.
Le génie n'est pas seulement le résultat de travaux séculaires ; c'est aussi l'apothéose, le couronnement de la souffrance. D'Homère au Dante, à Camoëns, au Tasse, à Milton, et, après eux, tous les grands hommes ont souffert. La douleur a fait vibrer leurs âmes ; elle leur a inspiré cette noblesse de sentiment, cette intensité d'émotion qu'ils ont su rendre avec les accents du génie et qui les ont immortalisés. L'âme ne chante jamais mieux que dans la douleur. Quand celle-ci touche aux profondeurs de l'être, elle en fait jaillir ces cris éloquents, ces appels puissants qui émeuvent et entraînent les foules.
Il en est de même de tous les héros, de tous les grands caractères, des coeurs généreux, des esprits les plus éminents. Leur élévation se mesure à la somme des souffrances endurées. Devant la douleur et la mort, l'âme du héros, du martyr se révèle dans sa beauté touchante, dans sa grandeur tragique qui confine parfois au sublime, et l'auréole d'une lumière inextinguible.
Supprimez la douleur et vous supprimez du même coup ce qui est le plus digne d'admiration en ce monde, c'est-à-dire le courage de la supporter. Le plus noble enseignement que l'on puisse proposer aux hommes, n'est-ce pas la mémoire de ceux qui ont souffert et sont morts pour la vérité et la justice ? Y a-t-il chose plus auguste, plus vénérable que leurs tombes ? Rien n'égale la puissance morale qui s'en dégage. Les âmes qui donnèrent de tels exemples grandissent à nos yeux avec les siècles et paraissent de loin plus imposantes encore. Elles sont comme autant de sources de force et de beauté où viennent se retremper les générations. A travers le temps et l'espace, leur rayonnement, comme la lumière des astres, s'étend encore sur la terre. Leur mort a enfanté la vie, et leur souvenir, comme un subtil arôme, va jeter partout la semence des enthousiasmes futurs.
Elles nous l'ont appris, ces âmes, c'est par le dévouement, par les souffrances dignement supportées qu'on gravit les chemins du ciel. Et l'histoire du monde n'est pas autre chose que le sacre de l'esprit par la douleur. Sans elle, il ne peut y avoir de vertu complète ni de gloire impérissable.
Il faut souffrir pour acquérir et pour conquérir. Les actes de sacrifice accroissent les radiations psychiques. Il y a comme une traînée lumineuse qui suit, dans l'espace, les esprits des héros et des martyrs.
Ceux qui n'ont pas souffert ne peuvent guère comprendre ces choses, car, chez eux, la surface de l'être, seule, est défrichée, mise en valeur. Leurs sentiments n'ont pas d'ampleur ; leur coeur, pas d'effusion ; leur pensée n'embrasse que des horizons étroits. Il faut les infortunes, les angoisses, pour donner à l'âme son velouté, sa beauté morale, pour éveiller ses sens endormis. La vie douloureuse est un alambic où se distillent les êtres pour des mondes meilleurs. La forme comme le coeur, tout s'embellit d'avoir souffert. Il y a, dès cette vie, quelque chose de grave et d'attendri sur les visages que les larmes ont souvent trempés. Ils prennent une expression de beauté austère, une sorte de majesté qui impressionne et séduit.
Michel-Ange avait adopté pour règle de conduite les préceptes suivants : «Rentre en toi-même et fais comme le sculpteur fait à l'oeuvre qu'il veut rendre belle ; retranche tout ce qui est superflu, rends net ce qui est obscur, porte la lumière partout et ne cesse de ciseler ta propre statue.»
Maxime sublime, qui contient le principe de tout perfectionnement intime. Notre âme est notre oeuvre, en effet, oeuvre capitale et féconde, qui dépasse en grandeur toutes les manifestations partielles de l'art, de la science, du génie.
Toutefois, les difficultés de l'exécution sont en rapport avec la splendeur du but. Et devant cette pénible tâche de la réforme intérieure, du combat incessant livré à la passion, à la matière, combien de fois l'artisan ne se décourage-t-il pas ? Combien de fois n'abandonne-t-il pas le ciseau ? C'est alors que Dieu lui envoie une aide, la douleur ! Elle fouille hardiment dans ces profondeurs de la conscience que l'ouvrier hésitant et malhabile ne pouvait ou ne savait atteindre ; elle en creuse les replis, en modèle les contours ; elle élimine ou détruit ce qui était inutile ou mauvais.
Et du marbre froid, sans forme, sans beauté, de la statue laide et grossière que nos mains avaient à peine ébauchée, elle fera surgir, avec le temps, la statue vivante, le chef d'oeuvre incomparable, les formes harmoniques et suaves de la divine Psyché !
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La douleur ne frappe donc pas seulement les coupables. Sur notre monde, l'honnête homme souffre autant que le méchant. Et cela s'explique. D'abord, l'âme vertueuse étant plus évoluée, est plus sensible. De plus, elle aime souvent et recherche la douleur, en connaissant tout le prix.
Il en est encore, parmi ces âmes, qui ne viennent pas pour autre chose, ici-bas, que pour donner à tous l'exemple de la grandeur dans la souffrance. Ce sont des missionnaires, elles aussi, et leur mission n'est pas moins belle et touchante que celle des grands révélateurs. On les rencontre dans tous les temps et elles occupent tous les plans de la vie. Elles sont debout sur les sommets resplendissants de l'Histoire et on les retrouve, humbles et cachées, parmi les foules.
Nous admirons le Christ, Socrate, Antigone, Jeanne d'Arc ; mais combien de victimes obscures du devoir ou de l'amour tombent chaque jour, sur lesquelles se font le silence et l'oubli. Leurs exemples ne sont pourtant pas perdus : ils illuminent toute la vie des quelques hommes qui en sont témoins.
Pour être pleine et féconde, il n'est pas indispensable qu'une vie soit parsemée de ces grands actes de sacrifice ni couronnée par une mort qui la sacre aux yeux de tous. Telle existence morne et triste, en apparence, incolore et effacée, n'est au fond qu'un effort continuel, une lutte de tous les instants contre le malheur et la souffrance. Nous ne sommes pas juges de tout ce qui se passe dans le secret des âmes ; beaucoup, par pudeur, cachent des plaies douloureuses, des maux cruels, qui les rendraient aussi intéressantes à nos yeux que les martyrs les plus célèbres. Par le combat incessant qu'elles poursuivent contre la destinée, elles sont grandes et héroïques aussi, ces âmes ! Leurs triomphes restent ignorés, mais tous les trésors d'énergie, de passion généreuse, de patience ou d'amour qu'elles ont accumulés dans cet effort de chaque jour leur constitueront un capital de force, de beauté morale, qui peut les rendre, dans l'Au-delà, les égales des plus nobles figures de l'Histoire.
Dans l'atelier auguste où se forgent les âmes, le génie et la gloire ne suffisent pas à les faire vraiment belles. Toujours, pour leur donner le dernier trait sublime, il a fallu la douleur. Si certaines existences obscures sont devenues aussi saintes et aussi sacrées que des dévouements célèbres, c'est que chez elles la souffrance fut continue. Ce n'est pas seulement une fois, dans telle circonstance ou à l'heure de la mort, que la douleur les a élevées au-dessus d'elles-mêmes et proposées à l'admiration des siècles ; c'est parce que toute leur vie fut une immolation constante.
Et cette oeuvre d'épuration lente, ce long défilé des heures douloureuses, cet affinage mystérieux des êtres qui se préparent ainsi aux ultimes ascensions, force l'admiration des Esprits eux-mêmes. C'est ce spectacle touchant qui leur inspire la volonté de renaître parmi nous, afin de souffrir et de mourir encore pour tout ce qui est grand, pour tout ce qu'ils aiment, et, par ce nouveau sacrifice, rendre plus vif leur propre éclat.
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Après ces considérations d'ordre général, reprenons la question dans ses éléments primaires.
La douleur physique est, le plus souvent, un avertissement de la nature, qui cherche à nous préserver des excès. Sans elle, nous abuserions de nos organes au point de les détruire avant l'heure. Lorsqu'un mal dangereux se glisse en nous, qu'adviendrait-il si nous n'en ressentions pas aussitôt les effets désagréables ? Il gagnerait de proche en proche, nous envahirait et tarirait en nous les sources de la vie.
Et même lorsque, persistant à méconnaître les avis répétés de la nature, nous laissons la maladie se développer en nous, celle-ci peut être encore un bienfait si, causée par nos abus et nos vices, elle nous apprend à les détester et à nous en corriger. Il faut souffrir pour se connaître et pour bien connaître la vie.
Epictète, que nous aimons à citer, disait encore : «C'est un faux langage de prétendre que la santé est un bien, la maladie un mal. User bien de la santé est un bien ; en user mal est un mal. User bien de la maladie, c'est un bien ; en user mal est un mal. On tire le bien de tout, et de la mort même.»
Aux âmes faibles, la maladie vient apprendre la patience, la sagesse, le gouvernement de soi-même. Aux âmes fortes, elle peut offrir des compensations d'idéal, en laissant à l'esprit le libre essor de ses aspirations, au point d'oublier les souffrances physiques.
L'action de la douleur n'est pas moins efficace pour les collectivités que pour les individus. N'est-ce pas grâce à elle que se sont constitués les premiers groupements humains ? N'est-ce pas la menace des fauves, de la faim, des fléaux qui contraint l'homme à rechercher son semblable pour s'associer à lui ? Et de leur vie commune, de leurs communes souffrances, de leur intelligence et de leur labeur est sortie toute la civilisation, avec ses arts, ses sciences, son industrie !
La douleur physique, pourrait-on dire encore, résulte de la disproportion entre notre faiblesse corporelle et l'ensemble des forces qui nous entourent, forces colossales et fécondes qui sont autant de manifestations de la vie universelle. Nous ne pouvons nous en assimiler qu'une infime partie ; mais en agissant sur nous, elles travaillent à accroître, à élargir sans cesse la sphère de notre activité et la gamme de nos sensations. Leur action sur le corps organique se répercute sur la forme fluidique ; elle contribue à l'enrichir, à la dilater, à la rendre plus impressionnable, en un mot apte à des perfectionnements nouveaux.
La souffrance, par son action chimique, a toujours un résultat utile, mais ce résultat varie à l'infini suivant les individus et leur état d'avancement. En affinant notre enveloppe matérielle, elle donne plus de force à l'être intérieur, plus de facilité à se détacher des choses terrestres. Chez d'autres, plus évolués, elle agira dans le sens moral. La douleur est comme une aile prêtée à l'âme asservie à la chair, pour l'aider à s'en dégager et à s'élever plus haut.
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Le premier mouvement de l'homme malheureux est de se révolter sous les coups du sort. Mais, plus tard, quand l'esprit a gravi les pentes et qu'il contemple l'âpre chemin parcouru, le défilé mouvant de ses existences, c'est avec un attendrissement joyeux qu'il se souvient des épreuves, des tribulations à l'aide desquelles il a pu gagner le faîte.
Si, aux heures d'épreuves, nous savions observer le travail intérieur, l'action mystérieuse de la douleur en nous, en notre moi, en notre conscience, nous comprendrions mieux son oeuvre sublime d'éducation et de perfectionnement. Nous verrions qu'elle frappe toujours à l'endroit sensible. La main qui dirige le ciseau est celle d'un artiste incomparable ; elle ne se lasse pas d'agir jusqu'à ce que les angles de notre caractère soient arrondis, polis, usés. Pour cela, elle reviendra à la charge aussi longtemps qu'il sera nécessaire. Et sous les coups de marteau répétés, il faudra bien que la morgue, la personnalité excessive tombent chez celui-ci ; il faudra que la mollesse, l'apathie, l'indifférence disparaissent chez tel autre ; la dureté, la colère, la fureur chez un troisième. Pour tous, elle aura des procédés différents, variés à l'infini suivant les individus, mais chez tous, elle agira avec efficacité, de façon à faire naître ou à développer la sensibilité la délicatesse, la bonté, la tendresse, à faire sortir des déchirements et des larmes quelque qualité inconnue qui dormait silencieuse au fond de l'être, ou bien telle noblesse nouvelle, parure de l'âme, acquise pour jamais.
Et plus celle-ci monte, grandit, se fait belle, plus la douleur se spiritualise et devient subtile. Aux méchants il faut des épreuves nombreuses, comme sur l'arbre il faut beaucoup de fleurs pour produire quelques fruits. Mais plus l'être humain se perfectionne, plus les fruits de la douleur deviennent admirables en lui. Aux âmes frustes, mal dégrossies, incombent les souffrances physiques, les douleurs violentes ; aux égoïstes, aux avares écherront les pertes de fortune, les noires inquiétudes, les tourments de l'esprit. Puis aux êtres délicats, aux mères, aux amantes, aux épouses, les tortures cachées, les blessures du coeur. Aux nobles penseurs, aux inspirés, la douleur subtile et profonde qui fait jaillir le cri sublime, l'éclair du génie !
Oui, derrière la douleur, il y a quelqu'un d'invisible qui conduit son action et la règle suivant les besoins de chacun, avec un art, une sagesse infinis, travaillant ainsi à augmenter notre beauté intérieure, jamais achevée, toujours poursuivie, de lumière en lumière, de vertu en vertu, jusqu'à ce que nous soyons devenus des esprits célestes.
Si étonnant que cela puisse paraître à première vue, la douleur n'est qu'un moyen de la Puissance infinie pour nous attirer à elle et, en même temps, nous faire accéder plus rapidement au bonheur spirituel, le seul durable. C'est donc bien par amour pour nous que Dieu nous envoie la souffrance. Il nous frappe, il nous corrige comme la mère corrige son enfant pour le redresser et le rendre meilleur. Il travaille sans cesse à assouplir, à purifier, à embellir nos âmes, parce qu'elles ne peuvent être vraiment et complètement heureuses que dans la mesure de leurs perfections.
Et pour cela, sur cette terre d'apprentissage, Dieu a mis, à côté de joies rares et fugitives, des douleurs fréquentes et prolongées, afin de nous faire sentir que notre monde est un lieu de passage et non un but. Jouissances et souffrances, plaisirs et douleurs, Dieu a réparti ces choses dans l'existence comme un grand artiste qui, sur sa toile, a uni les ombres et les clartés pour produire un chef-d'oeuvre.
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La souffrance chez les animaux est déjà un travail d'évolution pour le principe de vie qui est en eux ; ils acquièrent par là les premiers rudiments de la conscience. Et il en est de même de l'être humain dans ses réincarnations successives. Si, dès ses premières étapes terrestres, l'âme vivait exempte de maux, elle resterait inerte, passive, ignorante des choses profondes et des forces morales qui gisent en elle.
Notre but est en avant ; notre destinée est de marcher vers ce but, sans nous attarder en chemin. Or, les bonheurs de ce monde nous immobilisent ; on s'y attarde ; on s'y oublie. Mais quand nous nous attardons outre mesure, la douleur vient qui nous pousse en avant.
Dès que s'ouvre pour nous une source de plaisirs, par exemple dans la jeunesse, l'amour, le mariage, et que nous nous oublions dans l'enchantement des heures bénies, il est bien rare que, peu après, une circonstance imprévue ne survienne, et l'aiguillon se fait sentir.
A mesure que nous avançons dans la vie, les joies diminuent et les douleurs augmentent. Le corps devient plus pesant, le fardeau des ans plus lourd. Presque toujours, l'existence commence dans le bonheur et finit dans la tristesse. Le déclin amène pour la plupart des hommes la période morose de la vieillesse, avec ses lassitudes, ses infirmités, ses abandons. Les lumières s'éteignent, les sympathies, les consolations se retirent ; les rêves, les espérances s'évanouissent. Les fosses se creusent, de plus en plus nombreuses, autour de nous. Alors s'ouvrent de longues heures d'immobilité, d'inaction, de souffrance. Elles nous obligent à rentrer en nous-mêmes, à passer souvent en revue les actes et les souvenirs de notre vie. C'est là une épreuve nécessaire, afin que l'âme, avant de quitter son enveloppe, acquière cette maturité, ce jugement, cette clairvoyance des choses qui seront le couronnement de sa carrière terrestre. Aussi, lorsque nous maudissons les heures en apparence stériles et désolées de la vieillesse infirme, solitaire, nous méconnaissons un des plus grands bienfaits que la nature nous offre. Nous oublions que la vieillesse douloureuse est le creuset où se complètent les épurations.
A ce moment de l'existence, les rayons et les forces que, durant les années de jeunesse et de virilité, nous dispersions de toutes parts dans notre activité et notre exubérance, se concentrent, convergent vers les profondeurs de l'être, attisant la conscience et procurant à l'homme plus de sagesse et de maturité. Peu à peu, l'harmonie se fait entre nos pensées et les radiations extérieures ; la mélodie intime s'accorde avec la mélodie divine.
Il y a alors, dans la vieillesse résignée, plus de grandeur et de beauté sereine que dans l'éclat de la jeunesse et la puissance de l'âge mûr. Sous l'action du temps, ce qu'il y a de profond, d'immuable en nous se dégage, et le front de certains vieillards s'auréole des clartés de l'Au-delà.
A tous ceux qui demandent : Pourquoi la douleur ? je réponds : Pourquoi polir la pierre, sculpter le marbre, fondre le vitrail, marteler le fer ? C'est afin de bâtir et d'orner le temple magnifique, plein de rayons, de vibrations, d'hymnes, de parfums, où tous les arts se combinent pour exprimer le divin, préparer l'apothéose de la pensée consciente, célébrer la libération de l'esprit !
Et voyez le résultat obtenu ! De ce qui était en nous éléments épars, matériaux informes et parfois même, chez le vicieux et le déchu, ruines et débris, la douleur a dressé, construit dans le coeur de l'homme un autel splendide à la Beauté morale, à la Vérité éternelle.
La statue, dans ses formes idéales et parfaites, est enfouie, cachée dans le bloc grossier. Quand l'homme n'a pas l'énergie, le savoir, la volonté de frapper, alors, avons-nous dit, vient la douleur. Elle prend le marteau, le ciseau et peu à peu, à coups violents, ou bien sous le lent et persistant travail du burin, la statue vivante se dessine en ses contours souples et merveilleux ; sous le quartz brisé, l'émeraude étincelle !
Oui, pour que la forme se dégage dans ses lignes pures et délicates, que l'esprit triomphe de la substance, que la pensée jaillisse en élans sublimes et que le poète trouve ses accents immortels, le musicien ses suaves accords, il faut dans nos coeurs l'aiguillon de la destinée, les deuils et les pleurs, l'ingratitude, les trahisons de l'amitié et de l'amour, les angoisses et les déchirements ; il faut les cercueils chéris qui descendent sous la terre, la jeunesse qui s'enfuit, la vieillesse glacée qui monte, les déceptions, les tristesses amères qui se succèdent. Il faut à l'homme des souffrances comme au fruit de la vigne le pressoir qui en extrait la liqueur exquise !
Considérons encore le problème de la douleur au point de vue des sanctions pénales.
On a reproché à Allan Kardec d'avoir trop insisté dans ses oeuvres sur l'idée du châtiment et d'expiation. Celle-ci a soulevé de nombreuses critiques. Elle donne, nous dit-on, une fausse notion de l'action divine ; elle entraîne un luxe de punitions incompatibles avec la suprême Bonté.
Ce jugement résulte d'un examen trop superficiel des ouvrages du grand initiateur. L'idée, l'expression de châtiment, excessive peut-être si on s'attache à certains passages isolés, mal interprétés dans beaucoup de cas, s'atténue et s'efface lorsqu'on étudie l'oeuvre entière.
C'est surtout dans la conscience, nous le savons, qu'est la sanction du bien et du mal. Elle enregistre minutieusement tous nos actes et, tôt ou tard, devient un juge sévère pour le coupable, qui, par suite de son évolution, finit toujours par entendre sa voix et subir ses arrêts. Pour l'esprit, les souvenirs du passé s'unissent au présent dans l'espace et forment un tout inséparable. Il vit en dehors de la durée, au-delà des limites du temps et souffre aussi vivement des fautes lointaines que des plus récentes. Aussi demande-t-il souvent une réincarnation rapide et douloureuse, qui rachètera le passé, tout en faisant trêve à ses souvenirs obsédants.
Avec la différence de plan, la souffrance changera d'aspect. Sur terre, elle deviendra à la fois physique et morale et constituera un mode de réparation. Elle plongera le coupable dans sa flamme pour le purifier ; elle reforgera dans le laminoir de l'épreuve l'âme déformée par le mal. Ainsi, chacun de nous a pu ou pourra effacer son passé, les tristes pages du début de son histoire, les fautes graves, commises lorsqu'il n'était qu'un esprit ignorant ou fougueux. Par la souffrance nous apprendrons l'humilité, en même temps que l'indulgence et la compassion pour tous ceux qui succombent autour de nous sous la poussée des instincts inférieurs, comme cela nous est arrivé à nous-mêmes, tant de fois, jadis.
Ce n'est donc pas par vengeance que la loi nous frappe, mais parce qu'il est bon et profitable de souffrir, puisque la souffrance nous libère en donnant satisfaction à la conscience, dont elle exécute le verdict.
Tout se rachète et se répare par la douleur. Nous l'avons vu, il y a un art profond dans les procédés qu'elle met en oeuvre pour façonner l'âme humaine et, lorsqu'elle est égarée, la ramener dans l'ordre sublime des choses.
On a souvent parlé d'une loi du talion. En réalité, la réparation ne se présente pas toujours sous la même forme que la faute commise. Les conditions sociales, l'évolution historique s'y opposent. En même temps que les supplices du moyen âge, bien des fléaux ont disparu. Cependant la somme des souffrances humaines, sous leurs formes variées, innombrables, se représente toujours proportionnée à la cause qui les produit. En vain des progrès se réalisent, la civilisation s'étend, l'hygiène et le bien être se développent. Des maladies nouvelles apparaissent et l'homme est impuissant à les guérir. Il faut reconnaître en cela la manifestation de cette loi supérieure d'équilibre dont nous avons parlé. La douleur sera nécessaire tant que l'homme n'aura pas mis sa pensée et ses actes en harmonie avec les lois éternelles ; elle cessera de se faire sentir dès que l'accord sera établi. Tous nos maux viennent de ce que nous agissons dans un sens opposé au courant de la vie divine ; si nous rentrons dans ce courant, la douleur disparaît avec les causes qui l'ont fait naître.
Longtemps encore, l'humanité terrestre, ignorante des lois supérieures, inconsciente du devenir et du devoir, aura besoin de la douleur, pour la stimuler dans sa voie, pour transformer ce qui prédomine en elle, les instincts primitifs et grossiers, en sentiments purs et généreux. Longtemps l'homme devra passer par l'initiation amère pour arriver à la connaissance de lui-même et de son but. Il ne songe présentement qu'à appliquer ses facultés et son énergie à combattre la souffrance sur le plan physique, à augmenter le bien-être et la richesse, à rendre plus agréables les conditions de la vie matérielle. Mais ce sera en vain. Les souffrances pourront varier, se déplacer, changer d'aspect, la douleur n'en persistera pas moins, tant que l'égoïsme et l'intérêt régiront les sociétés terrestres, tant que la pensée se détournera des choses profondes, tant que la fleur de l'âme ne sera pas épanouie.
Toutes les doctrines économiques et sociales seront impuissantes à réformer le monde, à pallier les maux de l'Humanité, parce que leur base est trop étroite et qu'elles placent dans l'unique vie présente la raison d'être, le but de cette vie et de tous nos efforts. Pour éteindre le mal social, il faut élever l'âme humaine à la conscience de son rôle, lui faire comprendre que son sort dépend d'elle seule, et que sa félicité sera toujours proportionnelle à l'étendue de ses triomphes sur elle-même et de son dévouement pour les autres.
Alors la question sociale sera résolue par la substitution de l'altruisme au personnalisme exclusif et étroit. Les hommes se sentiront frères, frères et égaux devant la loi divine qui répartit à chacun les biens et les maux nécessaires à son évolution, les moyens de se vaincre et de hâter son ascension. Dès ce jour, seulement, la douleur verra diminuer son empire. Fruit de l'ignorance et de l'infériorité, fruit de la haine, de l'envie, de l'égoïsme, de toutes les passions animales qui s'agitent encore au fond de l'être humain, elle s'évanouira avec les causes qui la produisent, grâce à une éducation plus haute, à la réalisation en nous de la beauté morale, de la justice et de l'amour.
Le mal moral est dans l'âme seule, dans ses dissonances avec l'harmonie divine. Mais, à mesure qu'elle monte vers une clarté plus vive, vers une vérité plus large, vers une sagesse plus parfaite, les causes de souffrances s'atténuent, en même temps que se dissipent ses vaines ambitions, ses désirs matériels. Et d'étapes en étapes, de vies en vies, elle pénètre dans la grande lumière et la grande paix, où le mal est inconnu, où le bien, seul, règne !
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Bien souvent, j'ai entendu dire par certaines personnes dont l'existence fut pénible et semée d'épreuves : «Je ne voudrais pas renaître en une vie nouvelle ; je ne veux pas revenir sur la terre.» Quand on a beaucoup souffert, que l'on a été violemment secoué par les orages de ce monde, il est très légitime d'aspirer au repos. Je comprends qu'une âme accablée recule à la pensée de recommencer cette bataille de la vie, où elle a revu des blessures qui saignent encore. Mais la loi est inexorable. Pour monter plus haut dans la hiérarchie des mondes, il faut avoir laissé ici-bas tout l'encombrant bagage des goûts, des appétits qui nous attache à la terre. Ces liens, nous les emportons trop souvent avec nous dans l'Au-delà et ce sont eux qui nous retiennent dans les basses régions. Parfois, nous nous croyons capables et dignes de gagner les altitudes et, à notre insu, mille chaînes nous rivent encore à cette planète inférieure. Nous ne comprenons ni l'amour dans sa sublime essence, ni le sacrifice tel qu'on le pratique dans ces humanités épurées où l'on ne vit plus pour soi ou pour quelques-uns, mais pour tous. Or, ceux qui sont mûrs pour une telle vie peuvent seuls la posséder. Pour s'en rendre dignes, il faudra donc redescendre encore dans le creuset, dans la fournaise où fondront comme cire les duretés de notre coeur. Et lorsque les scories de notre âme auront été rejetées, éliminées, quand notre essence sera devenue exempte d'alliage, alors Dieu nous appellera à une vie plus haute, à une tâche plus belle.
Par-dessus tout, il faut mesurer à leur juste valeur les soucis, les tristesses de ce monde. Pour nous, ce sont choses bien cruelles ; mais comme tout cela se rapetisse et s'efface si on le considère à distance, si l'esprit, s'élevant au-dessus des détails de l'existence, embrasse d'un large regard les perspectives de sa destinée. Celui-là seul saura peser, mesurer ces choses, dont la pensée sonde sans trouble les deux océans de l'espace et du temps : l'immensité et l'éternité !
O vous tous qui vous plaignez amèrement des déceptions, des petites misères, des tribulations dont toute existence est semée et qui vous sentez envahis par la lassitude et le découragement, si vous voulez retrouver la résolution, le courage perdus, si vous voulez apprendre à braver allègrement la mauvaise fortune, à supporter, résignés, le sort qui vous échoit, jetez un regard attentif autour de vous. Considérez les douleurs trop ignorées des petits, des déshérités, les souffrances de milliers d'êtres qui sont hommes comme vous ; considérez ces afflictions sans nombre : aveugles privés du rayon qui guide et réjouit, paralytiques, impotents, corps que l'existence a tordus, ankylosés, brisés, qui pâtissent de maux héréditaires ! Et ceux qui manquent du nécessaire, sur qui l'hiver souffle, glacial ! Songez à toutes ces vies mornes, obscures, souffreteuses ; comparez vos maux trop souvent imaginaires aux tortures de vos frères de douleurs, et vous vous estimerez moins malheureux ; vous reprendrez patience et courage et, de votre coeur, descendra sur la foule des humains, sur tous ces pèlerins de la vie qui se traînent accablés sur le chemin aride, le sentiment d'une pitié sans bornes et d'un immense amour !
XXVII. - REVELATION PAR LA DOULEUR
C'est surtout devant la souffrance que se montre la nécessité, l'efficacité d'une croyance robuste, puissamment assise à la fois sur la raison, le sentiment et les faits, et qui explique l'énigme de la vie, le problème de la douleur.
Quelles consolations le matérialisme et l'athéisme peuvent-ils offrir à l'homme atteint d'un mal incurable ? Que diront-ils pour calmer les désespoirs, préparer l'âme de celui qui va mourir ? Quel langage tiendront-ils au père, à la mère agenouillés devant le berceau d'un enfant mort, à tous ceux qui voient descendre sous la terre les cercueils des êtres chéris ? Ici se montrent toute la pauvreté, toute l'insuffisance des doctrines du néant.
La douleur n'est pas seulement le critérium par excellence de la vie, le juge qui pèse les caractères, les consciences et mesure la véritable grandeur de l'homme. Elle est aussi un procédé infaillible pour reconnaître la valeur des théories philosophiques et des doctrines religieuses. La meilleure sera évidemment celle qui nous réconforte, celle qui dit pourquoi les larmes sont le lot de l'humanité et fournit les moyens de les étancher. Par la douleur, on découvre plus sûrement le foyer d'où émane le plus beau, le plus doux rayon de la vérité, celui qui ne s'éteint pas.
Si l'univers n'est qu'un champ clos ouvert aux forces capricieuses et aveugles de la nature, une odieuse fatalité qui nous broie ; s'il n'y a en lui ni conscience, ni justice, ni bonté, alors la douleur n'a pas de sens, pas d'utilité ; elle ne comporte pas de consolations. Il n'y a plus qu'à imposer silence à notre coeur brisé, car il serait puéril et vain d'importuner les hommes et le ciel de nos plaintes !
Pour tous ceux dont la vie est limitée par les horizons étroits du matérialisme, le problème de la douleur est insoluble ; il n'est pas d'espérance pour celui qui souffre.
N'est-ce pas vraiment chose étrange que l'impuissance de tant de sages, de philosophes, de penseurs, depuis des milliers d'années, à expliquer et à consoler la douleur, à nous la faire accepter lorsqu'elle est inévitable ? Les uns l'ont niée, ce qui est puéril. D'autres ont conseillé de l'oublier, de s'en distraire, ce qui est vain, ce qui est lâche quand il s'agit de la perte de ceux que nous avons aimés. En général, on nous a appris à la redouter, à la craindre, à la détester. Bien peu l'ont comprise ; bien peu l'ont expliquée !
Aussi, autour de nous, dans les rapports de chaque jour, combien sont devenues pauvres, banales, enfantines, les paroles de sympathie, les tentatives de consolation prodiguées à ceux que le malheur a touchés. Quels froids propos sur les lèvres, quelle absence de chaleur et de lumière dans les pensées et dans les coeurs ! Quelle faiblesse, quel vide dans les procédés employés pour réconforter les âmes endeuillées, procédés qui aggravent plutôt et redoublent leurs maux, leur tristesse. Tout cela résulte uniquement de l'obscurité qui règne sur le problème de la douleur, des fausses données répandues dans les esprits par les doctrines négatives et certaines philosophies spiritualistes. En effet, c'est le propre des théories erronées de décourager, d'accabler, d'assombrir l'âme aux heures difficiles, au lieu de lui procurer les moyens de faire face au destin avec une ferme résolution.
Et les religions, pourrait-on me dire ? Oui, sans doute, les religions ont trouvé des secours spirituels pour les âmes en détresse ; cependant les consolations qu'elles offrent reposent sur une conception trop étroite du but de la vie et des lois de la destinée. Nous l'avons suffisamment démontré pour n'avoir pas à y revenir.
Les religions chrétiennes, surtout, ont compris le rôle grandiose de la souffrance, mais elles en ont exagéré, dénaturé le sens. Le paganisme exprimait la joie ; ses dieux se couronnaient de fleurs, et présidaient aux fêtes. Pourtant, les stoïciens et, avec eux, certaines écoles secrètes considéraient déjà la douleur comme un élément indispensable à l'ordre du monde. Le christianisme, lui, l'a glorifiée, déifiée en la personne de Jésus. Devant la croix du Calvaire, l'humanité a trouvé la sienne moins lourde. Le souvenir du grand supplicié a aidé les hommes à souffrir et à mourir. Toutefois, en poussant les choses à l'extrême, le christianisme a donné à la vie, à la mort, à la religion, à Dieu des aspects lugubres, parfois terrifiants. Il est nécessaire de réagir et de remettre les choses au point, car en raison même des excès des religions, celles-ci voient s'amoindrir chaque jour leur empire. Le matérialisme gagne peu à peu le terrain qu'elles ont perdu ; la conscience populaire s'obscurcit ; la notion du devoir s'effondre, faute d'une doctrine adaptée aux nécessités du temps et aux besoins de l'évolution humaine.
C'est pourquoi nous dirons aux prêtres de toutes les religions : «Elargissez le cadre de vos enseignements ; donnez à l'homme une notion plus étendue, de ses destins, une vue plus claire de l'Au-delà, une idée plus haute du but à atteindre. Faites-lui comprendre que son oeuvre consiste à construire lui-même, avec l'aide de la douleur, sa conscience, sa personnalité morale, et cela à travers l'infini des temps et des espaces. Si, à l'heure présente, votre influence s'affaiblit, si votre puissance est ébranlée, ce n'est pas à cause de la morale que vous enseignez. C'est par suite de l'insuffisance de votre conception de la vie, qui ne montre pas nettement la justice dans les lois et dans les choses et, par conséquent, ne montre pas Dieu. Vos théologies ont enfermé la pensée dans un cercle qui l'étouffe ; elles lui ont fixé une base trop restreinte et, sur cette base, tout l'édifice chancelle et menace de s'écrouler. Cessez de discuter sur des textes et d'opprimer les consciences ; sortez des cryptes où vous avez enfermé l'esprit ; marchez et agissez !»
Une nouvelle doctrine se lève, grandit, s'étend, qui aidera la pensée à accomplir son oeuvre de transformation. Ce nouveau spiritualisme contient toutes les ressources nécessaires pour consoler les afflictions, enrichir la philosophie, régénérer les religions, s'attirer à la fois l'affection du plus humble disciple et le respect du plus fier génie.
Il peut satisfaire les plus nobles élans de l'intelligence et les aspirations du coeur. Et, en même temps, il explique la faiblesse humaine, le côté obscur, tourmenté de l'âme inférieure livrée aux passions et il lui procure les moyens de s'élever à la connaissance et à la plénitude.
Enfin, il constitue le remède moral le plus puissant contre la douleur. Dans l'explication qu'il en donne, dans les consolations qu'il vient offrir à l'infortune, se trouve la preuve la plus évidente, la plus touchante de son caractère véridique et de sa solidité inébranlable.
Mieux que toute autre doctrine philosophique ou religieuse, il nous révèle le grand rôle de la souffrance et nous apprend à l'accepter. En faisant d'elle un procédé éducatif ou réparateur, il nous montre la justice et l'amour divins intervenant jusque dans nos épreuves et dans nos maux. Au lieu de ces désespérés que les doctrines négatives font de nous, au lieu de ces déchus, de ces réprouvés, ou de ces maudits, le spiritisme nous montre dans les malheureux, des apprentis, des néophytes que la douleur éclaire, initie, des candidats à la perfection et au bonheur.
En donnant à la vie un but infini, le nouveau spiritualisme vient de nous offrir une raison de vivre et de souffrir qui mérite vraiment que l'on vive et que l'on souffre, en un mot, un objectif digne de l'âme et digne de Dieu. Dans le désordre apparent et la confusion des choses, il nous montre l'ordre qui, lentement, s'ébauche et se réalise, le futur qui s'élabore dans le présent et, au-dessus de tout, le déploiement d'une immense et divine harmonie.
Et voyez les conséquences de cet enseignement. La douleur perd son caractère effrayant ; elle n'est plus un ennemi, un monstre redouté ; c'est un aide, un auxiliaire, et son rôle est providentiel. Elle purifie, grandit, refond l'être dans sa flamme ; elle le revêt d'une beauté qu'on ne lui connaissait pas. L'homme, d'abord étonné, inquiet à son aspect, apprend à la connaître, à l'apprécier, à se familiariser avec elle ; il finit presque par l'aimer. Certaines âmes héroïques, au lieu de s'en détourner, de la fuir, iront à elle pour s'y plonger librement et s'y régénérer.
La destinée, étant illimitée, nous ménage des possibilités toujours nouvelles d'amélioration. La souffrance n'est qu'un correctif à nos abus, à nos erreurs, un stimulant dans notre marche. Ainsi les lois souveraines se montrent parfaitement justes et bonnes. Elles n'infligent à personne des peines inutiles ou imméritées. L'étude de l'univers moral nous remplit d'admiration pour la Puissance qui, au moyen de la douleur, transforme peu à peu les forces du mal en forces du bien, fait sortir du vice la vertu, de l'égoïsme l'amour !
Dès lors, assuré du résultat de ses efforts, l'homme accepte avec courage les épreuves inévitables. La vieillesse peut venir, la vie décroître et rouler sur la pente rapide des ans, sa foi l'aide à traverser les périodes accidentées et les heures tristes de l'existence. A mesure que celle-ci décline et s'enveloppe de brume, la grande lumière de l'Au-delà se fait plus vive et le sentiment de la justice, de la bonté, de l'amour qui président à la destinée de tous les êtres, devient pour lui une force aux heures de lassitude ; elle lui rend plus facile la préparation au départ.
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Pour le matérialiste et même pour beaucoup de croyants, le décès des êtres aimés creuse entre eux et nous un abîme que rien ne peut combler, abîme d'ombre et de nuit où ne brille aucun rayon, aucune espérance. Le protestant, incertain de leur destinée, ne prie même pas pour ses morts. Le catholique, non moins anxieux, peut redouter pour les siens le jugement qui sépare à jamais les élus des réprouvés.
Mais voici la doctrine nouvelle avec ses certitudes inébranlables. Pour ceux qui l'ont adoptée, la mort, comme la douleur, sera sans effroi. Chaque tombe qui se creuse est un portique de délivrance, une issue ouverte vers les libres espaces ; chaque ami qui disparaît va préparer la demeure future, jalonner la route à suivre sur laquelle nous nous rejoignons tous. La séparation n'est même qu'apparente. Nous savons que ces âmes ne nous ont pas quittés sans retour ; une communion intime peut encore s'établir d'elles à nous. Si leurs manifestations, dans l'ordre sensible, rencontrent des obstacles, nous pourrons du moins correspondre avec elles par la pensée.
Vous connaissez la loi télépathique. Il n'est pas de cri, pas de larme, pas d'appel d'amour qui n'ait sa répercussion et sa réponse. Solidarité admirable des âmes pour qui nous prions et qui prient pour nous, échanges de pensées vibrantes et d'appels régénérateurs qui traversent l'espace, pénètrent les coeurs angoissés de radiations, de force et d'espérance et ne manquent jamais le but !
Vous croyiez souffrir seul, mais non : près de vous, autour de vous et jusque dans l'étendue sans bornes, il est des êtres qui vibrent de votre souffrance et participent à votre douleur. Ne la rendez pas trop vive, afin de les épargner eux-mêmes.
A la peine, à la tristesse humaine, Dieu a donné pour compagne la sympathie céleste. Et cette sympathie prend souvent la forme d'un être aimé qui, dans les jours d'épreuves, descend, plein de sollicitude, et recueille chacune de nos douleurs pour nous en faire une couronne de lumière dans l'espace.
Combien d'époux, de fiancés, d'amants, séparés par la mort, vivent dans une union nouvelle, plus étroite et plus intime. Aux heures d'affliction, l'esprit d'un père, d'une mère, tous les amis du ciel se penchent vers nous et baignent nos fronts de leurs fluides doux et affectueux ; ils enveloppent nos coeurs de chaudes palpitations d'amour. Comment se laisser aller au mal ou au désespoir en présence de tels témoins, en songeant qu'ils voient nos soucis, lisent nos pensées, qu'ils nous attendent et s'apprêtent à nous recevoir au seuil de l'immensité !
En quittant la terre, nous les retrouverons tous et, avec eux, un bien plus grand nombre d'esprits amis que nous avions oubliés durant notre dernier séjour terrestre, la foule de ceux qui partagèrent nos vies passées et composent notre famille spirituelle.
Tous nos compagnons du grand voyage éternel se grouperont pour nous accueillir, non pas comme de pâles ombres, de vagues fantômes animés d'une vie indécise, mais dans la plénitude de toutes leurs facultés accrues ; comme des êtres actifs, s'intéressant encore aux choses de la terre, participant à l'oeuvre universelle, coopérant à nos efforts, à nos travaux, à nos projets.
Les liens du passé se renoueront avec une force nouvelle. L'amour, l'amitié, la paternité, ébauchés autrefois, en de multiples existences, se cimenteront par des engagements nouveaux pris en vue de l'avenir, afin d'augmenter sans cesse et d'élever à leur suprême puissance les sentiments qui nous unissent tous. Et les tristesses des séparations passagères, l'éloignement apparent des âmes causé par la mort, tout se fondra en des effusions de bonheur, dans le ravissement des retours et des réunions ineffables.
N'ajoutez donc aucune foi aux sombres doctrines qui vous parlent de lois d'airain ou bien de condamnation, d'enfer et de paradis éloignant les uns des autres, et pour toujours, ceux qui se sont aimés.
Il n'est pas d'abîme que l'amour ne puisse combler. Dieu, tout amour, n'a pu condamner à s'éteindre le sentiment le plus beau, le plus noble de tous ceux qui vibrent au coeur de l'homme. L'amour est immortel comme l'âme elle-même.
Aux heures de souffrance, d'angoisse, d'accablement, recueillez-vous et, d'un appel ardent, attirez à vous ces Etres qui furent, comme nous, des hommes et qui sont maintenant des esprits célestes, et des forces inconnues pénétreront en vous ; elles vous aideront à supporter vos misères et vos maux.
Hommes, pauvres voyageurs qui gravissez péniblement la montée douloureuse de l'existence, sachez que partout, sur notre route, des êtres invisibles, puissants et bons, cheminent à nos côtés. Aux passages difficiles, leurs fluides secourables soutiennent notre marche chancelante. Ouvrez-leur vos âmes ; mettez vos pensées en accord avec leurs pensées et aussitôt vous sentirez la joie de leur présence ; une atmosphère de paix et de bénédiction vous enveloppera ; de suaves consolations descendront en vous.
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Au milieu des épreuves, les vérités que nous venons de rappeler ne nous dispensent pas des émotions et des larmes ; ce serait contre nature. Du moins, elles nous apprennent à ne pas murmurer, à ne pas rester accablés sous les coups de la douleur. Elles écartent de nous ces funestes pensées de révolte, de désespoir ou de suicide qui hantent souvent le cerveau des néantistes. Si nous continuons à pleurer, c'est sans amertume et sans blasphème.
Même lorsqu'il s'agit du suicide de jeunes hommes emportés par l'ardeur de leurs passions, devant la douleur immense d'une mère, le nouveau spiritualisme ne reste pas sans ressources. Il verse encore l'espérance aux coeurs désolés. Il leur procure par la prière, par la pensée ardente, la possibilité de soulager ces âmes qui flottent dans les ténèbres spirituelles entre la terre et l'espace, ou restent confinées, par leurs fluides grossiers, dans les milieux où elles ont vécu. Il atténue leur peine en leur disant qu'il n'est rien d'irréparable, rien de définitif dans le mal ; toute évolution entravée reprend son cours quand le coupable a payé sa dette à la justice.
Partout et en tout, cette doctrine nous offre une base, un point d'appui d'où l'âme peut prendre son essor vers l'avenir et se consoler des choses présentes par la perspective des choses futures. La confiance, la foi en nos destins projette devant nous une lumière qui éclaire le sens de la vie, nous fixe le devoir, élargit notre sphère d'action et nous apprend à agir pour les autres. Nous sentons qu'il y a dans l'univers une force, une puissance, une sagesse incomparables ; mais aussi que nous faisons nous-mêmes partie de cette force et de cette puissance dont nous sommes issus.
Nous comprenons que les vues de Dieu sur nous, son plan, son oeuvre, son but, tout a son principe et sa source dans son amour. En toutes choses, Dieu veut notre bien et le poursuit par des voies tantôt claires, tantôt mystérieuses, mais constamment appropriées à nos besoins. S'il nous sépare de ceux que nous aimons, c'est pour nous faire retrouver plus vives les joies du retour. S'il permet pour nous les déceptions, les abandons, les maladies, les revers, c'est afin de nous obliger à détacher nos regards de la terre et à les élever vers lui, à rechercher des joies supérieures à toutes celles que nous pouvons goûter en ce monde.
L'Univers est justice et amour ; dans la spirale infinie des ascensions, la somme des souffrances, divine alchimie, se change là-haut en flots de lumière et en gerbes de félicité.
Avez-vous remarqué, au fond de certaines douleurs, comme une saveur particulière et si nouvelle que l'on ne peut s'empêcher d'y reconnaître une intervention bienfaisante ? Quelquefois l'âme frappée voit briller une clarté inconnue, d'autant plus vive que le désastre est plus grand. D'un seul coup, la douleur l'enlève à des hauteurs telles qu'il faudrait vingt années d'études et d'efforts pour les atteindre.
Je ne puis résister au désir de citer deux exemples, parmi beaucoup d'autres qui me sont connus. Il s'agit de deux hommes, devenus depuis mes amis, pères de deux jeunes filles charmantes qui étaient toute leur joie en ce monde, et que la mort enleva brutalement en quelques jours. L'un était officier général dans la région de l'Est. Sa fille aînée possédait tous les dons de l'intelligence et de la beauté. D'un caractère sérieux, elle dédaignait volontiers les plaisirs de son âge et partageait les travaux de son père, écrivain militaire et publiciste de talent. Aussi lui avait-il voué une affection qui allait jusqu'au culte. En peu de temps, une maladie sans remède enlevait la jeune fille à la tendresse des siens. Dans ses papiers, on trouva un cahier de notes portant ce titre : «A mon père quand je ne serai plus !» Quoique jouissant d'une santé parfaite au moment où elle traçait ces pages, elle avait le pressentiment de sa mort prochaine et adressait à son père des consolations touchantes. Grâce à un livre qu'il découvrit dans le bureau de son enfant, nous entrâmes en rapport. Peu à peu, en procédant avec méthode et persistance, il devint médium voyant, et aujourd'hui il a non seulement la faveur d'être initié aux mystères de la survivance, mais aussi celle de revoir souvent sa fille près de lui et de recevoir les témoignages de son amour. L'esprit d'Yvonne se communiquait également à son fiancé et à un de ses cousins, sous-officier dans le régiment que commandait alors son père. Ces manifestations se complétaient et se contrôlaient les unes par les autres, et étaient encore perçues par deux animaux familiers, ainsi que l'attestent les lettres du général .
Le deuxième cas, visé ici, est celui de M. Debrus, négociant à Valence, dont l'unique enfant, Rose, née après de nombreuses années de mariage, était tendrement aimée. Toutes les espérances du père et de la mère reposaient sur cette tête chérie. Mais, à 12 ans, l'enfant fut frappée brusquement d'une méningite aiguë qui l'emporta. Le désespoir des parents fut inexprimable et l'idée du suicide hanta plus d'une fois l'esprit du pauvre père. Il se ressaisit cependant, ayant quelque connaissance du spiritisme, et eut aussi la joie de devenir médium. Aujourd'hui, il communique sans intermédiaire, librement et sûrement, avec sa fille. Celle-ci intervient fréquemment dans la vie intime des siens et produit parfois autour d'eux des phénomènes lumineux d'une grande intensité.
Les uns comme les autres savaient peu de choses de l'Au-delà et vivaient dans une indifférence coupable à l'endroit des problèmes de la vie future et de la destinée. Maintenant, tout s'est éclairé à leurs yeux. Après avoir souffert, ils ont été consolés et ils consolent les autres à leur tour, travaillant à répandre la vérité autour d'eux, impressionnant tous ceux qui les approchent, par la hauteur de leurs vues et la fermeté de leurs convictions. Leurs enfants sont revenus vers eux, transfigurés et rayonnants. Et ils sont arrivés à comprendre pourquoi Dieu les avait séparés et comment il leur ménage une vie commune dans la lumière et dans la paix des espaces. Voilà l'oeuvre de la douleur !
Pour le matérialiste, disions-nous, il n'est pas d'explication à l'énigme du monde, ni au problème de la douleur. Toute la magnifique évolution de la vie, toutes les formes d'existence et de beauté, lentement développées au cours des siècles, tout cela à ses yeux est dû au caprice d'un hasard aveugle et n'a d'autre issue que le néant. A la fin des temps, il en sera de l'humanité comme si elle n'avait jamais existé. Tous ses efforts pour s'élever à un état supérieur, toutes ses plaintes, ses souffrances, ses misères accumulées, tout s'évanouira comme une ombre, tout aura été inutile et vain.
Mais au lieu de cette théorie de la stérilité et du désespoir, nous qui avons la certitude de la vie future et du monde spirituel, nous voyons dans l'univers l'immense laboratoire où s'affine et s'épure l'âme humaine, à travers des existences alternativement célestes et terrestres. Celles-ci n'ont qu'un but : l'éducation des intelligences associées aux corps. La matière est un instrument de progrès. Ce que nous appelons le mal, la douleur, n'est qu'un moyen d'élévation.
Le moi est chose haïssable, a-t-on dit. Cependant, qu'on me permette un aveu. Chaque fois que l'ange de la douleur m'a touché de son aile, j'ai senti frémir en moi des puissances inconnues ; j'ai entendu des voix intérieures chanter le cantique éternel de la vie et de la lumière. Et maintenant, après avoir participé à tous les maux de mes compagnons de route, je bénis la souffrance ; elle a façonné mon être ; elle m'a procuré un jugement plus sûr, un sentiment plus précis des hautes vérités éternelles. Ma vie fut plus d'une fois secouée par le malheur, comme le chêne par l'orage ; mais il n'est pas une épreuve qui ne m'ait appris à me connaître un peu plus, à me posséder davantage.
Voici venir la vieillesse. Le terme de mon oeuvre approche. Après cinquante années d'études, de travail, de méditation, d'expériences, il m'est doux de pouvoir affirmer à tous ceux qui souffrent, à tous les affligés de ce monde, qu'il est dans l'univers une justice infaillible. Rien n'est perdu de nos maux ; il n'y a pas de peine sans compensation, pas de labeur sans profit. Nous marchons tous, à travers les vicissitudes et les larmes, vers un but grandiose, fixé par Dieu, et nous avons à nos côtés un guide sûr, un conseiller invisible pour nous soutenir et nous consoler.
Homme, mon frère, apprends à souffrir, car la douleur est sainte ! Elle est le plus noble agent de la perfection. Pénétrante et féconde, elle est indispensable à la vie de quiconque ne veut pas rester pétrifié dans l'égoïsme et l'indifférence. C'est une vérité philosophique que Dieu envoie la souffrance à ceux qu'il aime : «Je suis esclave, estropié, disait Epictète, un autre Irus en pauvreté et en misère et, cependant, aimé des Dieux.»
Apprends à souffrir ! Je ne te dirai pas : recherche la douleur. Mais quand elle se dresse, inévitable, sur ton chemin, accueille-la comme une amie, apprends à la connaître, à apprécier sa beauté austère, à saisir ses secrets enseignements. Etudie son oeuvre cachée ; au lieu de te révolter contre elle ou bien de rester accablé, inerte et veule sous son action, associe ta volonté, ta pensée au but qu'elle se fixe ; cherche à retirer de son passage dans ta vie tout le produit qu'elle peut offrir à ton esprit et à ton coeur.
Efforce-toi d'être à ton tour un exemple pour les autres ; par ton attitude dans la souffrance, ton acceptation volontaire et courageuse, ta confiance en l'avenir, rends-la plus acceptable aux yeux d'autrui.
En un mot, fais la douleur plus belle. L'harmonie et la beauté sont des lois universelles et, dans cet ensemble, la douleur a son rôle esthétique. Il serait puéril de maugréer contre cet élément nécessaire à la beauté du monde. Relevons-la plutôt par des vues et des espérances plus hautes ! Voyons en elle le suprême remède à tous les vices, à toutes les déchéances, à toutes les chutes !
Vous tous qui ployez sous le fardeau de vos épreuves ou qui pleurez dans le silence, quoi qu'il advienne, ne désespérez jamais. Souvenez-vous que rien n'arrive en vain ni sans cause. Presque toutes nos douleurs viennent de nous-mêmes, de notre passé, et elles nous ouvrent les chemins du ciel. La souffrance est une initiatrice. Elle nous révèle le sens grave, le sérieux imposant de la vie. Celle-ci n'est pas une comédie frivole, mais plutôt une tragédie poignante ; c'est la lutte pour la conquête de la vie spirituelle, et dans cette lutte, ce qu'il y a de plus grand, c'est la résignation, la patience, la fermeté, l'héroïsme. Au fond, les légendes allégoriques de Prométhée, des Argonautes, des Niebelungen, les mystères sacrés de l'Orient n'ont pas d'autre sens.
Un instinct profond nous fait admirer ceux dont l'existence n'est qu'un combat perpétuel contre la douleur, un effort constant pour gravir les pentes abruptes qui conduisent aux cimes vierges, aux trésors inviolés. Et nous n'admirons pas seulement l'héroïsme au grand jour, les actions qui provoquent l'enthousiasme des foules, mais aussi la lutte obscure et cachée contre les privations, la maladie, la misère, tout ce qui détache des liens matériels et des choses qui passent.
Tendre les volontés ; tremper les caractères pour le combat de la vie ; développer la force de résistance ; écarter de l'âme de l'enfant tout ce qui peut l'amollir ; élever l'idéal à un niveau supérieur de force et de grandeur : voilà ce que l'éducation moderne devrait adopter pour objectif essentiel. Mais, à notre époque, on s'est déshabitué des luttes morales, pour rechercher les plaisirs du corps et de l'esprit. Aussi la sensualité nous déborde, les caractères s'affaissent, la décadence sociale s'accentue.
En haut les coeurs, les pensées, les volontés ! Ouvrons nos âmes aux grands souffles de l'espace ! Levons nos regards vers l'avenir sans limites ; rappelons-nous que cet avenir nous appartient : notre tâche est de le conquérir.
Nous vivons en des temps de crise. Pour que les intelligences s'ouvrent aux vérités nouvelles, pour que les coeurs parlent, des avertissements éclatants sont nécessaires. Il faut les dures leçons de l'adversité. Nous avons connu des jours sombres et des périodes difficiles. Le malheur doit rapprocher les hommes. Ils ne se sentent vraiment frères que par la douleur.
Il semble que notre nation suive une route bordée de précipices. L'alcoolisme, l'immoralité, le suicide, le crime, exercent leurs ravages. A chaque instant, des scandales éclatent, éveillant des curiosités malsaines, remuant la vase où fermentent les corruptions. La pensée rampe sans s'élever. L'âme de la France, qui fut souvent l'initiatrice des peuples, leur guide dans la voie sacrée, cette grande âme souffre de se sentir vivre dans un corps vicié.
O âme vivante de la France, sépare-toi de cette enveloppe gangrenée, évoque les grands souvenirs, les hautes pensées, les sublimes inspirations de ton génie ! Car ton génie n'est pas mort ; il sommeille. Demain, il se réveillera !
La décomposition précède le renouvellement. De la fermentation sociale peut sortir une autre vie, plus pure et plus belle. Sous l'influx de l'idée nouvelle, la France retrouvera la croyance et la confiance. Elle se relèvera plus grande et plus forte pour accomplir son oeuvre en ce monde !
PROFESSION DE FOI DU XX° SIECLE

Au point d'évolution où la pensée humaine est parvenue ; considérant, du haut des systèmes philosophiques et religieux, le problème formidable de l'être, de l'univers et de la destinée, en quels termes pourrait-on résumer les notions acquises ; en un mot, que pourrait être le Credo philosophique du vingtième siècle ?
J'ai déjà essayé de résumer, dans Après la mort, en guise de conclusion, les principes essentiels du spiritualisme moderne. Si nous reprenons ce travail sous une autre forme, en adoptant pour base, comme l'a fait Descartes, la notion même de l'être pensant, mais en la développant et en l'élargissant, nous pourrons dire :
I. - Le premier principe de la connaissance, c'est l'idée d'Etre (Intelligence et Vie). L'idée d'être s'impose : Je suis ! Cette affirmation est indiscutable. On ne peut douter de soi-même. Mais, seule, cette idée ne peut se suffire ; elle doit se compléter par l'idée d'action et de vie progressive : Je suis et je veux être, toujours plus et mieux !
L'Etre, en son moi conscient : l'âme, est la seule unité vivante, la seule monade indivisible et indestructible de substance simple, qu'on cherche vainement dans la matière, car elle n'existe qu'en nous-mêmes. L'âme reste invariable en son unité, à travers les mille et mille formes, les mille corps de chair qu'elle construit et anime, pour les besoins de son évolution éternelle ; elle est toujours différente par les qualités acquises et les progrès réalisés, de plus en plus consciente et libre, dans la spirale infinie de ses existences planétaires et célestes.
II. - Cependant, l'âme ne s'appartient qu'à moitié. Pour l'autre moitié, elle appartient à l'univers, au tout dont elle est partie. C'est pourquoi elle ne peut se connaître entièrement qu'en étudiant l'univers.
La poursuite de cette double connaissance est la raison même et l'objet de sa vie, de toutes ses vies, la mort n'étant que le renouvellement des forces vitales nécessaires à une nouvelle étape en avant.
III. - L'étude de l'univers démontre, tout d'abord, qu'une action supérieure, intelligente, souveraine, gouverne le monde.
Le caractère essentiel de cette action, par le fait même qu'elle se perpétue, c'est la durée. Par la nécessité d'être absolue, cette durée ne saurait comporter de limites : d'où l'éternité.
IV. - L'éternité, vivante et agissante, implique l'être éternel et infini : Dieu, cause première, principe générateur, source de tous les êtres. Nous disons éternel et infini, car l'illimité dans la durée entraîne mathématiquement l'illimité dans l'étendue.
V. - L'action infinie est liée aux nécessités de la durée. Or, là où il y a liaison, relation, il y a Loi.
La loi de l'univers, c'est la conservation, c'est l'ordre et l'harmonie. De l'ordre découle le bien ; de l'harmonie découle la beauté.
Le but le plus élevé de l'univers, c'est la Beauté sous tous ses aspects : matériel, intellectuel, moral. La Justice et l'Amour sont ses moyens. La Beauté, dans son essence, est donc inséparable du Bien et tous deux, par leur union étroite constituent l'absolue Vérité, la suprême Intelligence, la Perfection !
VI. - Le but de l'âme, dans son évolution, est d'atteindre et de réaliser, en elle et autour d'elle, à travers les temps et les stations ascendantes de l'univers, par l'épanouissement des puissances qu'elle possède en germe, cette notion éternelle du Beau et du Bien, qu'exprime l'idée de Dieu, l'idée même de perfection.
VII. - De la loi d'ascension bien entendue découle l'explication de tous les problèmes de l'être : l'évolution de l'âme, qui reçoit d'abord, par la transmission atavique, toutes ses qualités ancestrales, puis les développe par son action propre pour y ajouter des qualités nouvelles ; la liberté relative de l'être relatif dans l'Etre absolu ; la lente formation de la conscience humaine à travers les siècles et ses accroissements successifs dans les infinis de l'avenir ; l'unité d'essence et la solidarité éternelle des âmes dans leur marche à la conquête des hauts sommets.
FIN
TEMOIGNAGES SCIENTIFIQUES

Opinion de Sir William CROOKES, le célèbre physicien anglais qui a découvert le thallium, fait connaître l'état radiant, inventé le radiomètre, expérimenté les rayons cathodiques et facilité l'étude des rayons X (tubes de Crookes) :
«M'étant assuré de la réalité des phénomènes spirites, ce serait une lâcheté morale de leur refuser mon témoignage.»
Après six ans d'expériences sur le spiritisme, six années pendant lesquelles il a imaginé de nombreux appareils destinés soit à permettre un contrôle scientifique, soit à enregistrer les phénomènes, William Crookes écrivit, à propos des faits spirites :
«Je ne dis pas que cela est possible : je dis que cela est.»
Opinion de Sir Oliver LODGE, autre grand physicien anglais, dont les travaux, dans le domaine de l'électricité, notamment la théorie des ions, sont connus dans le monde entier :
«Parlant pour mon compte et avec tout le sentiment de ma responsabilité, j'ai à constater que, comme résultat de mon investigation dans le psychisme, j'ai à la longue et tout à fait graduellement acquis la conviction et suis maintenant convaincu, après plus de vingt années d'études, non seulement que la persistance de l'existence personnelle est un fait, mais qu'une communication peut occasionnellement, mais avec difficulté et dans les conditions spéciales, nous parvenir à travers l'espace. Ce sujet n'est pas de ceux qui permettent une conclusion facile ; les preuves ne peuvent être acquises que par ceux qui y consacrent du temps et une sérieuse étude.»
Poursuivant ses recherches, le même savant, qui est à la fois Recteur de l'Université de Birmingham et membre de l'académie Royale, écrivait encore :
«Je m'affirme spirite parce que j'ai eu à accepter les phénomènes comme des réalités.»
Opinion du professeur LOMBROSO, de l'Université de Turin, l'illustre criminaliste italien qui combattit longtemps les théories spirites, mais qui consentit à les étudier :
«Je suis forcé de formuler ma conviction que les phénomènes spirites sont d'une importance énorme et qu'il est du devoir de la science de diriger son attention, sans délai, sur ces manifestations.»
Ce savant émit encore ce témoignage précis :
«On traite le spiritisme de supercherie, ce qui dispense de réfléchir. Je suis confus d'avoir combattu la possibilité des phénomènes spirites.»
Opinion du naturaliste Russel WALLACE, émule de Darwin et président de la Société anglaise d'Anthropologie :
«J'étais un matérialiste si complet et si convaincu qu'il ne pouvait y avoir dans mon esprit aucune place pour une existence spirituelle. Mais les faits sont des choses opiniâtres et les faits me vainquirent. Les phénomènes spirites sont aussi prouvés que les faits de toutes les autres sciences.»
Opinion de Camille FLAMMARION, le célèbre astronome français : «Je n'hésite pas à dire que celui qui déclare les phénomènes spirites contraires à la science ne sait pas de quoi il parle. En effet, dans la nature il n'y a rien d'occulte, de surnaturel, il y a de l'inconnu ; mais l'inconnu d'hier devient la vérité de demain.»
Dans le troisième volume de son gros ouvrage la Mort et son mystère, il conclut en ces termes : «L'âme survit à l'organisme physique et peut se manifester après la mort» (page 387).
TABLE DES MATIERES
TOC \o "1-2" INTRODUCTION PAGEREF _Toc134440122 \h 3
PREMIERE PARTIE - LE PROBLEME DE L'ETRE PAGEREF _Toc134440123 \h 9
I. - L'EVOLUTION DE LA PENSEE PAGEREF _Toc134440124 \h 9
II. - LE CRITERIUM DE LA DOCTRINE DES ESPRITS PAGEREF _Toc134440125 \h 14
III. - NATURE DE L'ETRE PAGEREF _Toc134440126 \h 26
IV. - LA PERSONNALITE INTEGRALE PAGEREF _Toc134440127 \h 30
V. - L'AME ET LES DIFFERENTS ETATS DU SOMMEIL PAGEREF _Toc134440128 \h 36
VI. - DEGAGEMENT ET EXTERIORISATION ; PROJECTIONS TELEPATHIQUES PAGEREF _Toc134440129 \h 43
VII. - MANIFESTATIONS APRES LE DECES PAGEREF _Toc134440130 \h 48
VIII. - ETATS VIBRATOIRES DE L'AME. LA MEMOIRE PAGEREF _Toc134440131 \h 53
IX. - EVOLUTION ET FINALITE DE L'AME PAGEREF _Toc134440132 \h 56
X. - LA MORT PAGEREF _Toc134440133 \h 62
XI. - LA VIE DANS L'AU-DELA PAGEREF _Toc134440134 \h 70
XII. - LES MISSIONS, LA VIE SUPERIEURE PAGEREF _Toc134440135 \h 76
DEUXIEME PARTIE - LE PROBLEME DE LA DESTINEE PAGEREF _Toc134440136 \h 79
XIII. - LES VIES SUCCESSIVES. - LA REINCARNATION ET SES LOIS PAGEREF _Toc134440137 \h 79
XIV. - LES VIES SUCCESSIVES. - PREUVES EXPERIMENTALES. - RENOVATION DE LA MEMOIRE PAGEREF _Toc134440138 \h 88
XV. - LES VIES SUCCESSIVES. - LES ENFANTS PRODIGES ET L'HEREDITE PAGEREF _Toc134440139 \h 112
XVI. - LES VIES SUCCESSIVES. - OBJECTIONS ET CRITIQUES PAGEREF _Toc134440140 \h 120
XVII. - LES VIES SUCCESSIVES. - PREUVES HISTORIQUES PAGEREF _Toc134440141 \h 127
XVIII. - JUSTICE ET RESPONSABILITE. LE PROBLEME DU MAL PAGEREF _Toc134440142 \h 136
XIX. - LA LOI DES DESTINEES PAGEREF _Toc134440143 \h 142
TROISIEME PARTIE - LES PUISSANCES DE L'AME PAGEREF _Toc134440144 \h 147
XX. - LA VOLONTE PAGEREF _Toc134440145 \h 147
XXI. - LA CONSCIENCE, LE SENS INTIME PAGEREF _Toc134440146 \h 152
XXII. - LE LIBRE ARBITRE PAGEREF _Toc134440147 \h 161
XXIII. - LA PENSEE PAGEREF _Toc134440148 \h 165
XXIV. - LA DISCIPLINE DE LA PENSEE ET LA REFORME DU CARACTERE PAGEREF _Toc134440149 \h 168
XXV. - L'AMOUR PAGEREF _Toc134440150 \h 172
XXVI. - LA DOULEUR PAGEREF _Toc134440151 \h 176
XXVII. - REVELATION PAR LA DOULEUR PAGEREF _Toc134440152 \h 184
PROFESSION DE FOI DU XX° SIECLE PAGEREF _Toc134440153 \h 191
TEMOIGNAGES SCIENTIFIQUES PAGEREF _Toc134440154 \h 193

C. du Prel, La Mort et l'Au-Delà, page 7.
Petit Journal, chronique, 7 mars 1894.
A propos des examens universitaires, M. Ducros, doyen de la Faculté d'Aix, écrivait dans le Journal des Débats, le 3 mai 1912 :
«Il semble qu'entre l'élève et les choses il y ait comme un écran, je ne sais quelle nuée de mots appris, de faits épars et opaques. C'est surtout en philosophie qu'on éprouve cette pénible impression.»
Etude critique du matérialisme et du spiritualisme, par la physique expérimentale. Félix Alcan, édit.
F. Myers, Human Personality.
Le professeur Ch. Richet le reconnaît : «La science n'a jamais été qu'une série d'erreurs et d'approximations, constamment évoluant, constamment bouleversée, et cela d'autant plus vite qu'elle était plus avancée.» (Annales des Sciences psychiques, janvier 1905, p. 15.)
Voir mon ouvrage Dans l'invisible : Spiritisme et Médiumnité, passim.
Voir Christianisme et Spiritisme, chap. V.
Christianisme et Spiritisme (première partie, passim).
Sir O. Lodge, qui fut recteur de l'Université de Birmingham, membre de l'Académie royale, voyait dans les études psychiques l'avènement prochain d'une nouvelle religion plus libre (Annales des Sciences Psychiques, décembre 1905, p.765.)
Voir aussi Maxwell, procureur général à la Cour d'appel de Bordeaux, les Phénomènes Psychiques, p. 11.
Voir Dans l'Invibible : Apparitions et matérialisations d'Esprits.
Voir Dans l'Invisible : Spiritisme et Médiumnité, deuxième partie. Nous ne parlons ici que des seuls faits spirites et non des faits d'animisme ou manifestations des vivants à distance.
Nous appelons Esprit l'âme revêtue de son corps subtil.
Voir Allan Kardec, le Livre des Esprits, le Livre des Médiums.
On peut lire dans la Revue spirite de 1860, page 81, un message de l'esprit du docteur Vignal, déclarant que les corps rayonnent de la lumière obscure. N'est-ce pas là la radioactivité constatée par la science actuelle, mais qui était ignorée par la science d'alors ?
Voici ce qui a été écrit en 1867 par Allan Kardec, dans la Genèse (les fluides) page 305 :
«Qui connaît la constitution intime de la matière tangible ? Elle n'est peut être compacte que par rapport à nos sens, et ce qui le prouverait, c'est la facilité avec laquelle elle est traversée par les fluides spirituels et les Esprits, auxquels elle ne fait pas plus d'obstacle que les corps transparents n'en font à la lumière.
La matière tangible, ayant pour élément primitif le fluide cosmique éthéré, doit pouvoir, en se désagrégeant, retourner à l'état d'éthérisation, comme le diamant, le plus dur des corps, peut se volatiliser en gaz impalpable. La solidification de la matière n'est en réalité qu'un état transitoire du fluide universel, qui peut retourner à son état primitif quand les conditions de cohésion cessent d'exister.»
Voir Compte rendu du Congrès spirite de 1900, pages 349, 350. Voir aussi A. de Rochas, les Vies successives, Chacornac, édit., 1911.
Voir Dans l'Invisible, passim.
Voir les communications publiées par Allan Kardec dans le Livre des Esprits et le Ciel et l'Enfer ; Enseignements spiritualistes obtenus par Stainton Moses.
Nous signalerons aussi : le Problème de l'Au-Delà (Conseils des Invisibles), recueil de messages publiés par le général Amade. Leymarie, Paris, 1902 ; Sur le Chemin..., par Albert Pauchard et La Vie continue de l'Ame, par A. Naschitz-Rousseau, recueils de messages d'un puissant intérêt (Editions Jean Meyer, Paris, 1922).
Voir Raphaël, le Doute ; P. Marchal, l'Esprit consolateur. (Paris, Didier et Cie, édit., 1878.) Révérend Stainton Moses, Enseignements spiritualistes.
Le Père Didon écrivait (4 août 1876), dans ses Lettres à Mlle. Th. V. (Plon-Nourrit, edit., Paris, 1902), page 34 : «Je crois à l'influence que les morts et les saints exercent mystérieusement sur nous. Je vis en communion profonde avec ces invisibles et j'expérimente avec délices les bienfaits de leur secret voisinage.»
M. Alfred Benézech, pasteur éminent de l'Eglise réformée de France, nous écrivait au sujet de phénomènes observés par lui-même : «Je pressens que le spiritisme pourrait bien devenir une religion positive, non pas à la manière des religions révélées, mais en qualité de religion établie sur des faits d'expérience et pleinement d'accord avec le rationalisme et la science. Chose étrange ! à notre époque de matérialisme, où les Eglises semblent sur le point de se désorganiser et de se dissoudre, la pensée religieuse nous revient par des savants, accompagnée du merveilleux des temps anciens. Mais ce merveilleux, que je distingue du miracle puisqu'il n'est qu'un naturel supérieur et rare, ne sera plus au service d'une Eglise particulièrement honorée des faveurs de la divinité ; il sera la propriété de l'humanité, sans distinction de cultes. Comme cela est plus grand et plus moral !»
Voir Compte rendu du Congrès spirite de Barcelone, 1888. (Librairie des Sciences Psychiques, Paris, 42, rue Saint-Jacques.)
F. Myers, la Personnalité humaine ; sa survivance, ses manifestations supra-normales. (Félix Alcan, edit., pages 401, 402, 403 - 1905).
La synthèse de F. Myers peut se résumer ainsi : Evolution graduelle et infinie, à nombreuses étapes, de l'âme humaine, dans la sagesse et dans l'amour. L'âme humaine tire sa force et sa grâce d'un univers spirituel. Cet univers est animé et dirigé par l'Esprit divin, lequel est accessible à l'âme et en communication avec celle-ci.
J. Maxwell, les Phénomènes psychiques. (Alcan, édit., 1903, pages 8 et 11.)
F. Myers, la Personnalité humaine, page 417.
Il est notoire que la suggestion et la transmission des pensées ne peuvent s'exercer que sur des sujets depuis longtemps entraînés et par des personnes qui ont pris sur elles un certain empire. Jusqu'ici, ces expériences ne portent que sur des mots ou des séries de mots, et jamais sur un ensemble de «doctrines». Un médium liseur de pensées - s'inspirant des opinions des assistants - si cela était possible, en retirerait, non pas des notions précises sur un principe quelconque de philosophie, mais les données les plus confuses et les plus contradictoires.
Il s'agit du livre de Stainton Moses : Enseignements spiritualistes.
Reproduit par la Revue du Spiritualisme moderne, 25 octobre 1901. Nous devons faire remarquer que dans le cas de Stainton Moses, comme en certains autres, les messages ne sont pas seulement obtenus par l'écriture automatique, mais encore par l'écriture directe, sans l'intermédiaire d'aucune main humaine.
Voir docteur Maxwell, les Phénomènes psychiques, page 164.
Voir Dans l'Invisible, chapitre XIX, les entretiens du professeur Hyslop, de l'Université de Columbia, avec son père, son frère, ses oncles défunts.
Voir Dans l'lnvisible, chapitre XXIV : La Médiumnité glorieuse.
Nous le démontrerons plus loin à l'aide de tout un ensemble de faits d'observation, d'expériences et de preuves objectives.
La science physiologique, à qui échappent encore la plupart des lois de la vie, a cependant entrevu l'existence du périsprit ou corps fluidique, qui est à la fois le moule du corps matériel, le vêtement de l'âme et l'intermédiaire obligé entre eux. Claude Bernard a écrit (Recherches sur les problèmes de la physiologie) : «Il y a comme un dessin préétabli de chaque être et de chaque organe, en sorte que si, considéré isolément, chaque phénomène de l'organisme est tributaire des forces générales de la nature, ils paraissent révéler un lien spécial, ils semblent dirigés par quelque condition invisible dans la route qu'ils suivent, dans l'ordre qui les enchaîne.»
En dehors de cette notion du corps fluidique, l'union de l'âme au corps matériel reste incompréhensible. De là est venu l'affaiblissement de certaines théories spiritualistes qui considéraient l'âme comme un «pur esprit». Ni la raison ni la science ne peuvent admettre un être dépourvu de forme. Leibniz, dans la préface de ses Nouvelles Recherches sur la Raison humaine, disait : «Je crois, avec la plupart des anciens, que tous les esprits, toutes les âmes, toutes les substances simples, actives, sont toujours unis à un corps et qu'il n'existe jamais d'âmes qui en soient complètement dépourvues.»
On a, du reste, de nombreuses preuves objectives et subjectives de l'existence du périsprit. Ce sont d'abord les sensations dites «d'intégrité», qui accompagnent toujours l'amputation d'un membre quelconque. Des magnétiseurs affirment qu'ils peuvent influencer leurs malades en magnétisant la prolongation fluidique des membres coupés (Carl du Prel, la Doctrine monistique de l'âme, chapitre VI). Viennent ensuite les apparitions des fantômes des vivants. Dans beaucoup de cas, le corps fluidique, concrété, a impressionné des plaques photographiques, laissé des empreintes et des moulages dans des substances molles, des traces sur la poussière et la suie, provoqué le déplacement d'objets etc. (Voir Dans l'Invisible, chapitres XII et XX).
La règle n'est pas absolue. Le cerveau de Gambetta, par exemple, ne pesait que 1.246 grammes, alors que la moyenne humaine est de 1.500 à 1.800 grammes. Ajoutons, d'ailleurs, que la théorie des localisations cérébrales qui prédominait dans la physiologie a été mise en sérieux échec par des «cas fameux et fréquents de lésions étendues dans les régions essentielles, ne s'accompagnant d'aucun trouble psychique grave, ni d'aucune restriction de la personnalité». Voir le cas célèbre publié par le docteur Guépin en mars 1917 et les faits nombreux de blessures de guerre spécialement étudiés par le docteur Troude (Revue métapsychique, n° 1, 1921-1922).
Claude Bernard, la Science expérimentale ; Phénomènes de la vie.
Nous entendons ici par esprit le principe de l'intelligence.
Th. Ribot, les Maladies de la personnalité, pages 170-172.
F. W. Myers, la Personnalité humaine ; sa survivance, ses manifestations supranormales, page 19. Cette oeuvre représente l'un des plus magnifiques efforts qui aient été tentés par la pensée pour résoudre les problèmes de l'être.
Voir notre ouvrage, Dans l'Invisible, chapitre XIX, passim.
Docteur Binet, Altérations de la personnalité. F. Alcan, Paris pages 6-20.
F. W. Myers, la Personnalité humaine, etc. page 60. Voir aussi Camuset, Annales médico-psychologiques, 1882, page 15.
W. James, Principles of psychology.
Docteur Morton-Prince. Voir The Association of a Personnality, ainsi que l'ouvrage du colonel A. de Rochas, les Vies successives, Chacornac, edit., Paris 1911, pages 398-402.
Voir Dans l'Invisible ; Spiritisme et Médiumnité, chapitre XIX.
F. Myers, la Personnalité humaine, etc., pages 61, 62.
Voir entre autres : docteurs Bouru et Burot, les Changements de la personnalité, et De la suggestion mentale. Bibl. scientif. contemporaine, Paris, 1887. - Binet, les Altérations de la personnalité. - Berjon, la Grande Hystérie chez l'homme. - Docteur Osgood Mason, Double Personnalité ; ses rapports avec l'hypnotisme et la lucidité.
Voir encore Proceedings S. P. R., le cas de Miss Beauchamp, étudié par Morton, le cas d'Annel Bourne, décrit par le docteur Hodgson, et celui de Mollie Faucher, observé par le juge américain Cain Dailey.
F. Myers, la Personnalité humaine, page 69.
Nous croyons toutefois que, dans l'examen de ce problème du génie, Myers n'a pas tenu un compte suffisant des acquis antérieurs, fruit des existences accumulées, pas plus que de l'inspiration médianimique, très caractérisée chez certaines intelligences géniales, comme nous l'avons vu d'ailleurs (Dans l'Invisible, chapitre dernier).
L'esprit extériorisé peut tirer de l'organisme plus de force vitale que n'en peut obtenir l'homme normal, l'homme incarné. Des expériences ont démontré qu'un dynamomètre peut être serré plus fortement par l'esprit à travers l'organisme que par l'esprit incarné.
Myers, la Personnalité humaine, etc., page 204.
Idem, page 187.
En résumé, voici les fruits que peut et doit procurer la suggestion hypnotique, et en vue desquels elle doit être appliquée : concentration de la pensée et de la volonté ; accroissement d'énergie et de vitalité ; fixation de l'attention sur les choses essentiellement utiles ; élargissement du champ de la mémoire ; manifestation de sens nouveaux au moyen d'impulsions internes ou externes.
Suivant les anciens, il existe deux catégories de rêves : le rêve proprement dit, en grec «onar», est d'origine physique ; le songe «repar», d'origine psychique. On trouve cette distinction dans Homère qui représente la tradition populaire ; aussi bien que dans Hippocrate, qui est le représentant de la tradition scientifique. Beaucoup d'occultistes modernes ont adopté des définitions analogues. D'après eux, en thèse générale, le rêve serait un songe produit mécaniquement par l'organisme ; le songe, un produit de la clairvoyance divinatoire ; l'un, illusoire, l'autre, véridique. Mais il est parfois très difficile d'établir une délimitation nette et tranchée entre ces deux classes de phénomènes.
Le rêve ordinaire semble dû à la vibration cérébrale automatique qui continue à se produire dans le sommeil lorsque l'âme est absente ; ces rêves sont souvent absurdes ; mais cette absurdité même est une preuve que l'âme est dégagée du corps physique et n'en règle plus les fonctions. On se souvient moins facilement du songe, parce qu'il n'impressionne pas le cerveau physique, mais seulement le corps psychique, véhicule de l'âme, qui est extériorisée dans le sommeil.
Myers, la Personnalité humaine, etc., page 117.
Myers, Ouvr. cité, pages 121, 122.
Myers, Ouvr. cité, pages 123, 124.
Voir Dans l'Invisible, page 145.
Proceedings S. P. R., XI, page 505.
Voir les Proceedings de la Société des Recherches psychiques de Londres.
J. Maxwell, les Phénomènes psychiques, page 193. F. Alcan, Paris, 1903.
Voir le Matin du 23 février 1914.
Myers, la Personnalité humaine, etc., page 250.
Voir Bulletin de la Société de psychologie physiologique, I., page 24.
Phantasms of the living, I, 267. Proceedings, VII, 32-35.
Idem, II, 239.
Voir Après la mort : III° partie. Dans l'Invisible, Chap. XI.
Voir Phantasms of the living, II, 61, 78, 96, 100, 144.
The Umpire, du 14 mai 1905. Reproduit par les Annales des Sciences psychiques, juin 1905.
Revue scientifique du Spiritisme, février 1905, page 457.
On peut lire le récit de ce fait dans les Proceedings de la S.P.R..
Docteur Geley, Contribution à l'étude des correspondances croisées, in-12, Paris, impr. E. Roussel (1914).
Sir W. Crookes, dans un discours à la British Association, en 1898, sur la loi des vibrations, déclare qu'elle est la loi naturelle qui régit «toutes communications psychiques». La télépathie semble même s'étendre aux animaux. Il existe des faits indiquant une communication télépathique entre hommes et animaux. Voir dans les Annales des Sciences psychiques, août 1905, pages 469 et suiv., l'étude très documentée de M. E. Bozzano, Perceptions psychiques et animaux.
Voir Sir W. Crookes, Recherches sur les phénomènes du Spiritualisme.
Aksakof, Animisme et Spiritisme, pages 620, 621.
Myers, la Personnalité humaine, page 268.
Idem, page 280.
Est-il nécessaire de faire remarquer que l'Esprit n'a voulu apparaître avec cette «égratignure» que pour fournir, par ce moyen, une preuve de son identité ? Il en est de même pour plusieurs des cas suivants, où les Esprits se montrèrent avec des costumes ou des attributs qui constituaient autant d'éléments de conviction pour les percipients.
Proceedings, X, 284.
Phantasms, I, 212.
Proceedings, X, 283.
Proceedings, II, 95.
Voir Compte-rendu du Congrès spiritualiste international de 1900, pages 241 et suiv., Leymarie, éditeur.
Numéro de mars 1904.
Voir Aksakof, Animisme et Spiritisme, pages 620, 621.
Voir le cas de Mrs. Piper, Proceedings, XIII, 284-582 ; XIV, 6-49, résumé dans mon ouvrage : Dans l'Invisible, chapitre XIX.
Voir à ce sujet la lettre du grand juge Edmonds au docteur Gully, publiée à Londres dans le Spiritual Magazine de 1871, reproduite par la Revue scientifique et morale du Spiritisme de 1920.
Voir Dans l'Invisible, Chap. XIX.
Phénomènes psychiques, page 210.
Dans l'Invisible, pages 84, 299-306. Christianisme et Spiritisme, pages 247-248.
Myers, la Personnalité humaine, page 369.
Myers, la Personnalité humaine, page 397.
La Personnalité humaine, pages 398 à 400.
Les docteurs Baraduc et Joire ont construit des appareils enregistreurs permettant de mesurer la force radiante qui s'échappe de chaque personne humaine et varie selon l'état psychique du sujet. Moi-même j'en ai fait souvent l'expérience à l'aide de plaques photographiques. Celles-ci, dans le bain révélateur, reproduisent les radiations qui se dégagent de l'extrémité des doigts sous la forme de spirales ou de courants variables d'intensité suivant l'élévation de la pensée et l'action de la volonté.
Cette loi est connue en psychologie sous le nom de parallélisme psycho-physique. Wundt, dans ses Leçons sur l'âme (2° édition, Leipzig, 1892), disait déjà : «A chaque événement psychique correspond un événement physique quelconque.»
Les expériences des matérialistes eux-mêmes font ressortir l'évidence de cette loi. C'est ainsi, par exemple, que M. Pierre Janet, lorsqu'il replace son sujet Rose à deux années en arrière dans le cours de sa vie actuelle, voit se reproduire chez elle tous les symptômes de l'état de grossesse dans lequel elle se trouvait à cette époque. (P. Janet, professeur de psychologie à la Sorbonne, l'Automatisme psychologique, page 160.)
Voir aussi les cas signalés par les docteurs Bourru et Burot, Changements de la personnalité, page 152 ; par le docteur Sollier, Des Hallucinations autoscopiques (Bulletin de l'Institut psychique, 1902, pages 39 et suiv.) et ceux relatés par le docteur Pitre, doyen de la Faculté de médecine de Bordeaux, dans son livre : le Somnambulisme et l'Hystérie.
Annales des Sciences psychiques, juillet 1905, page 350.
Voir aussi l'ouvrage du colonel de Rochas : les Vies successives, Chacornac, édit., 1911, pages 40, 62, 66-109.
Quelle que soit la théorie à laquelle on donne la préférence en ces matières, que l'on adopte les vues de Darwin, de Spencer ou d'Haeckel, on ne peut se résoudre à croire que la Nature, que Dieu, n'ait qu'un seul et unique moyen de produire et de développer la vie. Le cerveau humain est borné. Les possibilités de la vie sont infinies. Les pauvres théoriciens qui veulent enfermer toute la science biologique dans les étroites limites d'un système, nous rappellent toujours le petit enfant de la légende qui creusait un trou dans le sable de la plage et voulait y verser toute l'eau de l'océan.
Le professeur Ch. Richet l'a déclaré lui-même dans sa réponse à Sully-Prudhomme : «Les théories de la sélection sont insuffisantes.» Et nous ajouterons : «S'il y a unité de plan, il doit y avoir diversité dans les moyens d'exécution. Dieu est le grand artiste qui, des contrastes, sait faire jaillir l'harmonie. Il semble qu'il y ait dans l'Univers deux immenses chaînes de vie : l'une monte de l'abîme par l'animalité ; l'autre descend des hauteurs divines ; elles se rejoignent pour s'unir, se confondre et s'entraîner. N'est-ce pas ce que signifie l'échelle du songe de Jacob ?
On nous demande souvent si la crémation est préférable à l'inhumation, au point de vue du dégagement de l'esprit. Les Invisibles, consultés, répondent qu'en thèse générale la crémation provoque un dégagement plus rapide, mais brusque et violent, douloureux même pour l'âme attachée à la terre par ses habitudes, ses goûts, ses passions. Il faut un certain entraînement psychique, un détachement anticipé des liens matériels pour subir sans déchirement l'opération crématoire. C'est le cas pour la plupart des Orientaux, chez qui la crémation est en usage. Dans nos pays d'Occident, où l'homme psychique est peu développé peu préparé à la mort, l'inhumation doit être préférée, car elle procure aux individus attachés à la matière, un dégagement lent et gradué de l'esprit hors du corps. Elle devrait cependant être entourée de grandes précautions. Les inhumations sont, chez nous, beaucoup trop précipitées ; elles entraînent parfois des erreurs déplorables, par exemple l'ensevelissement de personnes en état de léthargie.
Voir Allan Kardec, le Ciel et l'Enfer.
Annales des Sciences psychiques, mars 1906, page 171.
Voir Après la Mort, première partie, passim.
Voir Dans l'Invisible, première partie.
Voir A. de Rochas, les Etats profonds de l'hypnose ; l'Extériorisation de la sensibilité ; les Frontières de la science.
Carl du Prel, Philos. der Mystik.
Haddock, Somnolism et Psychism, page 213, extrait du Journal de médecine de Paris.
Perty. Myst. Erscheinungen (Apparitions mystiques), II, page 443.
Ces trois auteurs sont cités par le docteur Pascal dans son mémoire présenté au Congrès de Psychologie de Paris, en 1900.
Les cas de guérisons par des Esprits sont très nombreux ; on en trouvera des relations dans toute la littérature spirite.
(Voir, par exemple, le cas cité par Myers, Human Personality, II, 124). La femme d'un grand médecin, de réputation européenne, souffrant d'un mal que son mari avait été impuissant à soulager, fut radicalement guérie par l'esprit d'un autre médecin.
Voir aussi le cas de Mme Claire Galichon, qui fut guérie par des magnétisations de l'esprit du curé d'Ars. Le fait est raconté par elle-même dans ses Souvenirs et Problèmes spirites, pages 174 et suivantes.
Le temps de séjour dans l'espace est très variable, suivant l'état d'avancement de l'esprit. Il peut embrasser nombre d'années. En général, les esprits d'une même famille s'entendent pour se réincarner ensemble et constituer des groupes analogues sur la terre.
Les livres théosophiques, dit Annie Besant, s'accordent à reconnaître que «une période moyenne de quinze siècles sépare les incarnations». La Réincarnation, page 97.
Docteurs Bourru et Burot, les Changements de la personnalité. Bibliothèque scientifique contemporaine, 1887.
Voir Lancet, de Londres, numéro du 12 juin 1902.
F. Myers, la Personnalité humaine, page 333.
Voir plus haut, chap. XI.
Extrait de le Spiritisme et l'Anarchie, par J. Bouvery, page 405.
Voir Dans l'Invisible, chap. XX.
Voir A. de Rochas, l'Extériorisation de la sensibilité.
P. Janet, l'Automatisme psychologique, page 160.
Voir Compte rendu du Congrès spirite et spiritualiste de 1900. Leymarie, éditeur, pages 349-350.
Th. Flournoy, Des Indes à la planète Mars, pages 271-272.
Revue Spirite, janvier 1907, page 41. Voir aussi l'ouvrage du colonel de Rochas sur les Vies successives, Chacornac, édit., 1911.
A. de Rochas, les Vies successives, page 497.
Mémoire lu à l'Académie delphinale, le 19 novembre 1904, par A. de Rochas.
Voir A. de Rochas, les Vies successives, Chacornac, édit., 1911, 68-75.
Voir aussi son livre les Vies successives, pages 123-162.
Annales des sciences psychiques, juillet 1905, page 391.
Cet incident ne lui sera pas, naturellement, révélé au réveil.
Un autre expérimentateur, M. A. Bouvier, dit (Paix universelle de Lyon, 15 septembre 1906) : «Chaque fois que le sujet repasse une même vie, quelles que soient les précautions prises pour le tromper ou le faire tromper, il reste toujours la même individualité, avec son caractère personnel, redressant au besoin les erreurs de ceux qui l'interrogent.»
Cette opinion a été émise en ma présence, lors de mon passage à Aix, par MM. Lacoste et le docteur Bertrand.
Voir à ce sujet A. de Rochas, les Vies successives, page 501.
Annales des sciences psychiques, janvier 1906, page 22.
Communication obtenue dans un groupe du Havre, en juin 1907.
Hérodote, Hist., t. II, chap. CXXIII ; Diogène Laerce, Vie de Pythagore.
Fragment, vers. 11-12. Diogène Laerce, Vie d'Empédocle.
Voir Petit de Julleville, Histoire de la littérature française, t. VII.
Reproduit par le Matin et Paris-Nouvelles du 8 juillet 1903, sous le titre : Une réincarnation, correspondance de Londres, 7 juillet.
Revue Spirite, 1880, page 361.
Annales des Sciences psychiques, juillet 1913, n° 7, pages 196 et suivantes.
Journal de Charleroi, 18 février 1899. C'est ce qu'objectait déjà, au quatrième siècle, Enée de Gaza, dans son Théophraste.
Voir C. Lombroso, l'Homme de génie, traduction française.
Voir Revue scientifique du 6 octobre 1900, page 432, et Compte-rendu officiel du Congrès de Psychologie, 1900, F. Alcan, page 93.
Prof. Ch. Richet, Annales des Sciences psychiques, avril 1908, page 98.
Numéro du 25 juillet 1900.
Voir Dans l'Invisible : La Médiumnité glorieuse.
Voir Christianisme et Spiritisme, passim.
La personnalité humaine, page 331.
Voir le Journal du 12 décembre 1907, article de M Ludovic Naudeau, témoin de la cérémonie. Voir aussi Yamato Damachi ou l'Ame japonaise et le livre du professeur américain Hearn, engagé dans une Université japonaise : Kakoro ou l'idée de la préexistence.
Voir Après la Mort : La doctrine secrète, l'Egypte, page 39.
Cité d'après P. C. Revel, le Hasard, sa loi et ses conséquences, page 193.
Le vulgaire ne peut voir aujourd'hui dans la métempsycose que le passage de l'âme humaine dans le corps d'êtres inférieurs. Dans l'Inde, en Egypte et en Grèce, elle était considérée d'une façon plus générale, comme la transmigration des âmes en d'autres corps humains. Nous sommes portés à croire que la descente de l'âme dans un corps inférieur à l'humanité n'était, comme l'idée de l'enfer dans le catholicisme, qu'un épouvantail destiné, dans la pensée des anciens, à effrayer les méchants. Toute rétrogradation de cette sorte serait contraire à la justice, à la logique, à la vérité. Elle est, d'ailleurs, rendue impossible par le fait que le développement de l'organisme fluidique ou périsprit ne permettrait plus à l'être humain de s'adapter aux conditions de la vie animale.
Voir Ed. Schuré, Sanctuaires d'Orient, pages 254 et suivantes.
Enéide, VI, 713 et suivantes.
On lit dans le Zohar, II, fol. 99 : «Toutes les âmes sont sujettes à la révolution (métempsycose, aleen b'gilgulah), mais les hommes ne connaissent pas les voies de Dieu, ce qui est heureux.» Josèphe (Antiq. XVIII, I, paragraphe 3) dit que le vertueux aura le pouvoir de ressusciter et de vivre à nouveau.
Matthieu, XI, 9, 14, 15.
Matthieu, XVII, 10 à 15.
Id., XVI, 13, 14 ; Marc, VIII, 28.
Voir Surate II, v. 26 du Coran ; Surate VII, v. 55 ; Surate XVII, v. 52 ; Surate XIV, v. 25.
Voir Tacite : Ab excessu Augusti, livre XVI, c. 30.
C'est ce qu'affirmait César dans ses Commentaires de la guerre des Gaules, liv. VI, chap. XIX, édition Lemerre, 1819.
Les Triades, publiées par Ed. Williams, d'après l'original gallois et la traduction d'Edward Darydd. Voir Gatien Arnoult, Philosophie gauloise, t. I°.
Tome I, pages 266, 267. Voir aussi H. D'Arbois de Jubainville, les Druides et les dieux celtiques, pages 137 à 140. Livre de Leinster, page 41 ; Annales de Tigernach, publiées par Whitley Stokes ; Revue Celtique, tome XVII, page 21 ; Annales des quatre maîtres, édition O. Donovan, tome I, 118, 119.
Maeterlink, le Temple enseveli, page 35.
Voir mon livre, le Monde invisible et la Guerre, passim.
Docteur Th. Pascal, les Lois de la Destinée, page 208.
Voir W. James, recteur de l'Université Harvard, l'Expérience religieuse, pages 86, 87. Traduction française d'Abauzit.
Voir Après la mort, chapitre XXXII. La volonté et les fluides. Dans l'Invisible, chapitre XV.
Docteur Warlomont, Louise Lateau, la stigmatisée de Bois-d'Haine. Bruxelles, 1873.
P. Janet, Une extatique. Bulletin de l'Institut psychologique, juillet, août, septembre 1901.
Voir, entre autres, le Bulletin de la Société psychique de Marseille, octobre 1903.
W. James, l'Expérience religieuse, pages 421 et 429.
W. James, l'Expérience religieuse, page 436.
W. James, l'Expérience religieuse, page 329 et aussi 178.
Voir l'ouvrage de Gérard Harry sur Helen Keller. - Librairie Larousse, avec préface de Mme Maeterlinck.
Voir Annales des Sciences psychiques, octobre 1906, pages 611, 613.
W. James, l'Expérience religieuse, pages 325, 355, 358.
A. de Rochas, les Vies successives, page 499.
Voir Dans l'Invisible, chapitre XIX.
Ces lettres sont publiées dans ma brochure l'Au-delà et la Survivance de l'Etre, pages 23 et suivantes.









INTRODUCTION PAGE 4

PAGE 3 INTRODUCTION

PAGE 8 LE PROBLEME DE L'ETRE ET DE LA DESTINEE

INTRODUCTION PAGE 7

PAGE 196 LE PROBLEME DE L'ETRE ET DE LA DESTINEE

L'EVOLUTION DE LA PENSEE PAGE 13

LE CRITERIUM DE LA DOCTRINE DES ESPRITS PAGE 25

NATURE DE L'ETRE PAGE 29

LA PERSONNALITE INTEGRALE PAGE 35

L'AME ET LES DIFFERENTS ETATS DU SOMMEIL PAGE 41

DEGAGEMENT ET EXTERIORISATION PAGE 47

MANIFESTATIONS APRES LE DECES PAGE 51

ETATS VIBRATOIRES DE L'AME PAGE 55

EVOLUTION ET FINALITE DE L'AME PAGE 61

LA MORT PAGE 69

LA VIE DANS L'AU-DELA PAGE 75

LES MISSIONS, LA VIE SUPERIEURE PAGE 77

LA REINCARNATION ET SES LOIS PAGE 87

RENOVATION DE LA MEMOIRE PAGE 111

LES ENFANTS PRODIGES ET L'HEREDITE PAGE 119

OBJECTIONS ET CRITIQUES PAGE 125

PREUVES HISTORIQUES PAGE 135

JUSTICE ET RESPONSABILITE PAGE 141

LA LOI DES DESTINEES PAGE 145

LA VOLONTE PAGE 151

LA CONSCIENCE, LE SENS INTIME PAGE 159

LE LIBRE ARBITRE PAGE 161

LA PENSEE PAGE 167

LA DISCIPLINE DE LA PENSEE PAGE 171

L'AMOUR PAGE 175

LA DOULEUR PAGE 183

REVELATION PAR LA DOULEUR PAGE 189

PROFESSION DE FOI DU XX° SIECLE PAGE 191

TEMOIGNAGES SCIENTIFIQUES PAGE 193

PAGE 195




LIVRE EN VERSION COMPLETE "LE PROBLEME DE L'ETRE ET DE LA DESTINEE" de LEON DENIS ( SUITE ) (Spiritualité, Nouvel-Age - Editions, Livres)    -    Auteur : Melanie - Canada


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