Médecines douces - Diététique, Alimentation
Végétarien & Végétalien LES REACTIONS QUE NOUS RENCONTRONS

- « Si on arrêtait de tuer les animaux, nous serions envahis par leur nombre et cela entraînerait la mort des écosystèmes » : Les seuls animaux qui se reproduisent, d’eux-mêmes, en nombre dépassant leurs ressources sont les humains. Dans la nature, les animaux sauvages obéissent à des mécanismes de contrôle qui s’adaptent aux fluctuations des ressources. De plus, on peut très bien imaginer contrôler leur nombre en utilisant des contraceptifs, comme cela est fait pour contrôler les populations de pigeons (et d’humains…).
On nous parle aussi des écosystèmes, non en pensant aux animaux sauvages qui ne seraient plus chassés, mais aux animaux d’élevage qui cesseraient subitement d’être mangés et qui « retrouveraient » leur liberté. Que cela se fasse très rapidement, ce n’est pas la peine d’y songer. Les humains n’arrêteront jamais tous « du jour au lendemain » de manger de la viande, alors la masse des animaux d’élevage, s’ajustera aux besoins du marché petit à petit. Si le nombre de consommateurs de viande, d’œufs et de lait diminue, le nombre d’animaux mis au monde et maintenus en vie dans les élevages diminuera proportionnellement.
De plus, les écosystèmes ne « mourraient » pas, ou en d’autres termes, ne disparaîtraient pas, mais se transformeraient comme ils l’ont toujours fait, et c’est d’ailleurs parce qu’ils ont été au préalable saccagés que l’« on » pense maintenant « devoir » les réguler. De toute façon, les élevages, industriels ou non, ont déjà des retombées sur l’environnement, de même que toutes les autres industries.
D’autre part, et ce n’est pas un hasard, nos interlocuteurs réagissent souvent en employant le pronom indéfini « on », alors que nous nous adressons, généralement, à quelqu’un de bien déterminé. Répondre « on », est déplacer et esquiver le problème posé initialement ; c’est substituer « innocemment » une responsabilité collective indéfinie à une responsabilité (au sens de causalité, et non de culpabilité) individuelle bien définie, elle. Trop, sans doute, pour ceux qui préfèrent alors « on » à « je » . L’expression « Ce n’est pas moi, c’est nous ! » a servi à justifier beaucoup d’atrocités à travers l’histoire, et même, a souvent rendu leurs réalisations possible !
- « Les animaux se mangent entre eux, c’est là une loi naturelle ; et l’humain n’échappe pas à cette loi » : Ceci est faux, une « loi » impliquerait une conséquence obligatoire, comme une « loi » mathématique ou physique, par exemple : 1 + 1 = 2, ce qui est irréfutable. Or, dans notre cas, l’humain peut très bien vivre en étant végétalien. L’humain n’est pas le moins du monde « obligé par une loi » à tuer des animaux pour se nourrir. S’il le fait, c’est uniquement pour des raisons culturelles.
De plus, tous les animaux ne mangent pas de la viande, les animaux les plus puissants et les plus résistants, l’éléphant, le taureau, le gorille, le rhinocéros, l’hippopotame, sont des animaux végétaliens. Les animaux exclusivement carnivores (moins nombreux qu’on ne le prétend) n’ont guère le choix, quant aux omnivores (comme l’ours), ils consacrent la plus large part de leur alimentation aux végétaux.
En tant qu’êtres humains, nous sommes fiers de notre capacité à choisir. A nous de nous montrer dignes en rejetant une nourriture qui n’est pas la nôtre, en optant pour une alimentation adaptée à nos besoins, respectueuse de notre développement physique et psychique ainsi que de l’économie, de l’environnement et de la souffrance que provoque aux animaux la consommation de viande.
Et d’ailleurs, aucune pseudo loi ne rend moralement acceptable un acte cruel.
- « Les animaux ne souffrent pas de leur incarcération, car ils n’ont jamais connu autre chose » : Les animaux d’élevage intensif (et ils le sont à 90%) ne s’habituent jamais à leurs conditions de vie. Leur souffrance s’exprime clairement par les nombreuses maladies qui les déciment. Leur survie jusqu’à l’abattage n’est d’ailleurs possible qu’avec l’admission massive d’antibiotiques et de tranquillisants. Salmonellose, listériose, brucellose, maladie de la vache folle (transmissible à l’humain), « sida » bovin, peste porcine, peste des volailles, tremblante du mouton, etc., longue est la liste des conséquences de la surpopulation, de l’enfermement, de l’alimentation volontairement carencée (veaux), de la contention (truies), des modifications génétiques (poulets « de chair » et dindes) et de toutes ces conditions de vie violentes que constituent l’élevage intensif. Il est, pourtant, sans doute partiellement vrai que sans connaître quelque chose de meilleur, nous ne sommes pas frustrés : incapables que nous sommes, souvent, d’imaginer autre chose que ce que nous vivons, ne subissons-nous pas, nous-mêmes, très facilement, résignés, une somme considérable de contraintes ? Mais cela ne nous empêche pas de ressentir, quand même, des souffrances que nous n’arrivons pas à nier, banaliser. Sans compter les souffrances « corporelles » qu’on ressent toujours (être à l’étroit, avoir trop froid, être égorgé…). De plus, il est vraisemblable que les animaux ne peuvent pas « jouer » comme nous avec la souffrance, l’escamoter selon leur bon vouloir.
- « Les animaux de boucherie sont faits pour ça » : Cela exprime l’opinion obscène qu’ils ont été conçus, qu’ils existent, spécialement pour ce destin, et qu’ils ne peuvent donc pas décemment souhaiter autre chose. Evidemment, ceux qui prétendent ceci, sont ceux qui profitent du massacre des animaux. Ce sont comme des racistes qui affirment que des races étaient faites pour être assujetties à d’autres. Ceux qui sont en position de force cherchent toujours à légitimer l’oppression qu’ils font subir aux autres. Que diraient-ils si on tenait les mêmes propos sur eux ? On pourrait très bien trouver une religion, un dieu ou une théorie qui légitimerait leur soumission. Chaque être est fait pour vivre sa propre vie et non pour servir de chair à souffrance à d’autres.
- « La législation assure aussi la protection des animaux de consommation » : En France, les lois censées protéger les animaux familiers, chiens et chats, sont déjà systématiquement bafouées. En ce qui concerne les animaux dits de boucherie, ces lois sont très flexibles. Les animaux d’élevage sont parqués, à l’abri des regards, et toutes enquêtes sur leurs conditions de vie (et de mort) sont systématiquement découragées par l’industrie de l’élevage. La surveillance sanitaire n’est même pas assurée : en témoignent les enquêtes qui se suivent dans les médias sur le « trafic » de la viande. Pour les élevages de poissons, la législation est inexistante et l’importante pollution qui en résulte est passée sous silence.
- « Les éleveurs prennent soin de leurs animaux puisque leurs profits en dépendent » : Le profit (sans cesse plus faible) des éleveurs provient surtout des subventions. Leur marge de profit dépend en grande partie de la productivité des animaux par Euros investis en locaux, équipement et main d’œuvre. En conséquence, c’est par l’entassement que les industriels de l’élevage peuvent s’adjuger un meilleur profit. La productivité par animal doit sans cesse augmenter : il y a cent ans une vache donnait en moyenne 650 litres de lait par an, maintenant, elle en donne dix fois plus ; les truies sont forcées génétiquement pour donner naissance à 15, voire 20 porcelets, les os des pattes des poulets de « chair » se fracturent sous leur poids (le poids moyen des poulets a doublé en 25 ans), les poules pondeuses sont « usées » en moins d’un an, etc..
Lorsqu’il devient trop important pour permettre un bénéfice, le taux de mortalité peut, seul, inverser cette situation… Même la mortalité précoce des poulets, par exemple, devient source de bénéfices puisqu’on sait que l’industrie recycle les os (aliments pour chiens, chats,… et bébés !), les plumes (médicaments, shampoings) et même les excréments qui peuvent être incorporés dans l’alimentation du bétail et des volailles.
- « Je ne mange pas d’animaux d’élevage en batterie ou n’ayant pas été tués « humainement » » : Alors vous êtes… végétarien ! En effet, plus de 90% des animaux dits de consommation proviennent d’élevages industriels. « Tuer » et « humainement » sont des mots incompatibles. Savez-vous que dans les abattoirs, même les employés connaissent des conditions de travail particulièrement pénibles et un taux d’accidents très élevé (membres broyés dans « l’éplucheuse » ou le « cutter », brûlures dues aux fuites d’azote, etc.). Salaires de misère, journées longues et dures, épuisement physique (bruit des machines, cris des animaux, puanteur du sang et des carcasses), épuisement psychique (voir autant d’atrocité), avec pour conséquence l’alcoolisme.
- « J’en fais assez pour la défense des animaux sans avoir à devenir végétarien » : Le nombre d’animaux à sang chaud maltraités et abattus pour la consommation est environ 30 fois celui tués pour l’industrie de la chasse et celle de la fourrure, 500 fois celui des animaux tués dans les abattoirs de la vivisection, 500 fois celui des animaux de compagnie tués dans les fourrières. Il ne faut d’ailleurs pas oublier que la vivisection travaille pour / avec l’élevage, dans le domaine de la génétique, par exemple, et qu’un végétarien n’est jamais chasseur, porte rarement de la fourrure et ne s’affiche pas aux corridas.
- « Des êtres meurent chaque seconde sur la planète, alors pourquoi se préoccuper de la mort des animaux ? » : La vie est effectivement étroitement liée à la mort, elle n’est qu’un court passage. Seulement, il y a une différence entre être directement responsable d’une mort inutile et le fait que toutes vies se finissent un jour. A ce moment pourquoi ne tuer que les animaux et pourquoi vous-même continuez-vous à exister ? Pourquoi refuser aux animaux ce que vous vous attribuez à vous-même ?
- « Les plantes aussi sont vivantes, vous y pensez aux plantes ? Elles souffrent, elles aussi ! » : C’est vrai que les plantes sont vivantes et c’est pourquoi toute personne sensible à la « souffrance » des plantes se doit d’être végétalienne : elle ne consommerait qu’une quantité de végétaux infime si on la compare à celle qu’exige la production de viande, de lait et d’œuf.
Certains disent que les plantes souffrent car elles réagissent lorsqu’on les coupe, elles émettraient des ondes (non vérifié) et réagissent aux conditions de leur environnement, alors d’après eux, cela serait pareil de tuer une plante ou un animal : il est reconnu par les chercheurs scientifiques que la souffrance n’existe que grâce à un système nerveux pour transmettre les informations et un cerveau pour les analyser. Il semble logique de dire que sans cerveau, la conscience et la souffrance n’existent pas, d’ailleurs cette version est reconnue par l’ensemble des médecins car ils considèrent qu’un humain est mort lorsque son cerveau ne montre plus d’activité, même si son corps est maintenu artificiellement en fonctionnement. Ils prélèvent, même, des organes sur ces humains pour des transplantations. On prend aussi soin d’essayer d’assommer les animaux avant de les tuer pour leur éviter des souffrances.
Dire que les plantes souffrent revient à affirmer la possibilité d’une conscience sans cerveau. Les humains qui avancent cela n’imaginent pas ce que cela remet en cause, d’autant plus qu’ils affirment cela par le seul fait que les plantes réagissent à leur environnement (les expériences d’émissions de signal par les plantes n’ont pas été vérifiées). Dans le même style, on pourrait dire qu’une bilame (tige de métal constituée de deux plaques d’alliages différents) souffre puisque lorsqu’on la chauffe, elle se tord de « douleur », on pourrait aussi dire qu’un robot, conçu pour réagir aux conditions de son milieu, souffre. On peut dire que les plantes sont vivantes mais pas du métal ou un robot : le problème n’est pas uniquement le fait d’être vivant, mais le fait de pouvoir ressentir quelque chose. Un atome est-il vivant ? Nous vous laissons réfléchir à la notion de « vivant » …
Certains diront qu’ils savent par intuition que les plantes sont conscientes : c’est toujours facile de l’affirmer, en s’expliquant juste par « l’intuition ». On peut dire ce qu’on veut, l’intuition c’est d’ailleurs ceci : dire ce qui nous arrange, sans rien justifier. Alors que nous, il faut qu’on justifie tout… Même en supposant que les plantes soient conscientes, cela serait encore un argument de plus pour être végétalien, vu ce que la consommation de viande détruit comme plantes, par un gaspillage catastrophique : il faut des quantités énormes de végétaux pour nourrir les animaux qui seront tués, et dans cette transformation de végétaux en viande, les pertes en énergie et protéines sont très importantes. En consommant directement des végétaux, on détruit moins de plantes. On peut aussi dire que le problème ne se pose que pour certains légumes et les graines germées car les céréales, légumineuses, oléagineux sont ramassés une fois séchés, et les fruits ne demandent pas de tuer les arbres.
Mais d’ailleurs, que faites-vous pour améliorer le sort des plantes ? Car, enfin, il est toujours amusant de voir sortir des arguments de ce type de la bouche de personnes qui ne sont mêmes pas capables de commencer à éviter les souffrances les plus flagrantes des animaux, en devenant végétariens ou végétaliens. Ont-ils seulement tué de leur main un animal en le regardant dans les yeux et coupé une fleur en la regardant ? Ont-ils seulement visité un abattoir et une serre à légumes avant de dire que tuer un animal est pareil que tuer une plante ? Et là, il n’y a pas besoin d’intuition pour voir que les animaux souffrent. Comment osent-ils comparer ces deux actes ? Comme osent-ils être d’aussi mauvaise foi ? Ils ne cherchent qu’à excuser leur attitude, ni plus, ni moins. Si déjà, une majorité d’humains étaient végétaliens, on pourrait réfléchir à ces questions. Etre végétalien n’est déjà pas si facile, justement, à cause de ces personnes qui nous reprochent de ne pas aller assez loin sans mettre en pratique ce qu’ils nous demandent d’appliquer. Alors que d’un autre coté, ce seront les mêmes qui nous traiterons d’extrémistes seulement car nous sommes végétaliens. Etre démagogique est très facile, pour notre part, nous nous contentons de demander aux autres de faire comme nous, pas plus.
- « Et les chaussures ? » : D’un point de vue écologique, l’industrie du cuir est très contestable. Bien que le cuir soit lui-même biodégradable, les procédés de tannage et de teinture des peaux entraînent des pollutions considérables. Par exemple, le cuir importé du Brésil est tout autant responsable de la déforestation que l’industrie de la viande. Représentant jusqu’à 25% du produit financier de l’abattage, le cuir peut devenir une incitation à l’abattage. En outre, l’industrie du cuir, largement installée dans les pays non-industrialisés fait appel à la main-d’œuvre enfantine. Etre conséquent, c’est éviter le cuir, produit tiré de l’empire Boucherie.
- « Chez nous, l’élevage est une tradition » : L’élevage industriel ne peut être une tradition chez nous, ni ailleurs. Le niveau actuel de consommation de viande et de produits animaux est une « tradition » qui ne date que des années 1950 ainsi que le montre la progression des maladies cardio-vasculaires et des cancers des voies digestives depuis cette époque. De toute façon, même si l’élevage non-industriel améliore probablement la vie des animaux, il n’en reste pas moins que le sort qui leur est réservé est le même : l’égorgement dès qu’ils ne sont plus rentables ou trop vieux. Une tradition ne justifie rien du tout. L’important n’est ni de perpétuer une chose, ni de la conserver mais de considérer l’intérêt des êtres eux-mêmes.
- « Vous êtes des citadins ignorants des réalités de la campagne » : C’est bien parce que nous sommes au courant (comme chacun peut l’être) que nous dénonçons les élevages. Tout élevage signifie l’exploitation, voire la torture et dans tous les cas la mort des animaux.
- « Vous vous attaquez aux exploitants agricoles en pleine période de crise » : Au contraire, nous soutenons, par notre mode de consommation, les agriculteurs qui servent l’humanité, respectent les animaux et la terre : producteurs de céréales, d’oléagineux, de légumes, de fruits ; ainsi que tous les artisans transformateurs en fruits secs, tofu, huile, pour donner quelques exemples.
- « L’élevage participe à la préservation de nos ressources naturelles » : Au contraire. On nous cache par tous les moyens le lien étroit entre la production de viande et la destruction massive des forêts, la pollution des eaux et de la terre, les inondations, autant que la sécheresse, l’épuisement des ressources de la mer, l’effet de serre. Le bétail fabrique plus de méthane que l’industrie : une étude du Ministère de l’Energie Américain a déterminé que le bétail (principalement les 2,5 milliards de bovins de notre planète) éructe ou rejette dans l’atmosphère 75 millions de m3 de méthane par an, produit par la fermentation des déjections ou durant la digestion.
Ne pas manger de viande contribue à réduire la misère de l’humanité et à la conservation de l’environnement, en prélevant une moindre part des ressources du monde. Cela soulage aussi la misère animale en boycottant l’élevage et l’abattoir. Le bétail ne produit pas de la nourriture : il la gaspille. Il faut à un bovin 30 kg de nourriture pour fournir 1 kg de viande. Cette nourriture est composée de précieuses protéines végétales (céréales et légumineuses), voire animales (farines de viande et de poisson). L’accroissement vertigineux de la consommation de viande et de produits laitiers, a comme conséquences inéluctables la généralisation de l’élevage industriel, un gaspillage d’énergie incroyable et une pollution exponentielle.
Au moins 50% des terres agricoles en France sont utilisées pour nourrir les élevages. Il ne s’agit donc pas seulement de consommer ce que nous donnons au bétail, mais d’utiliser nos sols pour nourrir l’humanité tout en polluant le moins possible. Un demi-hectare de terre peut produire assez de soja pour nourrir 61 personnes, assez de blé pour nourrir 10 personnes et du bétail pour nourrir (mal) 2 personnes.
L’industrie de l’élevage produit moins de protéines qu’elle n’en utilise. Pourtant l’industrie alimentaire et les gouvernements qui la soutiennent, persistent à promouvoir aveuglément leur économie de famine et de souffrance dans les pays développés ; pire encore, le modèle obsessionnel de nourriture occidental envahit le Tiers-Monde, aggravant les inégalités sociales entre la minorité qui adopte ce modèle et l’immense masse des affamés. Venir à bout de la famine, c’est d’abord en comprendre les causes.
- « Renoncer à la viande causerait un chômage massif » : Quels emplois disparaîtraient ? Pareur (qui dénerve la viande), désosseur, tâcheron boucher, tueur d’abattoir, ou, masturbateur de dindons, castreur de porcs, sexeur de poussins, équarrisseur, chercheur en contention de porc à l’INRA. Épandeur de pesticides et de lisier ?
Je ne suis guère plus sensible à cet aspect du problème qu’au chômage des fabricants d’armes ou de centrales nucléaires. Toujours cette disproportion effroyable entre les intérêts des uns et des autres. Les animaux ne comptent pas dans ce calcul. De toute façon, des exemples de reconversion d’industrie existent (métallurgie, agriculture, etc.), elles ont produit, certes, du chômage à une période, mais l’activité humaine évolue et de nouvelles activités sont apparues. On peut dire que l’apparition de l’âge du fer a mis au chômage les tailleurs de silex dans le passé. Ne faut-il rien changer ? Il est possible, socialement, d’organiser une répartition équitable du travail et des richesses, pour que les évolutions soient profitables à tous.
- « Les végétariens doivent faire attention à ce qu’ils mangent » : Ils le font, c’est pour cela qu’ils ont définitivement exclu la viande et même les sous-produits animaux de leur alimentation. Les seules personnes que le végétarisme inquiète sont les industriels de la viande, de la pharmacie et les médecins à leur solde, qui profitent de la maladie et de la mort (des humains et des animaux).
- « Il faut une alimentation équilibrée » : Un végétarien absorbe quotidiennement une nourriture variée : céréales et légumineuses, légumes frais et fruits de qualité, afin d’assurer un bon équilibre en glucides (hydrate de carbone), protéines, lipides, vitamines et sels minéraux. La viande, bien au contraire, déséquilibre l’alimentation par un excès de graisses saturées et de cholestérol, entrave la digestion par son manque de fibres et de vitamines et encrasse l’organisme par l’urée. A ceci s’ajoutent les résidus de l’élevage industriel : métaux lourds, pesticides, hormones, antibiotiques et divers médicaments, tous lourds de conséquences pour la santé des animaux et de ceux qui les consomment.
- « L’organisme humain est adapté à l’assimilation de la viande » : Pas du tout. Contrairement aux carnivores, nous avons une petite bouche, une denture faite pour mastiquer et non déchirer : incisives bien développées, molaires émoussées, une salive neutre, un estomac volumineux, un intestin long (10 mètres), un colon à replis. Toutes caractéristiques impropres à une alimentation carnée.


- « On a toujours mangé de la viande » : Faux. La consommation moderne de viande et de sous-produits animaux est un phénomène sans précédent dans l’histoire de l’humanité. En France, la consommation de viande a progressé de 500% en un siècle. Obésité, goutte et rhumatismes, maladies du cœur, diabète, ostéoporose ainsi que la plupart des cancers, maladies autrefois réservées à la minorité la plus riche, frappent aujourd’hui « démocratiquement » tous les consommateurs de produits animaux. De plus, l’ancêtre de l’humain était végétarien… Dans tous les cas, l’argument consistant à dire « on a toujours fait ainsi » ne justifie pas qu’il ne soit pas possible de faire autrement et que la pratique soit moralement acceptable.
- « Les populations qui manquent de viande souffrent de malnutrition » : Les personnes qui souffrent de malnutrition dans les pays non-industrialisés sont privées des protéines et des glucides qu’ils sont contraints de cultiver et d’exporter pour nourrir le bétail occidental. Par exemple, en Thaïlande, le manioc, qui constitue la principale ressource du pays, est exporté à 90%. En conséquence, les disponibilités locales en fécule et en protéines régressent alors que 50 000 enfants (pour une population de 5,1 millions d’habitants) meurent chaque année principalement de malnutrition.
Parallèlement, les pays qui ont la plus forte consommation de viande (et de sucre) par habitant (USA, Canada, France) sont également ceux qui ont le plus de maladies et d’accidents cardiovasculaires, cancers et autres maladies chroniques, dégénératives ou létales. Alors que les végétariens de ces mêmes pays ont deux à trois fois moins de risques de contracter l’une de ces maladies que le reste de la population : réduction de 50% de la mortalité cardiovasculaire et de 40% des cancers.
- « Le végétarisme, d’accord pour les adultes, mais les enfants ? » : Comme les adultes, les enfants ont besoins de protéines, de calcium et autres minéraux. Pour leur croissance, ils ont aussi besoin d’une ration importante de glucides, source d’énergie, et de vitamines, d’oligo-éléments et d’enzymes pour coordonner le tout. Même si la viande contient des protéines et du fer (bien moins que beaucoup de végétaux), cela ne signifie pas qu’ils soient assimilables et / ou bénéfiques. Nous assimilons par contre les graisses nocives des viandes. A sa période de croissance maximale, durant les premiers mois, un bébé trouve une ration de protéines suffisante dans le lait maternel qui n’en contient que 5% : moins que la plupart des végétaux et bien moins que tous les oléagineux. Pauvre en magnésium, la viande contribue, par ailleurs, à la décalcification. La majorité (70%) des enfants français ont des caries dès la première dentition.
- « Mais où trouver les protéines ? » : Dans les pays industrialisés, nous sommes, en fait, victime d’une sur-consommation de protéines à cause d’une propagande lancinante qui nous assène à longueur de temps que nous « manquons » de protéines. Même en s’abstenant de consommer des produits d’origine animale, si nous nous nourrissons de céréales complètes, de légumineuses, et d’oléagineux (noix, amandes,…) et autres végétaux, notre consommation de protéines demeure supérieure à celle recommandée par l’O.M.S. et diverses organisations mondiales de la santé. De plus, les végétariens évitent les graisses saturées et le cholestérol lourd contenus dans la viande et les autres produits d’origine animale qui surchargent le système digestif, le foie et les reins en encrassant l’organisme.
- « Les protéines végétales ne sont-elles pas de qualité inférieure ? » : Toutes les protéines sont de même qualité. Sur la base d’expériences pseudo-scientifiques, car effectuées sur l’animal non-humain, on a longtemps voulu nous faire croire qu’il fallait absolument absorber les 14 acides aminés dont se compose notre corps. Nous savons maintenant qu’il n’en est rien : notre organisme recompose les acides aminés dont il a besoin à partir de toutes les protéines ingérées. Seule la surcharge lui est néfaste : elle est, par exemple, cause de décalcification (l’ostéoporose est une maladie inconnue en Afrique).
- « Mais les légumes contiennent autant de substances nocives que la viande ? » : Faux. Aucun fruit, légume ou céréale ne contient de cholestérol lourd ou de graisses saturées. Quant aux divers résidus de l’élevage industriel moderne, pesticides, antibiotiques, hormone de synthèse, etc., ils s’accumulent dans la viande, d’où on ne peut les éliminer. Alors qu’en lavant simplement les végétaux, on se débarrasse de certains des additifs toxiques. De plus, rien ne vous empêche de consommer des fruits, légumes et céréales provenant de l’agriculture non-industrielle pour éviter ces suppléments empoisonnés. Les produits de l’agriculture biologique sont, en outre, plus riches en vitamines, enzymes et sels minéraux.
- « Vous buvez du lait et mangez des produits laitiers, quand même ? » : Certains le font, mais il est préférable de l’éviter. Le lait de vache (ou d’autres mammifères) et tous ses dérivés, beurre, crème, yaourts, fromages, glaces, etc., apportent trop de protéines et de minéraux, tout en étant carencés en lipides vraiment utiles à l’organisme humain. Le lait est impliqué dans des maladies les plus graves et les plus répandues : cancer du sein, tumeur de l’intestin, rhumatismes, polyarthrite. Les protéines du lait sont à l’origine de maladies allergiques réputées incurables comme l’asthme, ou l’eczéma, ainsi que les rhinites à répétition et toutes les infections de la sphère O.R.L.. Les sucres du lait sont responsables de multiples disfonctionnements digestifs. Les graisses provoquent diverses maladies cardiovasculaires par encrassement artériel : infarctus de myocarde et accidents vasculaires cérébraux en particulier. Et combien de peaux grasses et boutonneuses (et de dermatologues) peuvent bénir l’industrie du lait…
- « Il faut pourtant du lait pour les bébés » : Pour un bébé, rien ne remplace le lait de sa mère. Le lait de vache est très différent du lait de femme. Par sa teneur en graisses et en sodium, il constitue un facteur d’hypertension précoce, induit le diabète précoce (qu’on prétend héréditaire) et provoque des carences en fer. On se souvient aussi de la campagne contre Nestlé « le tueur de bébés » qui, en imposant les laits « maternisés » auprès des populations mal informées des pays non-industrialisés, a fait mourir des millions de nourrissons littéralement vidés par des diarrhées à répétition, comme l’a dénoncé l’O.M.S..
- « Et le calcium alors ? » : Le mythe du calcium… Si vous avez déjà la sagesse d’éliminer la viande, car l’excès de graisses et de protéines est défavorable à l’assimilation du calcium, vous n’aurez pas de difficultés à assurer votre apport calcique quotidien avec tous les légumes verts, choux et brocolis, par exemple, les fruits secs, figues surtout, les graines oléagineuses, notamment, sésame, amandes, ainsi que les algues, spiruline, par exemple ; soja sous forme de « tofu » ou autres. Dans les végétaux, le calcium est associé à d’autres minéraux qui en favorisent l’assimilation, ce qui n’est pas le cas des produits laitiers. Il est essentiel pour le corps que le pH du sang reste neutre. Ainsi, si un régime contient trop d’éléments acidifiants (viande, poisson, produits laitiers, œufs, sucre et farine raffinée), l’organisme retire le calcium des os et s’en sert comme d’un minéral alcalin pour équilibrer le pH sanguin.
L’observation du règne animal, et des mammifères végétaliens en particulier, devrait nous faire réfléchir : ces animaux ont un squelette solide et une force musculaire supérieure à la nôtre et pour certains, supérieure même aux autres espèces, citons l’éléphant, le gorille, le rhinocéros ou l’hippopotame. Ils arrivent fort bien à former et entretenir leurs os, en mangeant de l’herbe, des fruits ou des feuilles, et jamais de lait d’une autre espèce à l’âge adulte. L’humain est probablement la seule espèce à boire du lait toute sa vie.
Actuellement, des instituts de recherche financés par l’industrie laitière lancent plusieurs études pour valider la consommation de produits laitiers. Ces études sont effectuées, sur des sujets à l’alimentation carencée au départ, et tiennent compte, pour leurs résultats, de paramètres ponctuels, qui ne reflètent pas la qualité de la fixation osseuse.
- « Il n’est pas nécessaire de tuer un animal pour avoir du lait » : Pas de lait sans veau. Pour produire aujourd’hui ses 4000 à 6000 litres de lait annuel, la vache est en lactation 10 mois par an, met bas tous les 9 mois pour être inséminée artificiellement 3 mois après chaque vêlage. Son veau lui est retiré quelques heures ou quelques jours après la naissance. Si c’est un mâle, il sera abattu après quelques semaines de claustration dans l’obscurité et de nourriture volontairement carencée pour produire le veau anémique blanc à souhait. Si c’est une femelle, elle produira du lait pour finir de toute façon à l’abattoir au bout de 4 ou 5 ans, au terme d’une exploitation intensive où les supplémentations d’hormones (œstradiol, progestérone, testostérone et d’autres) jouent un rôle grandissant, qu’elles soient interdites ou non.
Derrière chaque tasse de lait, se cachent une côte de veau et une côte de bœuf. L’industrie de la viande de « bœuf » s’approvisionne à 80% de vaches laitières trop « vieilles ».
- « Vous voulez imposer vos idées » : Comment le pourrions-nous ? Actuellement, c’est la consommation de viande qui est imposée. Très peu d’informations circulent sur le végétarisme et le végétalisme. Ne pas manger des animaux, c’est se retrouver dans le camp des minoritaires. Et même si nous voulions « imposer » le végétarisme et le végétalisme pour défendre les animaux, qu’y aurait-il de mal à défendre le faible contre le fort ? Chacun est d’accord pour protéger une femme battue, pourquoi cela serait-il différent pour les animaux ? Il n’y a pas si longtemps, peu de monde trouvait inacceptable que les femmes soient battues. Il en est de même pour les animaux actuellement. Peu de monde est choqué par le martyre qu’ils subissent et peu de monde trouve utile de les défendre. Nous voulons juste que les animaux ne soient plus maltraités.
- « Les animaux ne souffrent pas, n’ont pas de conscience » : Rien non plus ne me prouve que ce n’est pas aussi le cas des autres humains. Je me base sur des ressemblances avec moi-même pour penser qu’ils ont une conscience, et je ne m’appesantis pas sur l’aspect machinal de la vie civilisée. Si j’étais extra-terrestre, j’aurai apparemment de solides raisons de douter que les humains soient conscients. De la même façon, je ne me place pas en extra-terrestre par rapport aux animaux. De toute façon, conscient ou pas, les animaux ressentent la douleur, et c’est ce qui importe ici.
- « La viande est vitale » : C’est ce que croient (ou veulent croire) encore beaucoup de gens. C’est bien sûr totalement faux, les milliers de familles végétariennes et végétaliennes à travers le monde prouvent le contraire.
- « Je donne la priorité aux problèmes des humains. Après, je me poserai la question » : C’est là une manière de dire qu’on s’en fiche éperdument. Toujours cette volonté de donner la priorité aux humains ! Mais pourquoi aux humains spécialement, pourquoi pas aux français, ou aux coiffeurs (c’est ce que font les nationalistes et les corporatistes) ? C’est qu’en donnant une valeur particulière, sacrée même, aux autres humains, on a l’impression de s’en donner une à soi-même. Alors qu’être végétarien ou végétalien ne demande pas de temps et donne tout loisir à s’occuper d’améliorer le sort des humains les plus faibles. Pourquoi chercher à opposer l’un à l’autre ? Qu’est ce qui empêche d’être végétalien et de militer pour des causes humaines ? Cuisiner des végétaux ne demande pas plus de temps que de préparer de la viande.
- « La viande donne des forces, elle est utile (entendez : nécessaire) aux sportifs et aux bûcherons » : Il ne nous semble pas que la viande donne plus de forces que n’importe quel légume tout mou. Ce sont, en général, des hommes qui disent ça, et manger de la viande les renvoie, sans doute, à l’image vivifiante de l’homme viril qui se bat pour survivre et nourrir sa femelle et ses petits. L’idée que la viande donne des forces (jusqu’où ne conforme-t-on pas la réalité et ses désirs !) viendrait de cette croyance ancienne et un peu magique que manger de la cervelle, par exemple, rendrait plus intelligent, ou que consommer de la poudre de corne de rhinocéros (avant d’être réduite en poudre, elle était dure et pointait vers le ciel !) décuplerait la virilité. « Quel punch le bœuf ! », c’est de la pub pour vendre du bœuf mort. Et le bœuf vivant, qui a tant de punch, il mange quoi ? Du bœuf ? Non, de l’herbe. Derrière tous ces prétextes et justifications, il y a l’envie de manger de la viande, n’importe quelle viande, de manger de l’animal tué. De se sentir quelque part un tigre, même si on est traité « comme un chien » par les autres humains.
- « La viande est bonne, meilleure, en tout cas, qu’un légume tout mou, tout flasque, tout fade ! » : Mettre en balance ce supposé bon goût avec des vies entières de souffrance montre précisément à quel point les animaux sont méprisés, niés. De plus, la viande n’a pas particulièrement de goût, elle en obtient un, uniquement, lorsqu’elle est préparée avec des épices, des légumes et qu’elle est cuite. Les piments et les épices sont des végétaux et ils ont énormément plus de goût que toutes les viandes, à part lorsque la viande se décompose et se putréfie, ce qui ne sera pas vu par beaucoup d’humains comme une « bonne odeur ».
- « Et puis, de toute façon, je n’en mange que très peu » : Nous avons fait, un jour, un débat sur le thème des animaux ; étaient présents essentiellement des militants progressistes, et tous, en guise d’introduction à ce qu’ils allaient dire, nous ont sorti ça. Nous ne voyons pas bien en quoi cela signifie être sensible à la souffrance des animaux, en quoi ils avaient conscience du problème qui nous intéressait. C’est vrai que manger de la viande une fois par semaine tue, sans doute, moins qu’en manger tous les jours. Les animaux vivent, probablement, plus cette différence que nous. Quelle réaction auraient-ils si quelqu’un leur disait qu’il bat peu sa femme ?
Par ailleurs, et puisqu‘on parle de militants, il semblerait qu’il y ait chez eux une gêne parce que les animaux ne sont pas une cause révolutionnaire, qui puisse, en tant que telle, déboucher sur un changement radical de société. On ne peut pas faire de démagogie aux animaux, alors que si on se lamente sur le sort des ouvriers ou des enfants, on espère qu’en retour, par gratitude ou par conscience de classe ou autre, ils nous construiront le monde idéal dont on rêve.
- « Tout ce que nous mangeons est obtenu dans ce système par l’exploitation des humains, des animaux ou des plantes ; on ne s’en sortirait pas si on voulait faire attention à tout et il faut bien manger… » : Il n’y a pas de solutions « tout ou rien »… Beaucoup disent préférer s’abstenir plutôt que faire quelque chose qu’ils jugent imparfait. Ils oublient qu’ils font quelque chose en mangeant de la viande, ce n’est aucunement une abstention, ils ne font qu’accomplir une vie médiocre, dictée par la tradition, qui les a habitué à manger de la viande malgré la barbarie que cet acte représente. Pour moi, il ne s’agit pas d’essayer d’être parfait dans telle ou telle direction, de rechercher un absolu quelconque, mais d’essayer de déterminer une « solution imparfaite » qui soit la plus en accord avec les buts que je me donne.
- « Tu ne serais pas là si tes ancêtres des cavernes n’avaient pas chassé ! » : Peut-être, mais les choses n’ont un sens que dans une situation donnée, et c’est de la situation présente dont nous parlons, pas du passé. De plus nos ancêtres ont été végétariens à une période, alors on pourrait aussi bien dire « si nos ancêtres n’avaient pas été végétariens, nous ne serions pas là ». Pourquoi se référer à une situation datant de millions d’années pour justifier ses attitudes actuelles ? En effet, à ce compte-là, le cannibalisme se trouve tout naturellement légitimé car nos ancêtres l’ont aussi pratiqué. Le passé n’est pas un prétexte pour des pratiques cruelles : manger ses semblables humains est devenu moralement inacceptable et petit à petit il en deviendra de même de manger les autres animaux. Nos ancêtres mangeaient de la viande… sortons de la préhistoire…
- « C’est un luxe de nanti de se poser le problème. Ne faites pas le difficile, il y en a beaucoup qui aimeraient en manger et qui n’ont pas cette chance ! » : Il est paradoxal de tenir un tel discourt alors qu’on est nanti, qu’on s’adresse à un nanti, et pas au squelette moribond dont il est question. Ne pas manger de viande n’est nullement « faire le difficile », c’est juste constater qu’il est possible de vivre sans tuer des animaux et de préférer cette solution.
Je reviens à l’argumentation qui nous traite d’enfants gâtés. Elle me semble fondée sur un double mépris. Le mépris de nos motivations d’abord : on ne nous reproche pas de ne pas manger de viande, on nous reproche de le faire pour des motifs peu sérieux. Illustration donnée : « Si tu étais paysan du Sahel, tu ne ferais pas la fine bouche pour manger ta vache quand tu en aurais besoin ». Peut-être. Si ma vie en dépendait, j’abattrais peut-être 15 personnes pour me sauver. Peut-être pas. Je me vois mal le dire d’avance. Mais ça ne prouve ni qu’abattre 15 personnes ne soit pas grave, ni que tuer une vache n’est pas grave. Je ne suis pas paysan du Sahel (et les gens en face de moi qui s’indignent en leur nom, non plus), ma vie n’est pas en danger, et dans mon existence quotidienne, j’évite d’abattre des gens et de faire tuer des vaches.
Deuxième mépris : celui contre les gens du Tiers-Monde eux-mêmes. A force de savoir qu’ils ne mangent pas à leur faim, on finit par croire qu’ils ne sont que des ventres affamés. C’est un effet pervers du tiers-mondisme. On fait abstraction de leurs pensées, de leurs différences individuelles, de tous leurs désirs autres qu’alimentaires. On ne s’attend pas à ce qu’ils puissent dire : « Nous avons faim mais ça nous gêne de manger de la viande ». On ne comprend pas que certains Indiens refusent de manger la viande. Les gens affamés ne sont pas censés réfléchir à un niveau moral ou philosophique. Et si on « respecte leur culture », c’est un peu comme on respecte la nature, les animaux dans les réserves. Ils sont « comme ça », une bonne fois pour toutes, il ne faut pas intervenir, ce serait introduire un « élément artificiel ». Ne pas parler aux Papous de la souffrance des animaux, les observer simplement, écrire éventuellement une thèse dessus, échanger un peu de nourriture contre une sagaie à mettre dans nos musées exotiques (je ne sais pas en fait si les Papous mangent de la viande et font des sagaies, ce qui m’intéresse ici est de dénoncer ce qui se passe dans la tête des gens). Respecter les coutumes, même s’il s’agit de la chasse ou de l’excision du clitoris (Ah non ! l’excision du clitoris, c’est différent, c’est un sujet « sérieux ». L’excision du clitoris consiste à mutiler les parties génitales des filles, cette pratique est courante, encore en Afrique. Beaucoup de gens dans le monde ne trouvent pas ça horrible, comme beaucoup d’autres ne trouvent pas la chasse horrible). Ne pas leur demander de penser, ni penser avec eux.
Manque de chance, on ne voit pas bien en quoi prôner le végétarisme serait une intrusion de la culture occidentale, vu que ça ne semble pas faire partie de la culture de beaucoup de français ; et c’est justement dans les pays qui sont aujourd’hui du Tiers-Monde qu’on trouve le plus souvent des philosophies ou religions qui disent de ne pas manger de la viande pour ne pas tuer les animaux. Pas partout, loin de là. J’aurais sans doute à peu près autant de mal à convaincre la plupart des berbères que la plupart des français à ne pas manger de viande pour ne pas tuer les animaux – mais pas forcément tous, certains y ont peut-être pensé avant moi. Ça n’interdit pas, en tout cas, d’en parler. Penser, demander aux gens de penser est toujours considéré comme un luxe artificiel, réservé aux riches oisifs. On veut voir dans le Tiers-Monde des ventres qui ne pensent pas. Les occidentaux tombent en fait eux-aussi sous le même mépris : consommateurs affamés de fric, de bagnoles et de sports d’hiver. Tant qu’on participe au gueuleton, on échappe aux critiques de ceux qui nous font les reproches dont je parle, car on se montre pauvre aussi : pauvre en pensée. On se demande après ça où est la supériorité supposée de l’humain, qui justement est censée justifier son carnivorisme ! Et sous le couvert de leur « indignation morale », les gens qui nous font ces critiques ne montrent qu’une chose : leur désir de ne pas remettre en question les choses dont ils bénéficient.
- « Je vous respecte, je suis tolérant, respectez-moi, soyez tolérants » : C’est comme si un assassin demandait qu’on respecte son goût pour le meurtre pour motif de « choix personnel ». On oublie, seulement, que la consommation de viande n’implique pas qu’une seule personne, mais elle en implique au moins deux : celle qui mange et celle qui s’est fait tuer. Un animal n’est pas un objet, mais bien un être conscient, et manger de la viande n’est pas un acte sans conséquence sur autrui. Les « choix personnels » des personnes ne sont nullement neutres, ils sont les conséquences de toutes les influences du milieu (histoire personnelle, culture, etc.). Si une personne fait souffrir une autre personne, rien ne peut justifier de ne pas y donner une réponse collective pour l’empêcher. Toutefois, chacun peut évoluer, nous avons, nous aussi mangé de la viande. Nous essayons de respecter chaque être, mais cela ne nous empêche pas de trouver que la consommation de viande est un acte de cruauté.
- « L’humain n’est-il pas supérieur aux autres animaux puisqu’il est différent de tous les autres et qu’il est le seul à pouvoir faire certaines choses (fabriquer et créer des produits complexes par exemple) ? » : Il est clair que l’humain est différent de tous les autres animaux, comme d’ailleurs le chien ou l’oiseau sont différents de tous les autres animaux. Chacun a ses caractéristiques propres qui permettent de le différencier de tous les autres, mais cela ne lui donne aucun motif de supériorité. L’humain est très habile pour fabriquer des outils car il arrive à transmettre un patrimoine culturel important au travers des générations, mais l’humain est incapable de voler comme un oiseau ou d’avoir un odorat autant développé que le chien. Pourquoi prendre comme référence de supériorité une particularité et pas une autre ? Le fait d’être plus habile, de toute façon, ne donne pas le droit de tuer ceux qui sont moins doués. Dans cette logique, pourquoi ne pas en faire autant des handicapés mentaux ? Ce prétexte de supériorité a souvent été pris d’ailleurs dans l’histoire humaine pour faire des génocides.
- « Faut-il condamner le lion qui tue des animaux ? »
L’humain n’est pas un lion, alors pourquoi les comparer ? Pourquoi chercher dans l’attitude des autres animaux quelque chose pour justifier l’attitude des humains ? Les lions mangent des fois des humains, est-ce que cela légitime le cannibalisme ? Que ce soit un humain ou un lion qui tue, cela n’enlève rien au fait que l’acte est cruel. Il est juste plus simple, en pratique, de demander aux humains de ne plus manger de viande, que de rendre végétaliens les lions de la planète.
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Végétarien & Végétalien LES REACTIONS QUE NOUS RENCONTRONS (Médecines douces - Diététique, Alimentation)    -    Auteur : Maria - Canada


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